SARAZVATI - BLOOD BROTHERS - The LIARDS

Le Grand Mix, Tourcoing,
le 14 mai 2004


Les lillois SARAZVATI, les mystérieux BLOOD BROTHERS et les LIARDS, américains (ce n'est pas de l'humour), cette affiche énigmatique m'attire ce vendredi soir au Grand Mix comme un papillon qui quitte les lampadaires blafards pour la lumière. J'arrive en voletant dans la salle au beau milieu du set des SARAZVATI qui me paraissent à l'aise sur cette vaste scène par rapport à la Malterie. On le ressent de suite dans les ondes sonores qui emplissent la salle, pas avec les ondes lumineuses, le papillon cherche toujours. La fusion généralisée des SARAZVATI percute bien même si je me pose toujours la question de savoir si en se cantonnant dans un non-genre musical qui pioche largement ailleurs, les SARAZVATI arriveront à développer leur propre personnalité avec assez de force pour se faire une place dans toutes les mélodies qui hantent ma mémoire. Néanmoins, malgré un éclairage minimaliste souvent propre aux premières parties, on pénètre assez facilement dans leur set et c'est loin d'être désagréable.

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La lumière, c'est pour les stars pense t-on, et bien non. De la lumière, il n'y en avait pas plus avec les BLOOD BROTHERS et on avait beaucoup de peine à deviner ce qu'il se passait sur scène surtout que ça bougeait énormément. Les BLOOD BROTHERS de Seattle (Boeing, Nirvana...) font dans un hardcore qui doit franchement déplaire aux (néo) conservateurs ricains et sans doute mondiaux, tant leur musique est agressive, anti conforme aux canons habituels et même à ceux du rock. C'est jouissif, très puissant, voire brutal, ça saigne, ça casse la tête et les changements continuels de direction imposent sans cesse des remises en question tant physiques qu'intellectuelles. Pas toujours évident à suivre tant des yeux que des oreilles. Les deux premiers morceaux passent sans problème tant il est difficile de réaliser ce qui arrive, dans quel mixer on est plongé, pour la suite, on accroche, on s'accroche ou on se casse (si on arrive à trouver son chemin dans le noir).

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La lumière c'est pour les stars ! Je ne savais même pas que les BLOOD BROTHERS allaient faire exploser le Grand Mix. En fait, les stars, c'était sans doute les LIARDS, un groupe présenté comme déjanté, des expérimentateurs d'un punk "dance" qui laissait présager des pogos mémorables sous les lumières des projecteurs. Une bizarrerie toutefois, les keupons n'étaient pas légion ou alors ils avaient adopté un look inrocks pour mieux se fondre le monde des branchés. Les LIARDS s'annoncent enfin. La lumière va revenir... Mon capteur de pixels en frémit d'avance. Mensonges qu'il s'écrierait s'il avait la parole ! Des lights, il n'y en avait pas plus que pour les deux autres groupes ! A se demander si le lighteux ne nous faisait pas une grosse déprime. On a eu droit à du tout bleu sombre, du tout rouge sombre aussi et parfois des raies de couleur fadasse traversaient une sorte de champ de bataille... On distinguait à peine les laborantins qui œuvraient sur scène à synthétiser une sorte de post rock vaguement punk sans aucune mélodie à laquelle se cramponner, aux harmonies biscornues et dégageant une ambiance parfois sinistre voire malsaine. Quant au punk "dance", je le cherche toujours... Bref, j'ai connu plus gai, plus long aussi comme set et c'est sur des impressions mitigées que je quitte la salle qui d'un coup d'interrupteur s'est éclairée soudainement. Dommage, le concert est fini. Le papillon s'en retourne vers les lampadaires.

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Frédéric Loridant
mai 2004

Frédéric Loridant ©2004