GOMM

Le Grand Mix,

Tourcoing, le 9 octobre 2004


Comparé à "un rouleau compresseur mettant tout le monde d'accord" dans le journal local*, le concert de GOMM au Grand Mix, cette carte blanche donnée au groupe, fut quand même plus éclatant (dans tous les sens du terme) qu'un simple rouleau compresseur qui écrase tout comme un BIO HASARD ou un LOUDBLAST**. GOMM c'est autre chose, c'est une porte vers des univers musicaux en partie défrichés et pas totalement explorés.

GOMM n'est pas une nouveauté sur Photorock et rien ne sert de répéter inlassablement ce qui a déjà été écrit. Electro, pop, rock, mélodique, planant, entraînant, CANien, FLOYDien, GOMM s'appuie sur ses illustres prédécesseurs (et en bons petits diables, les gratteux sont irrésistiblement attirés par Lucifer Sam) en mettant les expériences soniques seventies au goût du jour et en rendant plus abordable ces démarches hardies en matière de recherches sonores et de rythmes hypnotiques. Les mélodies entêtent, l'énergie est débordante, les refrains accrochent. De plus, GOMM s'éloigne à grandes enjambées des clichés et des canons de la musique actuelle. En remplacement, GOMM bâtit une architecture musicale très riche en nuances permettant à tous et toutes de visiter leur espace musical. Et tout cela, en évitant de tomber dans la soupe habituelle servie tous les jours à la télé ou la radio même en dehors des heures des repas. Bref, GOMM aime l'ancien en y apportant du nouveau.








J'avais déjà écrit quelque part que les concerts de GOMM s'ils se suivent dans le cas de Photorock, ne se ressemblent pas. Et bien cette affirmation a gagné en force avec leur carte blanche du Grand Mix. Outre un final époustouflant avec invités, l'adjonction de vidéos de Bruno Buren Buren a donné à leur musique une dimension visuelle supplémentaire obligeant les GOMM à se montrer, à sortir des clairs obscurs qu'ils affectionnent tant et à participer entièrement au spectacle sans pouvoir se fondre dans la pénombre. Cette alliance musique/vidéos originales interpellant le spectateur, ont donné à ce concert une nouvelle dimension qui m'échappait encore. Cela laisse des possibilités nombreuses de mariage entre yeux, oreilles et plaisir. Du plaisir à trois ! Un ménage à trois ! Voilà une belle transgression à mil lieues d'un facile GOMM qui déGOMMe*, mais est-il possible à un rouleau compresseur de laisser des traces de GOMMe ? Au contraire, plutôt qu'assommé ou aplati, j'espère que c'est l'esprit surchargé en dopamine que les spectateurs ont pu abordé la dernière partie de la soirée confiée aux bons soins du DJ Zebra.










* Voix du Nord, mardi 12 octobre 2004
** Pour le grand plaisir des amateurs du genre, rappelons-le et c'est impressionant.
*** Photorock a aussi glissé sur ces traces de GOMMe….


octobre 2004

Frédéric Loridant ©2004