FESTIVAL du BERG HERZBERG 2004

Du 15 au 18 juillet 2004

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the Freak City
SESSION
VERSPIELTE ZEIT
RAMSES
NOVA DRIVE
RANDY HANSEN
TRIGON
BIRTH CONTROL
Mr QUIMBY's BEARD
KARTHAGO
FROGG CAFE
CARAVAN
ANEKDOTEN
POTHEAD
DISSIDENTEN
 
HAWKWIND



Un énorme festival et de si petits panneaux pour indiquer la route ! Doit-on y voir un respect pour le paysage magnifique de la région boisée et vallonnée d'Asfeld (Deutchland) ? Probablement pas, une fois dans le coin, impossible de se perdre, il suffit de suivre le trafic sans doute inhabituel sur ces petites routes pour arriver à la guérite, point de départ pour l'aventure BURG HERZBERG 2004.

Quelques mètres plus loin, l'immense freak city dessine une mer aux multiples vagues aussi variées dans les formes que dans les couleurs. La ville éphémère est déjà bien remplie bien que le festival ne commence qu'à 20h00. De véritable rues sont bordées de constructions allant du simple abri de plastique aux tipis et yourtes mongoles en passant par le classiques canadiennes et les camping cars parfois bizarres, fruit d'accouplements peu orthodoxes à l'image cette caravane aux formes arrondies faisant corps avec un viril et mastoc camion. L'affiche cette année valait le déplacement. TRIGON, CARAVAN, BIRTH CONTROL, Mr QUIMBY's BEARD plus un paquet de groupes moins connus, NOVA DRIVE, RANDY HANSEN and co mettaient en appétit et servaient d'antipasti à HAWKWIND venus spécialement sur le continent pour l'occasion.


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Je suis bien incapable de dire combien de personnes il y avait tant le site est vaste. L'ambiance était franchement bon enfant. Les gosses, le plus souvent couverts de boue de la tête aux pieds, sont aux anges, les teutons planaient heureux devant leur bière et les chiens en liberté se reniflaient le cul. Bref, toutes les conditions étaient réunies pour profiter pleinement de ces 4 jours de musique et même les orages très puissants venus mettre un peu de piment, n'ont pas terni le festival ; seul ANEKDOTEN en a vraiment pâti, devant plier bagage face aux foudres d'Odin, à moins que ce soit Elrik l'enchanteur de Michael Moorcock qui déchaîna les éléments afin d'annoncer l'arrivée imminente du vaisseau HAWKWIND ! Mais rien de tout cela n'aurait pu exister sans une organisation sans reproche, à "l'allemande" diraient les français et il y a de quoi être étonné de ne voir aucun détritus ou presque par terre et de ne pas devoir enjamber des raid'défs tombés sur place, ils avaient encore la force de rentrer au bercail ou de se trouver un coin tranquille pour récupérer.


JEUDI 15 JUILLET


La soirée du jeudi, musicalement allemande, commença avec SESSION, sorte de collectif faisant dans un rock proche de notre rock festif en France. Il y avait du monde sur scène et ça bougeait pas mal. Mais le public se faisait encore rare en ce début de soirée.


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Grimpant sur les planches après SESSION, les NOVA DRIVE rameutèrent plus de monde et avec ce groupe avec une chanteuse (blonde bien sûr) assurant bien. Variant entre des ambiances space rock et le hard allemand bien lourd, le set des NOVA DRIVE se laisse regarder sans ennui même si ce n'est pas ma tasse de thé. Par bien des aspects, leur musique concentre avec plus ou moins de finesse, l'histoire du rock allemand en balayant large, passant de CAN (dont ils ont fait une reprise) à BIRTH CONTROL sans oublier des accents d'URIAH HEEP, combo anglais qui connut outre Rhin un grand succès notamment avec l'album Salisbury et le titre éternel Lady in Black sur lequel tant d'allemands se sont initiés à l'anglais (avec succès d'ailleurs comparativement à notre minable éducation scolaire dans les langues).


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Le troisième et dernier groupe de la soirée, VERSPIELTE ZEIT, ne m'a pas laissé un souvenir impérissable. C'était donc ni mauvais, ni bon, du rock allemand bien lourd, répétitif voire hypnotique qui sans surprendre, se laisse écouter et regarder. La preuve est qu'on est resté jusqu'au bout.


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VENDREDI 16 JUILLET

Dix heures ! Impossible de dormir plus longtemps. Ma tente est sans doute une cocotte, la pression monte, la chaleur aussi. Dehors, la freak city s'est transformée en vaste fourmilière. Des quidams passent avec des troncs récupérés on ne sait où. Des queues se forment près des tonnes à eau où l'on commence à patauger sérieusement dans la gadoue. La ville s'est bien remplie durant la nuit et donne l'impression qu'une multitude de champignons de toutes couleurs, a poussé à la faveur de la rosée. Des milliers de sons divers allant de la techno aux balances des groupes en passant par les inévitables tambourins, habillent l' atmosphère. Des panaches de fumée la strient. Au loin, un troupeau de chevaux regarde.



