BOMB X - Les CORONS PUENT

BAD LIEUTENANTS - LOWER CLASS BRATS


L'Urban Chaos

Lille, le 2 février 2005


La chaleur est étouffante, la musique assourdissante. Au centre, un tumulte fait de corps gesticulant dans tous les sens d'où émergeaient des crêtes bleues, rouges, jaunes... On se serait cru en pleine cérémonie rituelle d'une tribu d'Iroquois, ultimes survivants du génocide indien. Et portant on était bien à Lille, au sein de l'Urban Chaos pour le dernier concert. Et oui, fin de l'aventure Urban et pour célébrer dignement l'événement, TRASHYS, BOMB X, Les CORONS PUENT, BAD LIEUTENANTS et LOWER CLASS BRATS ont donné le meilleur d'eux même. Le public aussi.

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Cinq concerts de suite ne sont pas chose courante à l'Urban Chaos. Et TRASHV'S a attaqué tôt, trop tôt pour moi et ma soirée ne commença qu'avec les marins de BOMB X. Déjà vu au même endroit il y a quelques temps, les filets de BOMB X sont efficaces et chalutent bien large. Ne faisant pas sur le plan de la poésie dans la dentelle (logique, ils sont de Boulogne sur Mer, pas de Calais), le combo assure avec ses deux chanteurs étroitement mêlés avec le public ; il n'en fallait pas plus pour lancer ces pogos violents certes mais absolument pas agressifs qui nécessitaient un ravitaillement en jus de houblon destiné à prolonger un plaisir des cinq sens qui ne pris fin qu'après deux rappels.

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Les CORONS PUENT prennent la relève. Chantant le monde ouvrier, celui de Van der Mersch qui un siècle après se fait toujours sentir, ils ont la particularité de posséder un sax déjanté et une batteuse qui suit sans problème ses brutes qui martèlent des refrains nous faisant lever le poing presque inconsciemment. On aurait pu espérer une baisse de tension et non, les pogos sont encore plus endiablés, les bières se multipliaient, le dieu protecteur des Iroquois faisant largement plus fort que le père Jesus dans le désert avec ses brioches. La fête finale avait des allures de lutte finale.

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Laissons les corons et gagnons panam avec les BAD LIEUTENANTS. A la basse un ex-CADAVRE au perfecto largement ouvert sur son torse et son bide. Les autres ne font pas non plus dans le discret et affichent largement leur appartenance au mouvement punk avec des tatoos dignes d'une galerie de peinture mais pas encore d'un musée, les BAD LIEUTENANTS sont bien vivants et leur punk rock clashisant à la sauce française, un soupçon métal tape dans le mille. Mais la fatigue se faisant sentir, une brève panne dans l'approvisionnement de la boisson divine, un besoin de Walkyries, que sais-je, a ralenti u peu le rythme effréné des danses sacrées. On se bousculait moins mais on gesticulait tout autant.

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On en avait pas fini avec le old punk car la suite nous plongea directement dans un trip Orange Mécanique, RAMONES voire même AEROSMITH look Steven Tyler pour le gratteux. Avec de telles dégaignes, les LOWER CLASS BRATS suintent l'english à 100 mètres. Un chanteur nerveux au melon bien enfoncé arborant fièrement un tee shirt MOTORHEAD, un bassiste digne du roman d'Antony Burgess avec des biscottos gros comme des cuisses de nageuses de l'Est et un batteur masqué au long nez, ont relancé les pogos qui ont atteint une intensité rares. Filles et mecs s'éclataient littéralement emmenant parfois micros et retours dans leur enthousiasme, sur des compos drôlement percutantes. Malgré déjà 4 heures de pogos presque ininterrompus, LOWER CLASS BRATS ont insufflé sans peine assez d'énergie aux survivants (on a noté quelques pertes...) pour relancer les machines à fond. Difficile même pour un photographe d'échapper à cette perfusion sous pression de vitamines soniques et de s'empêcher d'aller traîner dans la cohue. Bien m'en pris, il fallait fêter dignement cette ultime soirée dans un lieu qui appartient maintenant à l'Histoire du Rock and Roll. Merci à Casquette et à ses comparses de nous avoir donné ces précieux instants de plaisir.

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Frédéric Loridant
février 2005

Frédéric Loridant ©2005