O.S.N.I. - NERVOUS SHAKES - HARA KIRI

Rock it Mourcourt

Lille, le 5 février 2005


Rock it Mourcourt ! Pour le rock, pas de problème, pour Mourcourt, ce fut une autre paire de manches... Les autoroutes belges sont si belles que l'on prend presque plaisir à si perdre mais bon, au bout de 20 bornes, cela devient monotone. Une sortie et hop, on tombe par hasard sur Mourcourt, bled au demeurant assez étendu pour tourner encore en rond avant de trouver des zicos, les NERVOUS SHAKES, aussi paumés que moi mais plus débrouillards car je n'ai eu qu'à les suivre. Cette ténacité trouvait sa raison d'être dans le titre même du festival : Girlie Party ! Titre un soupçon ambitieux alors qu'un des groupes, les NERVOUS SHAKE, ne possède pas l'ombre d'une paire de collant, mais qui accroche toutefois car racheté par les girls d'O.S.N.I. et d'HARA KIRI.

La salle encadrée de tentures noires cachant le décor sans âme des salles des fêtes, est bien remplie. Par chance, les concerts ne sont pas encore commencés et c'est O.S.N.I. qui doit attaquer. Ce combo lillois vient juste d'envoyer dans les bacs son skeud teinte bordeau/vin et il sonne franchement surf, le côté brute des sixties, mêlant rock and roll et psyché. Domptées sur le CD, leurs compos oublient toutes leurs bonnes résolutions et redeviennent animales, sauvages rendant vie ces sons venus de la préhistoire du rock. A ce retour énergique et électrique aux sources s'ajoute la voix « crasse » entretenue de Seb à peine tempérée par les gémissements de Wendy Pussy (Cat). Le Matthew jouait comme à l'habitude dans son coin s'arrangeant toujours pour coller aux autres tout en se permettant des extras fruits de ses humeurs. Quant à Noémie, pas besoin de glucose, elle surveille tout son monde anticipant les dérapages soniques des gratteux ou encore appuyant la voix toute pin up de Wendy. O.S.N.I. persiste et signe et ce n'est pas la baisse d'intensité ressentie dans Having Fun with O.S.N.I. on a Pychedelic Track qui nous en fera douter.

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Girlie Party ! J'ai eu beau écarquiller les yeux, fouiller la scène avec mes télés, pas le moindre soupçon d'une jupette... A la place, quatre mecs, les NERVOUS SHAKES. Un bûcheron à la batterie, un rocker pur cuir à la gratte, un bassiste un tantinet dandy et un chanteur à la rock and roll attitude oscillant entre Roger Daltrey et Mick Jagger et surtout du rock and roll pur jus à la STOOGES, RAMONES, HEARTBREAKER, MC5 et autres mauvaises graines avec un côté DOGS pour le lien avec l'ancien monde. Leur musique bien énergique compense largement le manque de frou frou sur scène et on pardonne presque à Rock it Mourcourt leur tromperie sur la marchandise, leur Girlie Party incomplète (visuellement je m'entends). Le choix fut même judicieux, les NERVOUS SHAKES avec leur rock and roll punk a asuré élégamment la transition entre les O.S.N.I. déjantés venus des sixties et les punkettes anversoises d'HARA KIRI, du moins celles qui restaient.

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Enfin un quatuor de filles. Au moins à l'origine car sur le papier, les quatre sont devenues trois et en vraies, en chair et en os, se sont transformées en deux plus un !!!! Enfer et damnation. D'entrée de jeu, la guitariste envoie la couleur : du rose distorsion. HARA KIRI donne dans le punk, le girl punk aux voix aigues, guitare saturée et basse ronflante (tenue par la bassiste de DE BOSSEN que j'avais croisé en première partie de DEAD MOON, ça c'est pour l'environnement). Et même les morceaux donnés comme pop par le chanteuse rose au doux accent anversois qui se voulait sans doute romantique sonnaient tout sauf GHINZU ou GIRL in HAWAII. Et punk, HARA KIRI l'était jusqu'au bout s'excusant des approximations dues à un manque de répétition, la vie anversoise étant sans doute trop prenante. Le public visiblement n'en avait que faire des excuses, le son et l'énergie étaient là et les filles aussi et elles s'y entendent. Mais sauvons les mâles car le batteur en slibard avait fort à faire devant ses deux amazones non mutilées et s'en sortait fort bien. Après une vaine tentative d'amener les deux aliens féminines d'O.S.N.I. sur scène, au final, elle fut envahie pour un sympathique pugilat sonique réunissant zicos et public braillard autour des micros. HARA KIRI n'en demandait peut-être pas tant, et c'est entre deux têtes, que l'on voyait passer les HARI KIRI d'origine. Même Choron aurait trouvé cette HARA KIRI party digne d'HARA KIRI papier. Avec un peu plus de fesses à l'air, il aurait sans doute publié les photos en double page !

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Frédéric Loridant
février 2005

Frédéric Loridant ©2005