Photo Rock
KaYaK

au
Spirit of 66
le 20 janvier 2002

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Longtemps j'ai hésité, longtemps, j'étais comme un bateau ivre ne sachant où aller : KaYaK le dimanche ou Pallas le mardi ? Si au moins un des deux groupes avait été programmé le 21 janvier, pas de problème, nous aurions pu célébrer en musique l'anniversaire de la mort de Louis XVI et celle de Lénine, mais....

KaYaK ou Pallas ?

J'ai finalement jeté mon dévolu sur KaYaK dont je ne connaissais absolument rien si ce n'est que ce fut un bon groupe de prog néerlandais des seventies et qu'a priori entendre, pour changer, du rock batave, ne pouvait qu'être enrichissant. Mes compagnons poussaient d'ailleurs à la roue. La légende m'attirant, mon goût déformé pour l'archéologie et l'excitation d'écouter éventuellement des morceaux tirés de Merlin, m'ont fit prendre l'autoroute tout joyeux vers les lointaines contrées barbares qui abritent le Temple du Rock.

La salle n'était pas entièrement pleine et comme il fallait s'y attendre, une bonne partie du public était néerlandais mais les piliers du prog (et du bar) était là, attendant patiemment... Vingt heures quarante, un léger brouillard envahit le scène, la foule se tasse, les musicos s'entassent sur la petite scène. A l'extrême gauche, un guitariste et le clavier tout au fond, au centre le chanteur, son présentoir pour se souvenir des textes des chansons (!) et Michel Simon comme batteur, derrière. Puis, comblant le vide à droite, le bassiste et un autre guitariste.

Il m'a quand même fallu quelques morceaux pour comprendre que le KaYaK était très sérieusement plombé. Pour la prog, KaYaK était perdu corps et bien. Désillusion, douche froide, ce n'était pas le bateau que j'attendais, au lieu d'un vaisseau survolant les vagues, ce n'était,
à mes yeux , qu'une péniche destinée à des promenades fluviales. De suite, le ton était donné par la section rythmique, lourde, binaire, pas très novatrice en résumé. Dessus, un clavier parfois absent, deux guitaristes de bon niveau se donnant la réplique par des solos et un bon chanteur sans mémoire. Le résultat est un sous-Saga, une sorte de rock FM teinté de variété anglaise seventies aux refrains mielleux. Même les morceaux du grand Merlin avaient, selon des connaisseurs, été ré-orchestrés. En fin de parcours, nous avons même eu droit à des incursions folklo/populaires et à une ambiance à la Olfield, on aurait même juré qu'il s'agissait d'un morceau du grand Mike.

Néanmoins, ce type de musique fonctionne vraiment bien. C'est propre, juste, bien léché, très clean et un bonne partie du public prenait un évident plaisir à se trémousser, chanter ou claquer dans les mains. Le groupe semblait d'ailleurs ravi de ce déchaînement peut être non attendu. Les casquettes KaYaK couvrait parfois quelques crânes dégarnis, les tee-shirts KaYaK cachaient également des ventres bedonnants, mais la proportion 20/30ans était conséquente. D'ailleurs, l'inscription "KaYaK, Night Vision disque de la semaine sur la 1ère radio allemande" trônait fièrement sur le stand de vente.
Tant mieux pour eux ! D'ailleurs les images reflètent cette ambiance... et même le rouge passe bien











FrédéricLoridant ©2002