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Laetitia SHERIFF - GOMM

PIECE of SALAM - DA'WA - La CARAVANE ELECTRO



Le Grand Mix

Tourcoing, Le Grand Mix le 14 mai 2003

L'Irak, tout le monde connaît tout le monde en a parlé mais une fois la guerre en direct finie, l'Irak passe au deuxième plan voire en fin de journal parlé dans les brèves. Et pourtant, c'est maintenant que l'Irak a besoin de nous, la guerre généralement faite par des ravagés lobotomisés, occasionne d'immenses ravages et l'on ne peut que se féliciter de l'initiative de Tourcoing, du Grand Mix et de l'asso Enfants du Monde d'avoir organisé cette soirée dont tout les bénéfs (que j’espère élevés) ont été versés à cette noble cause.

Le plateau était varié : FARID BELLA, LAETITIA SHERIFF , GOMM, PIECE of SALAM, DA'WA et la CARAVANE ELECTRO . Entre les concerts, des intermèdes où des petits orchestres et des D'j comblaient les vides. Tous sont venus gratuitement et en ces temps où le libéralisme prend de la vigueur, c'est bien une preuve que la musique sert les nobles causes. Trêve de bla-blas dithyrambiques, place aux artistes.

Ca commence bien mal, j'arrive avec une bonne heure de retard et rate tout simplement FARID BELLA ! J'attaque donc directement avec LAETITIA SHERIFF qui me séduit toujours autant. Accompagné d'un musicien, son set fut moins rock que celui de Lens mais elle donne toujours à sa musique des couleurs et une chaleur qui tranchent avec l'ambiance intimiste crées par les lights ! Je lui trouve toujours un côté PATTI SMITH dans sa rage. N'y voir qu'une chanteuse de chanson française est à mon avis réducteur, je la sens parfaitement à l'aise dans un rock plus musclé.

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La suite m'a franchement laissé sur le cul ! GOMM ! Nom parfaitement inconnu à mes oreilles. Et pourtant il s'agit d'un groupe lillois ! j'ai même du redemandé 3 fois le nom à mon camarade de concert, Jean-Claude qui mitraille encore plus que moi, avant de voir qu'il était inscrit sur un ampli !
Le premier morceau fut magistral (Commun Place). On a plongé directement d'une chanson rock douce et poétique dans une suite de rythmes saccadés, presque robotiques, sur lesquels s'envolait une voix féminine accompagnée d'une guitare presque spatiale ! Comme entrée en la matière, ce fut fort. On n'était plus au Grand Mix, mais au fin fond de la Grande Teutonnie, au delà du Rhin, au pays de CAN, KRAFTWERK ou RAMSTEIN. Sans même oser rivaliser avec ces géants du rock industriel, mécanique et robotique, GOMM puise son énergie et ses idées directement dans cette source divine en n'oubliant pas d'y ajouter un bon soupçon de rock pur et dur. Par moment, GOMM m'a rappelé KAS PRODUCT (Nancy) qui dans les année 80 avait pondu trois galettes relevant du même esprit même si les ambiances était plus post punk (ou new wave balbutiante ?). Les autres morceaux sont du même acabit (le superbe Machine Break ou I Need), parfaitement à la hauteur du premier. Trente minutes, ce fut bien trop court ! Pour une fois que dans le milieu du rock (qui plus est, régional), on rencontre un groupe qui ose sortir des sentiers battus que sont la pop, la chanson rock ou tout simplement le rock français pour ados, on en voulait plus ! Reste que les lights incertains, le choc de la musique sans doute, demanderaient un traitement ultra violent. les raies de lumières doivent devenir l'ossature d'une architecture dantesque continuellement façonnée par ces sons venus en partie d'outre Rhin.

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Après cette claque sonique, me voilà plongé dans du ragga ou plutôt du hip hop reggae et vice versa. Franchement, ce n'est pas vraiment mon truc et je suis incapable de dire comment situer PIECE of SALAM dans le genre, le seul repère que j'avais, était le clavier qui joue aussi avec Farid BELLA. Par contre, le final avec la présentation des musiciens fut un grand moment pour ceux qui aiment les solos !

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La nuit s'avance et le brouillard tombe. Des brumes qui ont envahi la scène sortent un néo trash métal balancés par des silhouettes qui bougent dans tous les sens. Formation à 2 chanteurs, un gratteux et le couple infernal, basse/batterie, on ne peut pas dire que DA'WA fasse dans la poésie, c'est lourd, brutal et surtout c'est le meilleur moyen de faire peur aux bonnes gens ! Mais ça passe bien, une fois les brumes opaques levées, on s'est aperçu que les silhouettes devenaient hommes qui sautaient, faisaient la grimace ou plus simplement vivaient passionnément en bon sado masochiste, les coups soniques continuellement assénés. Pas de doute, c'est un néo trash métal de brutes mais aussi un néo trash métal bien pensé et bien construit.

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Le public survivant avait besoin de repos, les chocs avaient été rudes et la CARAVANE ELECTRO était parfaitement appropriée pour lui permettre de retrouver une plénitude mise à mal par DA'WA. la CARAVANE ELECTRO, ce soir, se résumait à un percussionniste, de l'électroniques men et une danseuse. La couleur orientale fut donnée dès les premières mesures. Leur musique est une sorte de world techno/ambiant à tendance space se rapprochant parfois vers du OZRIC TENTACLES assagi. Dommage que les voix sortaient de je ne sais où, des choristes/chanteurs auraient parfaitement complété la scène où se mouvait la danseuse bien seule et auraient donné un peu plus d'humanité à ces boucles électroniques. Elles ont quand même la faculté (surtout sorties des doigts experts des électoniques men) d'envelopper l'esprit dans un cocon apaisant et rassurant qui facilita l'accès à la zenitude ! (et encore un néologisme).

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Une soirée, cinq concert plus un sixième raté et tout cela pour la somme de 5€ (ou plus suivant la générosité ou les possibilités), c'est quand même assez rare ! De plus, l'espace musical balayé était assez vaste pour que chacun puisse s'y retrouver mais aussi y découvrir des trucs nouveaux. Moi j'y ai trouvé GOMM, nom dont on entendra sans doute reparler bientôt.


Frédéric Loridant
mai 2003

Frédéric Loridant ©2003