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Laetitia SHERIFF - Karin CLERCQ - ZITA SWOON

KAOLIN - SUPERBUS - DOLLY


Festival Un Printemps en Hiver Web Site

Lens, les 31 janvier et 1er f�vrier 2003

Froid, neige, bouchons, elle est longue la route pour arriver vers le rock and roll… Et en ce dernier jour de janvier, l’affiche proposée par « Un Printemps en Hiver », 3ème festival de ce nom se déroulant à Lens, était plutôt tournée vers des ambiances intimistes à fortes proportions féminines.




C’est Laetitia SHERIFF qui affronta la première un public relativement nombreux malgré les appels de la préfecture à rester chez soi devant TF1 à méditer une pensée de Raffarin (c’est pour la rime). De cette chanteuse, je n’en connaissais que le nom et les commentaires faisant allusion à sa musique rappelant selon certains, Suzanne VEGA ou BUCKEY …. De la pop, on en soupe tous les jours et les groupes marquants restent exceptionnels. Heureusement, ce n’est pas une BJORK Laetitia SHERIFF qui m’a été donné de voir ce soir, mais une vraie rockeuse pleine de rage à peine contenue qui par sa voix et même certaines compos, m’a plongé dans les grandes années de Patti SMITH avec qui elle partage sans doute plus que l’on pense. Quel plaisir, quelle énergie parfois, on était peut-être loin de la cave crasseuse du CBGB de NYC, mais, Laetitia SHERIFF épaulée par deux excellent-issismes musiciens, un guitariste et un batteur, a réussi naturellement à nous faire ressentir, à nous vivre (et non revivre) l’ambiance underground, rageuse et créatrice de ce haut lieu de la culture rock.


Laetitia Sheriff
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Karin Clercq

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Avec Karin CLERCQ, on passe de la brune à la blonde, de la rage et de la fougue à l’émotion où douceur et rock bien frappé font bon ménage. Comme Laetitia SHERIFF, la personnalité de cette grande blonde au regard pétillant et à la voix douce, qui aime les histoires de blonde, séduit, emballe et focalise l’attention, laissant un peu les musiciens dans l’ombre. Pas grave, ils occupent avec brio l’espace musical laissant le soin à Karin CLERCQ de faire passer le message. Réception 5/5 ! Et, le temps d’un set, Karin CLERCQ admirablement servie par ses chevaliers musiciens, nous a promené par la main dans les vertes vallées de la pop parfois traversées par de tumultueux torrents rock pour le plus grand plaisir des yeux et des oreilles. Tout coule de source, pas de friture sur les ondes.



Cette première soirée s’acheva par une ambassade de la scène pop flamande, plus précisément d’Anvers avec ZITA SWOON dont le bassiste à participé le temps de deux albums, à l’expérience dEUS. Je m’attendais à quelque chose d’un peu, n’osons pas peur des mots, décadent ou à l’opposé avant-gardiste dans les plan mais, la musique de ZITA SWOON peine à se décoller d’une pop clichée malgré le timbre de la voix du chanteur voyageant entre celle d’ARNO et celle de David Surkamp (PAVLOV’S DOGS). J’espérait plus d’énergie, ne serait ce que dans le riffs pour souffler vie aux morceaux, mais l’étincelle se fait trop rare et ne provoque pas assez souvent les feux d’artifice lumineux et musicaux salvateurs. L’ombre de dEUS plane sans doute trop dans mon esprit…



Zita Swoon
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Dehors, il ne neige plus.


Pas de changement en ce premier jour de février, it’s always the long way….. KAOLIN, cette substance à base d’alumine entrant dans la composition de la faïence, un des arts du feu, a vite enflammer la scène réchauffant ainsi les quelques 500 personnes qui avaient bravé la neige, encore et toujours elle (et le préfet conseillait encore…..).





