Festival du BURG HERZBERG
14 au 17 juillet 2005
Accès direct aux groupes -- direct access to the bands
W.I.N.D. -- The AMBER LIGHT --
AUDIENCE -- MOSTLY AUTUMN -- ANEKDOTEN
LOVE with ARTHUR LEE -- BIG BROTHER and the HOLDING COMPANY
OZRIC TENTACLES -- SPACE RITUAL
SIENA ROOT -- MANFRED MAN EARTH's BAND --
IQ -- KORAI ÖRÖM -- PSYCHO KEY
Accès direct aux jours -- direct access to the days
Jeudi 14 Thursday -- Vendredi 15 Friday --
Samedi 16 Saturday -- Dimanche 17 Sunday
La Freak City
C'est la fête aux Fetnat ce 14 juillet, c'est aussi la soirée d'ouverture du festival du Burg Herzberg au beau
milieu de la forêt teutonne. Elle fut une nouvelle fois le théâtre de 4 jours
de musique avec cette année une affiche très alléchante. Comme à l'accoutumée, l'organisation à "l'allemande" fait merveille :
eau à volonté, WC propres (!!!), peu de papier à terre, sacs poubelles (tri sélectif) distribués donnent un air de
Monsieur Propre à cette fête de la musique, et surtout, pas de foule comprimée, de l'espace et de l'air, ce qui n'est pas
un luxe par les (très) fortes chaleurs qui régnaient en maîtresses. Bref ce n'est pas Dour !
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Jeudi 14 juillet
Le festival s'est ouvert le jeudi soir par une réunion germano-italienne avec
COLOUR HAZE (G),
W.I.N.D.
(It) et
The AMBER LIGHT (G). Survolons
COLOUR HAZE qui fait comme son nom l'indique dans le violet et
dans du rock blues à la
HENDRIX pour atterrir dans le festival proprement dit avec
W.I.N.D. L'intro de
leur concert rappelle furieusement
ZZ TOP et le final,
Jimmy HENDRIX. Entre les deux,
W.I.N.D.
souffle efficacement le hard et le blues dans la plus grande tradition des standards des genres sans les révolutionner
pour autant.
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Après cette introduction générale bien dans le ton, le Burg Herzberg étant un festival tendance "peace and love hippie",
l'ambiance va rajeunir avec
The AMBER LIGHT présenté comme appartenant au monde (!!??) de
PORCUPINE TREE,
ce groupe conduit par Wilson qui a connu une belle enfance space rock très très fortement inspirée par
FLOYD, la
galaxie
HAWKWIND et d'obscurs groupes scandinaves comme les
SPACIOUS MIND, avant de tomber dans la fange
pop puis dans un métal assez classique.
The AMBER LIGHT appartient à la seconde vie de
PORCUPINE TREE :
planant et métal, mais parfois très pop. Le groupe tente aussi de se promener dans les mondes de
A Saucerful of
Secrets et termine dans une cacophonie à la
SONIC YOUTH sans cependant atteindre la finesse des maîtres.
En plus, le light show annoncé élaboré ne l'était pas vraiment, la guitare sonnait parfois faux (ça s'accorde) et la
voix l'était aussi (plus difficile à régler), ce qui n'a pas empêché le public d'être réceptif.
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Vendredi 15 juillet
A l'heure où le père Hammil se prend l'envie de ressusciter
VAN DER GRAFT GENERATOR,
il eut été anormal au Burg Herzberg, de ne pas entendre des accents de cette musique.
AUDIENCE s'y est attelé
de façon inégale toutefois. Le groupe nous fait plonger dans les mélopées bien maîtrisées du sax qui joue avec des
ambiances
VDGG parfois atteintes.
AUDIENCE arrive à captiver malgré l'atmosphère est très chaude et très
lourde qui annonce...