La farniente nous empêche de descendre rapidement vers le sanctuaire musical où le premier concert, SKY's SHADOW nous appelle en vain. Finalement on se décide à bouger pour RAMSES, vieux groupe des années 70 reformé autour d'un membre d'origine comme un bon paquet des formations de cette époque. Personnellement, je n'ai pas été conquis par le hard rock bien lourd mais l'effet fut quand même palpable sur un public qui en redemandait.


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Après un intermède blues avec Mark GILLESPIE, les choses sérieuses commencèrent avec RANDY HANSEN. La vie musicale pour ce ricain qui clame son appartenance à ceux qui se croient les maîtres du monde, le peuple élu etc en portant un gilet scintillant taillé dans un drapeau et en commençant son set par l'hymne national du grand Satan, s'est arrêté le 18 septembre 1970 avec la mort de HENDRIX. RANDY HANSEN copie l'allure d'HENDRIX et bien que droitier, joue sur une strato pour gaucher ! C'est une sorte de clone vu dans une glace ! Bien entendu, le répertoire musical est basé sur du HENDRIX et ma foi, c'est fort bien fait. Il a les doigts agiles le RANDY HANSEN et bien servi par ses musiciens, c'est un vrai plaisir pour les yeux que de le voir s'éclater et d'écouter 34 ans après du HENDRIX live de haute volée. Plaisir des yeux, plaisir des oreilles, voilà qui rattrape le détestable gilet aux lignes rouge sang.



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Du rouge, on passe aux oranges TRIGON qui enchaînent avec leur space rock hypnotique fondé sur une solide section rythmique servant de tremplin à une guitare qui vous laboure la masse cerébrale. Très beau set dans lequel le trompettiste des FROGG CAFE, cellule ZAPPAtiste programmée pour le lendemain, est venu faire le bœuf. La musique des TRIGON bonifie au fil des années évitant les quelques trop longues répétitions parfois sensibles dans certains anciens morceaux et surtout en se colorant d'harmonies nouvelles et de trouvailles hardies ; mais pas fioriture sucrée, on reste dans un space rock à l'allemande où le marteau pilon et le laminoir des grandes industries ne sont pas encore délocalisés. La suite sera plus consensuelle, plus "grand public" mais nous ramène 30 ans en arrière.


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Place aux anciens avec BIRTH CONTROL ou du moins à un ancien, le batteur, Bern Norske, accompagné par ses petits jeunes. BIRTH CONTROL, héros des seventies en Allemagne fait dans un bien lourd, teutonique dirais- je et avec leur set, c'est toute une partie du hard rock seventies qui ressurgit face à une foule dont une bonne partie a été plongée dedans tout gosse !


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C'est peut-être dans les vielles gamelles que l'on fait les meilleures soupes (et pour BIRTH CONTROL, le batteur en sait quelque chose) mais les plus jeunes ont aussi quelque chose à dire et les Mr QUIMBY's BEARD nous entraînent dans une pénombre intersidérale que même les soleils ont de la peine à éclairer. Leur musique aux atmosphères éthérées, déchirées par une guitare post atomique, emmène un public aux yeux grands ouverts vers des contrées encore inconnues de tous, dans des paysages stellaires, le transformant en acteur d'un space opéra que ne pourrait même pas imaginer Spielberg. On est au delà de la guerre des étoiles, on traverse l'univers avec Mr Quimby. Dommage cependant que les petits martiens rouges ne soient pas apparus... Epuisé par le voyage, j'ai du sécher GURU GURU, dommage.


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SAMEDI 17 JUILLET

Troisième jour, 300 photos plus tard, on laisse passer au loin la variété pop de FARFALLO et NIPPI NOYA pour descendre durant le set de KARTHAGO, un blues band bien ficelé au guitariste hors pair.


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La suite se passa sous la tente protégé d'une pluie battante qui cessa pour les FROGG CAFE, des admirateurs de ZAPPA qui font revivre sa musique et ses ambiances avec brio. Sûr que le maître doit apprécier leurs compos et leurs reprises. Ce n'est pas donné à tout le monde de plonger dans les univers et les constructions alambiquées de Frank ZAPPA mais les FROGG CAFE s'y meuvent avec aisance et élégance et les puristes y ont trouvé largement leur compte.


