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Les ARPENTEURS
Verlinghem,
Gens de la Fontaine, le 10 mars 2009
La soirée commençait plutôt bien, j'embarquais une fille plantée
sur le trottoir d'un boulevard noir pour sombrer dans un troquet
où du blues nous attendait. Un rade pas mal, dans une vieille taule
avec une sorte d'urinoir géant à l'entrée qui a - paraît-il – des
vertus curatives. Les planches sont coincées au fond de ce qui fut
sans doute un gallodrome clandestin. La pause au bar s'imposait
surtout accompagné comme j'étais, il fallait bien se montrer aux
piliers de zinc venus pour la sauterie musicale. Quelques verres,
quelques brèves puis les ARPENTEURS.
Un quatuor avec au moins 2 têtes connues dans le milieu, un
ex-STOCKS devenu le roi des croisières et le correspondant
musique de l'AGENCE TASS. On sent les briscards. Les scènes,
ils connaissent ; il ne manquait que la fumée des vieux cigares,
des pipes ou des feuilles Rizla+ remplies de gris. Les seules
roulées présentes étaient les pépés qui ne sentaient pas le tabac
froid... Les ARPENTEURS ne cherchent pas à révolutionner le
blues. Ils voguent dans des ambiances bien chaudes et collantes
empreintes d'un certain esprit rock sudiste. Un truc qu'on
écouterait bien dans un bar de port perdu dans le brouillard en
laissant son esprit vagabonder vers l'ombre du dernier cargo qui se
dessine entre les silhouettes des dames arpentant le quai. Un blues
de Boulogne-sur-Mer en séquence nostalgie, la Boulogne-sur-Mer qui
voyait encore ses usines dégueuler dans les bassins et ses bateaux
fondre dans la brume. Sur scène, c'est à l'image de la zique, à
savoir assez calme. Le bassiste semble un peu bridé par ses
camarades et se lâche dès qu'il en trouve l'occasion, Bobby le
batteur profite des morceaux plus rock pour rappeler qu'il frappait
fort dans STOCKS tandis que les 2 guitaristes montrent aux
filles qu'ils sont habiles de leurs mains ! En final, un morceau
écolo suivi d'une bonne soupe/charcuterie, car ça fait longtemps
qu'il n'y a plus de harengs à Boulogne-sur-Mer, l'usine a disparu,
les fiers navires aussi, il reste peut-être les filles. Et on
n'était pas à Boulogne-sur-Mer.
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