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...l'orage. Et comme par hasard, ce sont deux groupes de prog à présence féminine qui sont programmés :
MOSTLY AUTUMN et
ANEKDOTEN. Pour ce dernier, c'est justement la colère d'Odin qui avait abrégé leur concert
au même endroit l'an passé. Nos dieux germains allaient t-ils encore se fâcher ? Des trombes tombent, nos tentes tiennent
le coup, puis tout s'arrête, le soleil brille de nouveau et
MOSTLY AUTUMN peut commencer. Il aurait été dommage de
rater ce groupe qui est présenté par les amateurs éclairés du prog comme l'une des étoiles montantes du genre voire un
groupe majeur, il est vrai que la chanteuse mérite plus d'un regard. Quant aux oreilles,
MOSTLY AUTUMN se promène
dans les contrées déjà bien explorées du rock progressif et n'ayons pas peur des mots, du hard, l'ensemble étant
assaisonné d'un soupçon d'ambiances médiévales. Le chant est langoureux et les atmosphères souvent bien lourdes et
baroques se prêtaient assez mal à un concert en pleine après-midi sous un soleil revenu.
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Et voilà les revenants d'
ANEKDOTEN. Un nouvel orage s'invite... mais pas de pluie, juste Odin et ses potes qui
manifestaient leurs humeurs (bonnes ou mauvaises ?) à grands coups d'éclairs. Le groupe était manifestement un peu
inquiet jusqu'à l'arrivée d'un sourire épanoui sur le visage d'Anna Sofi Dahlberg qui voyait le soleil revenir et
s'installer. Leur set m'a donné l'impression qu'
ANEKDOTEN a enfin quitté les rivages du monde de
KING
CRIMSON pour naviguer dans des compos plus personnelles. Dommage que le son était parfois saturé et que le
mellotron est toujours aussi envahissant noyant tout et donnant le sentiment de constructions musicales finalement assez
peu variées.
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Après ce passage prog, retour dans le peace and love avec
LOVE with ARTHUR LEE mais sans Arthur Lee (qui paraît-il
pensait bien à nous).
LOVE with(out) ARTHUR LEE puise leurs racines dans le bouillonnement du début des seventies où
des mondes musicaux s'entrechoquaient. On est en plein rock psychédélique sur rythmes funky. Mais pas de délires
hallucinés n'en finissant plus,
LOVE donne dans des morceaux relativement courts (entre 3 et 5mm) invitant
immanquablement à se dandiner. La machine à bouger était en branle et pour l'alimenter, le groupe suivant tombait
à point.
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BIG BROTHER and the HOLDING COMPANY nous a emmené plus loin encore, non pas dans le ministère de l'amour, mais au
coeur de l'apogée du mouvement hippie dans un blue technicolor comme ils se plaisaient à le dire.
BIG BROTHER and the
HOLDING COMPANY fut le groupe qui fit connaître de
JANIS JOPLIN. Presque 30 ans après, on retrouve les mêmes
ou presque accompagnés d'une chanteuse qui a la bonne idée de ne pas cloner
JANIS JOPLIN. BIG BROTHER a su aller
au-delà de la légende
JANIS en proposant en plus de quelques morceaux mythiques, des plans rock psyché à tendance
funk et même blues. On était toujours dans le ton général du festival, histoire d'emmagasiner assez d'énergie pour être
fin prêt à encaisser le choc des mondes (et non la guerre),
OZRIC TENTACLES et
SPACE RITUAL.
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OZRIC TENTACLES démarra le premier. Leur nom avait résonné partout et une foule compacte était amassée au pied de la
scène. J'avais plusieurs fois vu le groupe en salles, grandes et petites et immanquablement, les murs avaient eu de la peine
à absorber l'énorme énergie dégagée. D'ailleurs, certaines personnes n'y résistaient pas... En plein air, plus de murs,
juste un espace infini qui convient parfaitement au groupe. Les dieux paraissaient contents et manifestaient leur
enthousiasme en balançant des éclairs dans un nuage gigantissime qui avait eu la bonne idée de stationner à quelques
distances du festival. Le noir est presque total, quelques réglages et le vaisseau
OZRIC conduit par Ed nous
emmena enfin vers les étoiles. Et quel voyage, du rarement vu, du rarement entendu, un vrai surf sur les comètes,
plein de nébuleuses à fumer, des naines blanches plein les yeux et des supernovas dans les oreilles. La musique
d'
OZRIC nous envahissait s'infiltrant par la moindre des pores et en dehors des lignes de basses parfois trop en
avant, ce fut le bonheur galactique total jusqu'à l'atterrissage sur l'astroport
HAWKWIND où la correspondance
SPACE RITUAL nous attendait.