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Après cette expérience ZAPPAienne, me revoilà devant CARAVAN, ces dinosaures de la pop rock progressive, ces troubadours de la douceur de vivre. C'est la troisième ou la quatrième fois que je les vois et ma foi, je ne m'attendais pas à quelque chose de nouveau. Et bien neni, c'est le plus beau concert de CARAVAN qu'il m'a été donné de voir. Tout coulait de source, ces mecs là sont vraiment des génies de la pop, la vraie, pas les pâles imitations qui refont surface depuis quelques temps à grands coups de promos balancées par des maisons de disques à bout de souffle et à court d'idées, confondant clef de sol et $. Et d'ailleurs le public ne s'y trompe pas et se presse en masse devant la scène malgré un soleil de plomb qui frappe d'ailleurs durement les musiciens qui lui font face et lui tiennent tête sans plier.


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Pause bouffe. Sur scène, c'est ANEKDOTEN qui doit de produire. Les ayant vu au Spirit of 66, ces scandinaves avec leur KING CRIMSON revu et corrigé à la sauce mellotron ne m'avaient pas convaincu. Ils me semblent moins appétissants qu'un bon bœuf bourguignon avec une sauce rallongée au Bergerac. On campe mais le luxe est là ! De toute façon, de notre salle à manger naturelle, on entend le concert dans des conditions relativement correctes. Finalement, on redescend avant la fin du set pour voir le final. Musicalement, le plein air fut l'occasion pour l'ingé son de rajouter un tas d'effets qui malheureusement noyaient tout. Même le mellotron se faisait petit ! Cette sauce trop riche a sans doute du en énerver plus d'un dans les cieux car tout d'un coup, sans prévenir, un orage ultra violent accompagné d'un vent rarement vu, a balayé les malheureux ANEKDOTEN de la scène les réduisant au silence au grand regret de quelques fans il faut le souligner.


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La tempête fait rage. Pour me protéger tant bien que mal d'une pluie qui arrive avec un angle dépassant les 45 degrés, je traîne en arrière de la scène avec Alan DAVEY, Richard CHADWICK et Mister DIBS. Il ne manque que Dave BROCK car ce soir les HAWKWIND sont 3. Les ANEKDOTEN plient bagages, le vent faiblit un peu et déjà le public se presse au pied de la scène malgré la tempête, hurlant des HAWKWIND, HAWKWIND qui surpassent en puissance les cris d'Eole tout en leur donnant du courage. Car il en fallait pour rester sans bouger sous la pluie à attendre que les Masters of Universe se mettent en place. Mais l'attente fut récompensée par un concert qui montre que même à 3, les HAWKWIND restent un groupe qui va au delà du mythe, quelque chose d'énorme face à laquelle on se sent tout petit. Et quel contraste entre la majesté d'HAWKWIND en concert et Dave BROCK qui, sac plastique à la main, faisait son shopping l'après midi dans les stands bordant le festival. Quelle humilité pour ce personnage qui devient le temps d'un concert, un véritable imperator du space rock, un "Captain" sachant conduire son vaisseau vers les étoiles du bout des doigts. L'équipage, réduit ce soir à sa plus simple expression, le bassiste Alan DAVEY et le batteur Richard CHADWICK, est en parfaite harmonie avec le Captain et procure une puissance infinie au starship HAWKWIND. Leur astronef nous a promené largement dans leur vaste discographie passant de The Watcher à Assassin of Allah ou Spirit of the Age sans oublier de nous faire saliver avec des compos récentes non encore pressées. L'unique rappel pour cause d'horaire largement dépassé, a laissé un arrière goût de trop peu, mais, ils auraient pu jouer toute la nuit que le public en redemanderait encore.... Idem pour la lumière trop juste pour de bonnes images mais... Impressionnant.


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Pas évident pour le groupe suivant de passer après le phénomène HAWKWIND. Le trio POTHEAD au nom explicite selon la logique sémantique, a réussi à clore la soirée sans trop de casse. Malgré son nom, POTHEAD ne fait pas dans la fumée illicite et a gardé toute sa tête. Les POTHEAD sont loin d'être révolutionnaires mais ils assurent dans leur créneau, à savoir le rock dans le sens large du terme allant d'un DEEP PURPLE à la teutonne aux influences stoner en passant par du URIAH HEEP. Agréable injection sonique pour assurer une bonne descente après le flash HAWKWIND et avant les retrouvailles avec la tente.


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DIMANCHE 18 JUILLET


Quelques petites heures plus tard, HAWKWIND est à peine digéré, le dimanche est là, la fin du festival point à l'horizon, un bel orage aussi. On traîne et on se traîne péniblement vers la scène où les DISSIDENTEN se produisent. Il faut dire que la nuit fut courte et que le world à tendance new age et gourou ne nous inspire guère. Allez, fuyons les gouttes qui arrivent, 5 heures de route nous attendent, il est temps de fermer notre HERZBERG 2004 en attendant déjà le 2005.


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english translate is coming soon...perhaps

Frédéric Loridant
juillet 2004

Frédéric Loridant ©2004