KAOLIN ne fait pas dans la dentelle, je dirais même qu’ils sont plus proches de DOLLY, les morceaux « rock gentillet » en moins, que du traditionnel rock français. Les sons saturés et déchirés sont légions et ne sont interrompus que par de brefs passages plus soft sans doute destinés à reprendre son souffle mais finalement peu utiles. A l’incertitude et au doute des passages softs s’opposent la violence et la rage des montées en puissance qui frisent souvent la perte de contrôle, ces instants où le déjanté prend toute sa grandeur, où les valeurs traditionnelles deviennent archéologiques. Belle entrée en la matière pour cette deuxième soirée où l’affiche avait surtout attiré les fans de SUPERBUS et leur grand frère/sœur venus pour DOLLY.


Kaolin

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Kaolin

Superbus

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Superbus




Ah JENNIFER ! Tous ces bras tendus* sont pour toi et tes acolytes ! Avec leur arrivée sur scène, la folie a gagné la salle. Ce ne sont que fières et jeunes poitrines compressées sur les barrières de sécurité, que hurlements aussi bien masculins et hystériques que féminins et stridents. Il n’y a plus de différence sexuelle chez les ados, c’est le collectif qui est devenu groupie ! Et planant au dessus de ces hurlements, le groupe emmené par une JENNIFER en super forme, attirante à souhait, enflammait une salle où des slameurs étaient portés par ces cris sans fin. La magie ou plutôt l’expérience alchimique SUPERBUS , a encore fonctionnée : la communion est totale entre la scène et la foule, entre la foule et la scène, c’est devenu une fou/scène/le… Musicalement, pas de grand changement sinon le traitement plus rock et agressif des morceaux, ce qui n’est pas pour me déplaire. JENNIFER en fait toujours autant, le petit couple, les concours de cris filles/garçons…. Pas de doute, SUPERBUS surfe sur la vague ado… et s’en tire plutôt très bien.

* Sauf Lucille qui a été obligée de se plier aux ordres du préfet !



DOLLY, le clou de ce 3ème festival donne peut-être l’impression d’être plus sérieux rien que par la présence à l’emplacement même où JENNIFER se tenait, de MANU, la guitariste chanteuse qui pourrait être sa grande sœur ; ou encore par le traitement radical des lights, tout en fond, rien en façade, privilégiant une vision en ombre chinoise un peu mystérieuse. Mais ce sérieux n’est qu’une impression et en dehors de quelques morceaux plus pop que rock, l’ensemble du concert fut franchement à la hauteur de mes espérances. C’est bien du rock et pas des moindres où l’on devine les emprunts au psychédélisme mêlés aux expériences métallo-punk.  Les riffs de guitares transpercent les oreilles et s’infiltrent au plus profond des cerveaux. La basse vient secourir en permanence le cœur des fans déjà bien fatigués par KAOLIN et SUPERBUS, la batterie sert de régulateur, force le public à tenir debout face à cette scène sanctuarisée. Précédemment porté à ébullition par SUPERBUS, la température monte encore, la fusion est proche, la scène s’emballe. Le guitariste titube sur ses jambes, MANU se désarticule comme un pantin, et le bassiste va chercher ses notes au plus près du sol puisant directement l’énergie de GAÏA. Même les septiques hochent de la tête, regards rivés vers une scène où tout est lumière. DOLLY a disparu, il ne reste qu’une supernova au bord d’un effondrement gravitationnel irrémédiable. Après une chanson presque a cappella, DOLLY/MANU tire sa révérence, DOLLY rejoint son vaisseau ignorant l’agitation l’entourant. Les néons s’allument, le festival est fini…



Dolly
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Dolly


Dehors, il ne neige plus (bis).

Merci à toute l’organisation et à la Mairie de Lens sans qui ce festival ne serait pas ce qu’il est : une grande manifestation nationale. Il n’y a pas que les sang et or qui jouent en national !
Frédéric Loridant
février 2003


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