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Des
Welcome. Welcome. Welcome résonnaient dans l'espace nous invitant à rejoindre notre place et à attacher notre
ceinture. Les incantations du
Cosmic Chant nous propulsèrent directement au milieu des astres. Un rythme lourd
et tribal sur fond de sax déjanté, de guitare space et de bruits multi-formes donnaient le ton du concert. On chantait
pour l'univers.
SPACE RITUAL porte bien son nom. On était tous devenu catéchumène attendant une bénédiction des
étoiles. Et en guise d'hôtesse de l'espace, Nik Turner, Dave Anderson, Mick Slattery, Terry Olis, Thomas Crimble John
Greves et Sam Ollis, avaient ammené avec eux une extraterrestre aguichante, Miss Debbie, transformant le
starship
SPACE RITUAL en érotic-
SPACE RITUEL dont les premiers rangs profitèrent pleinement ... Etant tous plus
ou moins lié à l'histoire d'
HAWKWIND (d'ailleurs
HAWKWIND jouait au même moment au festival de DOUR-
Belgique) sauf le DJ percussionniste, les membres d'équipage de ce starship explorer, reprirent avec brio ce qui a
fait la grandeur d'
HAWKWIND dès 1972 : la tournée
SPACE RITUAL. Et ils prenaient un évident plaisir à
nous inviter dans leur monde... Impossible d'arrêter le concert ; un passager clandestin s'est même invité avec une
guitare aussi space que celle de Slattery. Les premiers rangs ont pu voir Ed d'
OZRIC participer à cette
célébration. Le retour sur terre, au beau milieu de l'Allemagne, dans ce cadre magnifique, se fit en douceur.
SPACE RITUAL, ces
Masters of Universe nous ont finalement invité à
Watching the Grass Grow...
Belle descente après un tel voyage de 2h00 qui ne s'arrêta que sur la demande des organisateurs. Il était 3h30, je
regardais l'herbe pousser, chaque brin était une note qui résonnait dans ma tête.
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Samedi 16 juillet
Après la claque de la veille, difficile de redescendre vers le festival, on en suivait l'évolution à demi endormi sous
la tente, tentant tant bien que mal de se protéger de la chaleur. La soirée s'annonçait également riche mais dans un
autre genre. Les vedettes n'étaient plus des grands maîtres du space rock, mais tapaient plutôt dans la prog avec les
belles ballades teintées de pop de
MANFRED MAN EARTH's BAND et la néo-prog d'
IQ. C'est le caterpillar
SIENA ROOT qui nous accueilla. Le groupe est fortement influencé par
BLACK SABBATH avec un Ozzy féminin,
URIAH HEEP et les soli virtuoses que tout métalleux qui se respecte doit nous envoyer dans la tronche. Bref,
c'est un peu noir, un peu world-cithare, bien heavy, technique et les infra-basses accoquinées avec les sons stridents
et alambiqués de la guitare solo, mirent en branle un estomac qui demandait du carburant solide. Tant pis pour
TEN TEARS AFTER qui devra attendre...10 ans ?
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Quelques succulentes saucisses plus tard (en fait, c'était un boeuf bourguignon), nous voilà prêts pour digérer du
dinosaure car voir
MANFRED MAN EARTH's BAND, c'est un peu se farcir de la paléontorocklogie (ou l'art de ressusciter
le crétacé du rock). Je n'avais plus vu le groupe depuis 1983 ou 84 et mon souvenir se perdait entre une jolie brune et des
grosses têtes dont les yeux s'allumaient. Musicalement,
MANFRED MAN EARTH's BAND faisait dans une pop tout ce qu'il
y a de plus agréable, des trucs qui s'accrochent aux neurones en augmentant la production de dopamine. Force est de
constater que les années n'ont pas l'air d'avoir eu beaucoup de prise sur leurs succès et entendre un
On the Road
Again prend toujours aux tripes et prouve que leur pop aux mélodies accrocheuses et aux constructions hardies,
souvent imitée n'est que trop rarement égalée.
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Le deuxième gros morceau de la soirée,
IQ a attiré du monde dont un groupe de groupies barbues sans doute
« bièrisées » et gueulant des "
IQ, I love you"... Le groupe était attendu. Le dernier album m'avait laissé
sur ma faim, je n'y retrouvais pas la subtilité d'un Seven Houses ou la grandeur d'un Subterranea et je ne savais
toujours pas à quoi m'attendre quelques secondes avant le démarrage du set. Le déplacement valait le coup. Premièrement,
le son était au top, sans nul doute le meilleur du festival et cela ne pouvait que mettre en valeur la musique du groupe.
