LOUDBLAST - BLACK BOMB A

LOS TRES PUNTOS - Les MERGUEZ SAUVAGES


Aulnoye-Aymerie,

le 16 octobre 2004

La célébration de la victoire d'Aulnoye-Aymerie, le 16 octobre de l'an 04 du nouveau millénaire.
Chroniques de la Planet Pandemonium, livre III*
Photorockus, chroniqueur des rois

...] Rien de semblable ne s’était vu depuis longtemps. La vaste salle où LOUDBLAST allait officier était remplie de guerrières et guerriers en tenue de parade, cheveux longs ou crêtes surmontant des armures noires à l'effigie de divinités infernales. Cette masse abreuvée d'or blond, grondait en attendant les maîtres du death. Elle devenait monstre et fixait droit devant elle le sanctuaire qui se devinait à travers une vaste fumée déchirée ça et là. Vingt et une heure, répondant aux supplications, la cavalerie lourde des BLACK BOMB A, des alliés précieux venus du monde du métal hardcore, ouvrit les réjouissances.

A l’ombre de la batterie masquée par les fumées odorantes et enivrantes contenant sans doute du black bombay, guitaristes et chanteurs lancèrent leur charge : guitares fumantes et néo-incantations hardcores magiques enflammèrent le vaisseau bien rempli. Ce que j'ai vu fut alors effrayant. Un tournoiement frénétique enveloppa les chevaliers métalleux les entraînant dans des gesticulations effrénées. Le premier rang, bras levés, tentait d'approcher, de toucher les deux ténors devenus dieux ; au second, les aficionados étaient secoués de tremblements frénétiques formant une mer démontée. Les vagues humaines s’ouvraient parfois, laissaient passer des corps projetés sur le plateau où les BLACK BOMB A se déchaînaient. Se moquant de la peur, poussés par les riffs de grattes et les encouragements des deux chanteurs, des intrépides envahissaient la scène, se cabraient, enjambaient les rangs serrés ou sautaient par dessus les bras tendus pour tomber au milieu de la marée humaine. Tout se termina dans la confusion, dans une mêlée générale où fidèles et officiants ne formèrent qu'un magma remuant.

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Après cette grand messe hardcore où il fallait se transformer en roc pour résister à ces murs du son, des voltigeurs de pointe, un commando local répondant au nom de MERGUEZ SAUVAGES, se transformèrent en chauffeurs alimentant non pas un grill mais une chaudière destinée maintenir la pression et sans doute à enfumer plus le sanctuaire. Ces féroces MERGUEZ SAUVAGES urbaines rescapées des insipides Auchan, libérées des barbecues et des lèvres lippues des morfales, ont mis en exergue leurs plus vils instincts sauçant de hot sexe et de trash leurs discours irrévérencieux. On revient aux racines, aux prémices du punk provocateur. Parfois presque nu, vêtu uniquement d'un étui pénien, étendard pour femelles enivrées, la lead MERGUEZ SAUVAGES vocal invectivait son auditoire, le bourrant de vociférations s'enfonçant comme des baïonnettes dans les ventre mous des plus faibles. L'arrivée d'une nouvelle troupe de barbares soniques sonna l'arrêt de cette boucherie.

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La cavalerie légère des LOS TRES PUNTOS claironna la seconde charge. Avec leur ska incisif, ils poursuivirent l'œuvre des BLACK BOMB A, brandissant leurs cuivres qui tranchaient et taillaient sans férir ; ils miment un grand massacre de mécréants pour le plus grand plaisir de la masse toujours en mouvement et pas encore remise des BLACK BOMB A. La fumée se fait plus dense et capiteuse ; les cuivres scintillants lancent des éclairs la tailladant qui s'enfoncent dans le nuage sans efforts. Noyée dans les volutes, la masse redevient mer en furie et éjecte de nouveau des corps désarticulés. La tension monte encore, l'heure de LOUDBLAST approche.

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La lumière tombe, la foule se fait pressante au pied du temple. Du bleu colore la brume qui se fait opaque. Deux griffons apparaissent en rouge annonçant les LOUDBLAST. Impériaux, ces grands maîtres du death toisent d'un regard leurs fidèles et se lancent sans crier gare dans la cérémonie. Pas de progression crescendo, c'est tout de suite brutal. La masse sonnée entre en mouvement sous les coups de butoirs d'Hervé et de Jam ; les vrilles coupantes comme des rasoirs acérés lancés par la six cordes d'Alex, la découpe sauvagement. Malgré tous ces outrages, l'assemblée ne perdit pas pied et resta suspendue à la voie gutturale de Steph. En Imperator, il harangue ses troupes et sûr de lui et sûr de l'effet LOUDBLAST qui n'a pas manqué de s'imposer, certains l'ont vu sourire. Les rares doutes quand à la solidité de l'empire du death métal face aux ambitions d'autres sectes musicales brutales, sont balayés dès les premiers roulements fous rappelant la marche d'une armée invincible en campagne. Oubliés l'infanterie, les voltigeurs de pointe et même la cavalerie légère, la charge très lourde de LOUDBLAST broya tout sur son passage. La masse assommée vécut intensément cette consécration. Elle parut hypnotisée par les regards bleu-acier de l'Imperator Steph. Ecrasée, abasourdie, l'assemblée ne connut pas de répit, Jam et Alex la relançant sans cesse en deux coups de riffs bien lourds. Et sur la crête, Hervé armé de ses baguettes plombées, imprimait des cadences infernales interdisant toute relâche. C'est à coups d'enchaînements, de break déments que LOUDBLAST termina en apothéose laissant les fidèles pantois et désarmés.


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La suite aida à reprendre ses esprits. Ce fut un retour à un ska punk de bon aloi avec KIEMZA. Enivrant et injectant de l'adrénaline dans les fidèles survivants, ils épuisèrent néanmoins les dernières parcelles d'énergie qui flottaient encore dans la nef. Les impétueux KIEMZA ont sonné la fin de cette grand messe, cet hommage à cette bataille gagnée par des LOUDBLAST surpuissants, alliés pour l'occasion aux impitoyables BLACK BOMB A. Ce seize octobre de l'an 04, le death français se posa une nouvelle fois comme genre majeur et pour mille ans cette fois. Et la conquête ne faisait que commencer. [...

* voir aussi Livre I et Livre II.


Textes retrouvés par Frédéric Loridant
octobre 2004

Frédéric Loridant ©2004