REDRUM - LOUDBLAST

les 4 Ecluses, Dunkerque
le 18 mars 2004


Par où commencer une tournée sinon par Dunkerque, la ville la plus septentrionale de l'hexagone. C'est là que se trouvent, posées sur une île, les 4 Ecluses, salle ouverte entre autres au métalleux. Et c'est à partir de ce point que LOUDBLAST, ces grands du death français, ont décidé de rattaquer la scène métal après 5 ans d'absence des planches, mais un nouvel album, Planet Pandemonium. LOUDBLAST, le retour, le monde du death métal ne peut que s'en féliciter, leur album est tout bonnement monstrueux, sorte de synthèse de ce qui se fait de mieux dans les rythmes bien lourds et speed colorés par une guitare solo vous entraînant dans des courses vertigineuses, supports à une voix de général des armées trolls. En attendant de visiter la Planet Pandemonium, les LOUDBLAST avaient laissé le soin d'ouvrir le bal aux REDRUM.



REDRUM est une formation locale qui s'épanouit dans le néo-trash métal armée de deux chanteurs. Issus de divers groupes et officiant aussi dans divers groupes, REDRUM m'ont semblé à l'aise dans leur set et ça bougeait pas mal sur scène bien qu'ils paraissaient un peu à l'étroit, coincés par l'énorme batterie de LOUDBLAST au fond et leur propre batterie, presque aussi imposante, sur la droite. Leur ancrage local semble assuré (logique dans un port), ces néo-corsaires ou néo-dockers ayant rameuté leur ban et arrière ban et cela faisait du beau monde, il est vrai aussi qu'une première partie de LOUDBLAST n'est pas chose commune.

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L'attente semble longue, les techniciens s'affairent, les grattes s'accordent et des gutturaux LOUDBLAST surgissent de la gorge de quelques orks chevelus et tranchent le brouhaha général sur fond de métal. La musique se tait brusquement remplacée par de puissantes clameurs ; les LOUDBLAST sont de retour, son public l'attend avec impatience. Les 4 lascars arrivent enfin après une intro pompeuse. Alex, d'AGRESSOR à gauche, Steph au centre, Jam à la droite et dominant l'ensemble, Hervé semble trôner sur sa double grosse caisse aux peaux tendues. Moments d'émotion, sourires, et on passe directement sans s'y attendre dans un déluge de gros sons, les LOUDBLAST attaquent dur plongeant le public au plus fort moment des bombardements de Bagdad ou au cœur du cyclone Galifo.

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Et nous voilà plongés au cœur d'une gigantomachie ; les coups portent et font mal ; des roulements continus mitraillent sans discernement, empêchant de nous découvrir même si certains d'entre nous commencent à relever la chevelure pour faire front au déluge sonique. Outre les tempos fusant en continu, les grattes crachent aussi leur filaments mortels. Limpides, claires, elles se démarquent des battements 220 coups minutes de la double grosse caisse et des 4 cordes bien tendues, par leur apparente légèreté et leur semblant d'humanité dans cette chose monstrueuse que rien n'arrête. Apparente légèreté car sans crier gare, elles vrillent les tympans, prennent le contrôle des zones encore actives des cerveaux et transforment les pauvres spectateurs en soldats du death, désarticulés ou vibrant sur les tempos fous, gesticulant sous les piques acérées des riffs qui se succèdent sans relâche. Et pour annihiler toute résistance, une voix d'outre monde crache des ordres non discutables. Très vite le combat devient inégal, impossible. Les LOUDBLAST s'imposent, en imposent. Les LOUDBLAST entraînent les muscles du cou dans une danse macabre effrénée, entraînant la tête dans tous les sens, balayant d'un coup de chevelure les dernières velléités de rébellion. Le pari du retour est gagné. Les LOUDBLAST ont tout écrasé sur leur passage, le death triomphe et il n'a suffit que de quelques morceaux. La suite, haute en couleur, fut du même acabit. On se retrouvait tantôt au cœur de la bataille, tantôt sur le wagon d'un gigantesque grand 8 lancé à fond sur des pentes vertigineuses, transformant par les G encaissés les burnes en amygdales. Sur scène les LOUD, ces divinités chthoniennes, sont aux anges ou aux démons ; ils ont la parfaite maîtrise de leur set, conduisent le public là où ils le veulent, le font crier ou gémir selon leurs envies. Plus d'un en est sorti marqué du sceau des LOUDBLAST. 2004 année du renouveau death hexagonal, à en voir et entendre ce premier concert, cet essai transformé, on laisse présager le meilleur pour certains, sans doute le pire pour d'autres...

Frédéric Loridant
mars 2004

Frédéric Loridant ©2004