Deuxièmement,
IQ s'entoure encore de projections vidéos qui sans atteindre les délires de celles de
KORAI ÖRÖM, habillaient efficacement la grande scène et donnaient un décor dans lesquels les musiciens se
sentaient à l'aise. Musicalement, même si Dark Matter est bien représenté, les grands moments d'
IQ, de Wake
à Seven Houses en passant Nomzamo occupaient une belle place. Même avec une voix très fortement sollicitée, Peter
Nicholls a montré tous ses talents de chanteur et les autres musiciens, un nouveau batteur très efficace, Michael
Holmes à la guitare, adoré par ses groupies teutonnes, "Michael, we love you"..., John Jowitt qui prend toujours son
pied avec sa basse et Martin Orford dont on ne voyait qu'un bout de tête, ont une cohésion et une précision rares. Ce fut
donc un grand plaisir de retrouver un
IQ tout en finesse, un
IQ "sveltesse" qui contraste à mon avis avec
un Dark Matter bien lourd... Par contre dommage que les tee shirt soient à 20 euros et que le Burg Herzberg n'apparaisse
même pas au dos !!!
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Après ce grand moment,
Le Concert de la journée, charge à
KORAI ÖRÖM de boucler la soirée avec son world-dub
-techno-space qui tente de cloner
OZRIC TENTACLES. Malgré la (très) longue mise en place et l'heure tardive, le public
patienta sans s'enfuir en masse. Peut-être que pour certains, la station debout était préférable à l'allongée...
Plus dub qu'
OZRIC,
KORAI ÖRÖM ne paraît pas encore avoir digéré la cosmologie de leur mentor, ni réussi
à transformer l'énergie cosmique en puissance sonique. Le show commence bien mais semble s'épuiser sur la durée, il
manque ce quelque chose qui fait d'
OZRIC une incroyable machine intersidérale vous emmenant dans ses explorations.
La seconde partie du concert donnait quelque part une impression de déjà entendu rendant la surprise pas si surprenante
que cela. Néanmoins, cette linéarité, cette vitesse de croisière immuable qui respecte trop fidèlement les limitations de
vitesse fut en partie compensée par un light-movie-show assez élaboré et les rythmes bien balancés se traduisaient dans
le public par des irrésistibles envies de danser. Ce n'était plus
Watching the Grass Grow de la veille, mais
Jumping in the grass qui résonnait dans le festival.
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Dimanche 17 juillet
Dernier jour et dernier concert. La journée s'annonce world music et c'est un peu par hasard que l'on décide de se lever
tôt pour être devant
PSYCHO KEY à 11h00. La raison principale de ce lever matinal fut la rencontre avec
PSYCHO
KEY deux jours avant au beau milieu de la nuit devant un verre. Et quelle ne fut pas ma surprise d'apprendre qu'ils
venaient de Sainte Lucie qui comme tout le monde le sait, se trouve aux Caraïbes.
PSYCHO KEY ne se définit pas.
Il appartiendrait à la mouvance Indie d'après le programme, je le ferai plutôt rentrer dans la catégorie « musique multi
genre pour se faire plaisir » ! En effet nos pirates qui viennent en fait d'horizons divers (Canada, Suisse et insulaire)
donnent dans un subtil mélange à l'image du Blue Mountain entre de la World avec cithare, le reggae et des trucs
franchement rock ou pop psyché, le tout servi non pas avec un petit chocolat mais avec une voix féminine de bonne tenue.
Il n'y a pas que de gros touristes ricains dans ces îles... Tant mieux.
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Un dernier tour, un groupe distille des vapeurs reggae sur scène et il est temps de repartir. Bravo pour cette édition
réussi sur tous les plans, il y a même eu l'orage pour faire encore plus vrai ! Alors que pour certains le festival se
poursuit toute la journée encore, la voiture étuve nous attend, 600 bornes aussi. Demain boulot. Bravo encore à l'organisation.
Juillet 2005
Frédéric Loridant / Photorock © 2005
Mél / Mail : f.loridant@photorock.com
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