LEGENDARY PINK DOTS

Wilco BOTERMANS


Spirit of 66,

Verviers, le 3 décembre 2004


Dehors il gèle. La froidure tombe sur Verviers, le brouillard aussi créant des ambiances irréelles opaques à peine déflorées par les lampadaires et l'enseigne rouge et jaune du Spirit of 66. Peu de gens se pressent à l'entrée. LEGENDARY PINK DOTS ne provoque pas le délire, n'attire pas les foules. Qa Sepel et ses acolytes cultivent leurs jardins secrets à l'abri du tumulte, fabriquent de toutes pièces leurs atmosphères fantastiques, blanches, bleues , froides mais tellement belles, en se promenant aux frontières du réel, on the edge of time y croisant sans doute HAWKWIND et autres fous du cosmos.

Il est bien là le problème des LEGENDARY PINK DOTS, ils sont hors du temps, hors des sentiers traditionnels du rock. Ils suscitent sans doute inconsciemment la crainte surtout quand on lit ici ou là que les taches roses légendaires ont flirté avec l'industriel, l'électronique expérimentale ou autres styles qui font fuir les foules... En rester là et de ce fait ne pas oser laisser s'éveiller sa curiosité et se conforter dans ses certitudes musicales, sont le meilleur moyen de rater des ouvertures vers des mondes remplis de ballades admirables, d'une douceur infinie, d'une blancheur immaculée aux mélodies infiniment belles... C'est cela LEGENDARY PINK DOTS. Juste des ambiances qui se mêlent, s'entrecroisent sans se heurter même si parfois une violence crue apparaît au détour d'accords. Il ne suffit que d'embarquer dans leur vaisseau et de se laisser aller, confiant dans les timoniers qui osent affronter et dompter des tempêtes parfois soudaines. La mode étant aux étiquettes et je n'y échappe pas, LEGENDARY PINK DOTS n'est juste qu'un groupe de Rock-Electro-Pop-Progressif-Psychédélique-Indus, juste du REPPPI qui n'en laisse justement aucun tellement c'est prenant.

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Et pour attendre cette communion, Wilco BOTERMANS, artiste aux multiples facettes qui joua des sons étranges non pas venus d'ailleurs mais de 2 thérenins. Rien de tel que des musiques décalées, plus proches du monde des arts plastique que de la culture "domestique". Sans pour autant adhérer complètement au concept au point d'en passer en boucle sur mon Rotel, ce fut parfait pour se préparer aux voyages suivants... Mais tout rêve à une fin, tout voyage a une arrivée... Mais c'est le cSur léger, l'esprit flottant, rassasié et bienheureux et fort de cette nouvelle expérience que j'ai pu aller affronter le brouillard de la ville couverte de légendaires taches roses.







Décembre 2004

Frédéric Loridant©2004