ROGER RAPEAU - FREYGOLO - GUERILLA POUBELLE

Stax o Soul,

Lille, le 26 octobre 2004


Soirée tumulte au Stax o Soul ! Le programme s'annonçait chargé avec ROGER RAPEAU, FREYGOLO, les GUERILLA POUBELLE et les VULGAIRES MACHINS. Une foule jeune et bigarrée sans doute lycéenne et étudiante se pressait rue Anatole France attendant l'ouverture officielle du S. o S. Le ska ska des ROGER RAPEAU, le ska punk punk des FREYGOLO, le punk des GUERILLA POUBELLE et les VULGAIRES MACHINS attirent.

Avec ROGER RAPEAU, pas de doute, on a affaire aux lapins du ska. Et pourtant leur tromboniste tenait plus du singe, escaladant les enceintes et le bar pour lancer des barrissements d'enfer. Lapin, singe, barrissement, on est en pleine encyclopédie animale et très vite, chaleur aidant et pogos naissants emplirent l'air d'une bonne odeur de fauve. Et pourtant, les niveaux des vu-mètres restaient bien docilement dans le jaune*. Les ROGER RAPEAU qui ont perdu pour un temps leur chanteuse attitrée mais aussi leur trombone lapine pour blessure l'obligeant à tenir la trompette mais aussi le micro, ont tenu en haleine un entassement de jeunes majeurs qui profitant du ramdam ska qui jaillissait des HP (via la table dont les vus mètres restaient dans le jaune, via les micros etc), étaient pris d'agitations frénétiques, sans doute des parades nuptiales des lagomorphes (voir les danses de lièvres en rut). Belle entrée en matière, la chaleur est montée de plusieurs crans mais trouve t-on des lapins dans les milieux tropicaux ? Et dans les saunas finlandais ?

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Pause réparatrice, les odeur de fauves et de phéromones sont tenaces. Sous les plaisanteries d'un GUERILLA POUBELLE coincé au pied de la scène haute de 3cm, les FREYGOLO se lancent dans un ska plus punk que ska occupant totalement l'espace avec leurs sauts de kangourous et leurs gesticulations dignes d'un mec qui s'est pris les doigts dans une prise triphasée. FREYGOLO et leur punk doré par les cuivres ont fait monter la tension de quelques crans. Un coup d'œil sur les vus-mètres montrait d'ailleurs que les incursions dans le rouge étaient fréquentes. La pression dans le salle ou plutôt la ménagerie se fait plus forte, le premier rang et mon dos s'arc-boutent pour contenir la poussée. On avait dépassé le stade de la lourdeur tropicale, on était maintenant dans un sauna finlandais.

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Les GUERILLA POUBELLE s'installent. Till le gratteux a enfin traduit le "Marschall"de son ampli, le batteur traîne ou plutôt s'affaire à on ne sait quoi, puis tout démarre ! Du moins par un morceau balance avorté pour voir si on entendait quelque chose ! Tu ne t'inquiétais pour rien Till, les voyants des vus-mètres avaient quitté le jaune et se plaisaient bien dans le rouge vif. Et ce fut le tumulte, un véritable voyage dans l'éruption d'un volcan et pas d'Auvergne qui crache de l'eau, un Santorin, un Vésuve, un destructeur. En retrait, la section rythmique (Koj' et Chamoule) et le graffeur fou qui entre deux coups de pinceaux, s'emparait d'un micro, surnageaient aux vagues continues qui envahissaient la scène. Les premiers rangs, balayés, s'y étaient échoués et Till pouvait à loisir chanter en duo, trio, quatuor... avec des fans (femelles et mâles) survoltés par les riffs poubelles, les rythmes poubelles et les grafs poubelles sans oublier les parades nuptiales lancées par les ROGER RAPEAU et les skeuds keupons cuivrés de FREYGOLO. Till surnageait quand même et ses solos dignes d'un Speedy Gonzalès ré-injectaient l'énergie perdue en dégagements calorifiques. Mais tout à une fin, le public trépignait, n'en pouvait plus, des corps désarticulés avaient déjà été évacués et les vus-mètres commençaient à surchauffer. Un dernier accord, une dernière facétie des GUERILLA POUBELLE et... Il me fallait de l'air, mon cuir me collait à la peau, sentait le fauve, ma sueur dégoulinait sur le canon le rendant poisseux. Difficile de continuer, tant pis pour les VULGAIRES MACHINS. Ce sera pour le 7 novembre (en maillot de bain cette fois).

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* : en fait ce n'étaient pas des vus-mètres à aiguille (ceux que je préfère) mais des trucs à leds vertes (tout bon) et rouges (tout faux)

Frédéric Loridant
octobre 2004

Frédéric Loridant ©2004