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OMR - AS DRAGON - GRANDADDY

Le Grand Mix, Tourcoing le 14 novembre 2003



OMR

C'est dans un Grand Mix bondé où l'on a de la peine à rejoindre la scène qu'OMR, première partie de la première partie de GRANDADDY attaque. Formation française chantant en anglais, OMR fait dans une électro pop que l'on qualifierait volontiers de new wave s'il l'on revient 15 ans en arrière. Mélangeant des morceaux franchement rock toutes guitares en avant avec des claviers et autres machines à faire des sons, leur musique se laisse écouter plus que regarder à cause de lights franchement minimalistes voire inexistants à tel point que le batteur, planqué dans un coin, est resté invisible d'une bonne partie de la salle. Dommage, l'ambiance crée ne correspond pas vraiment à leur musique et ne l'a pas mise en valeur. La suite s'annonçait plus colorée avec l'arrivée de ce groupe où plane encore le nom de Michel Houlebecque.



OMR

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OMR



AS DRAGON

A se demander si une partie de la salle n'était pas venue pour AS DRAGON tant on se poussait vers la scène quand le noir annonciateur de leur arrivé sur scène, est tombé. J'avoue que je m'y pressais aussi. Ayant vu AS DRAGON à Dour j'en avais retiré une bonne impression et l'envie de revoir NATACHA se contorsionner sur scène titillait mon appareil (photo). Bien n'en a pris car ce fut un beau show. Beau mais trop court et on passait faute de temps, d'ambiances électriques à des passages beaucoup plus planants trop rapidement et les transitions étaient parfois hard. NATACHA assure toujours autant sur les vocaux, sa voix rappelle parfois des intonations de l'excellente Mona SOYOC, chanteuse de KAS PRODUCT, binôme nancéen qui aurait pu avoir un grand avenir si... Non contente de bien chanter, elle assure un max sur scène focalisant l'attention du public par ses mimiques aguicheuses et ses danses convulsives dignes d'une marionnette entre les main d'un Gepetto halluciné ! L'autre base d'AS DRAGON est sans conteste le batteur, chanteur à l'occasion, et dont le jeu ravit ; un vrai générateur qui électrise la scène désarticulant NATACHA. Ce beau duo ne doit surtout pas faire oublier les autres compères, des pros irréprochables se moulant parfaitement au train d'enfer mené par les deux comparses et l'alimentant. Ce mélange donne un puissant groupe de scène qui déverse sur le public une énergie non négligeable même si c'est parfois inégal. Certains parlent de punk psyché, pourquoi pas ? Le psyché est là, le punk un peu moins ! Mais on ne nage pas dans le rock français formaté pour ados. Le tout est de retranscrire ces ambiances sur galette, leur premier CD étant inégal sur ce plan, trop léché sans doute.


AS DRAGON

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AS DRAGON




GRANDADDY

Et arrive GRANDADDY, le flèche montante de la pop américaine, plaisant à BOWIE, bénéficiant d'une belle promo et affichant ffff à Télérama. La salle s'emballe sans toutefois l'exubérance des concerts de rock, mais s'emballe quand même. Tous barbus sauf le guitariste, ces presque ZZTOP de la pop font dans une pop agréable à la mode fortement de celle de leurs aînés qui ont usé les plateaux de TV dans les seventies et surtout ont enflammé les booms de lycéens. Sur le moment, j'écoute plutôt d'une oreille intéressée et me focalise surtout sur le light show. Il s'accompagnait de films, de clips sur GRANDADDY(et vive l'autopromo) et de diapos allant des cow-boys chevauchant des taureaux à d'autres montant des bécanes de cross, ou des images innocentes voire enfantines. Il venait combler l'absence de jeu de scène des musicos, le leader, sans doute timide, se cachait derrière ses claviers et sous sa casquette vissée jusqu'aux sourcils, les autres cherchaient l'ombre. La rock and roll attitude se désagrége ici en spectacle vidéo très consensuel comme la musique d'ailleurs. Des méchants diraient que passés leurs morceaux phares, les statiques GRANDADDY fricotent avec une pop "chamalo" acidulée. Sans oser aller jusque là, c'est quand même un peu trop sucré pour moi, le bar m'attend, GRANDADDY donne soif. Néanmoins, la recette marche, le Grand Mix était blindé. En ces temps pesants, l'insouciance, l'aspartam et la légèreté de la pop a tendance à devenir potion ; même si les effets peuvent étre bénéfiques, attention aux excés de prozac, ils font oublier les autres...



Grandaddy

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Grandaddy




Frédéric Loridant
novembre 2003

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