LEIDEN

LYCOSIA


Le Nautilys,

Comines, le 21 janvier 2005


Il est passé 22h00, LEIDEN, un groupe de métal atmosphérique par la voix de sa chanteuse claque ses derniers accords en annonçant l'arrivée de LYCOSIA sous les cris d'un public qui visiblement était venu pour cela. Le Nautilys n'était pas blindé mais bien rempli quand même. Il faut dire que la promo dans le milieu lillois s'était plutôt faite discrète. Sortis de leur steppe, venus de l'empire des Huns sous la conduite d'un flibustier et d'un cavalier scythe, le groupe au nom chargé de symboles (lycos...) clôturait avec ce concert une résidence durant laquelle Mcs Don Ragno, Vic, Vince et Christ(i) ont peaufiné un set qui laissera des traces lors de leur passage dans votre ville. L'herbe ne repoussera plus et Geneviève* ne sera plus là pour « sauver » Paris.

LEIDEN oeuvre déjà sur scène lorsque j'arrive. Quelques images me suffisent, je n'accroche pas à leur « trash » métal par la musique , atmosphérique ou symphonique par la voix féminine assez lyrique. Le mariage est parfois aventureux et il est difficile de sortir des ornières tracés par les NIGHTWISH et consorts (soeurs) pour trouver sa propre voie. Sans doute se dessine t-elle au détour de mélodies subtiles surfant sur des guitares très heavy mais à LEIDEN de s'engouffrer dedans faisant fie des clichés trop faciles. Le public s'y retrouvait quand même et même si l'enthousiasme n'était pas délirant, l'accueil pour ce jeune groupe du collectif toulousain Antistatic a montré qu'ils étaient sans doute sur la bonne route pour se forger leur propre identité.

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Dans les loges, on s'active. Les LYCOSIA s'ornent de peinture de guerre. Don Ragno laisse filtrer ses tatoos dignes d'un pirate, Christi Scythe se colle un look à la OZZY ou à l'ALICE* tandis que Vic, fine poupée asiatique se transforme en geisha au masque terrifiant blanc tranchant net sur un kimono rouge sang. Reste Mc Vice, le vampire des Carpathes, ce fils spirituel de Nosferatu si proche de lui physiquement. Arborant une coiffure à dreds fluo, il en surprit plus d'un lorsque son scalp disparut pendant le set laissant apparaître son vrai visage de revenant assoiffé.

La machine est en place, le déferlement venu du grand Est peut commencer (et c'est bien connu, en France, toutes les invasions sont venues de l'Est sauf celle du 6 juin). La bataille du Nautilys fut à a hauteur des espérances. Une fois encore, les défenses n'ont pas su tenir et il n'a fallu que un ou deux morceaux pour chauffer Don Ragno qui se prit au jeu d'accélérer sans cesse... Pas de souci, la fascinante geisha à la basse suivait la cadence infernale offrant à ceux qui osaient la regarder, de multiples expressions démoniaques dignes de celui de la Méduse sans pour autant nous transformer en pierre. Au contraire, les pogos étaient en route... Au clavier, NosféraVice s'agitait, se désarticulait comme un pantin et s'activait sur ses orgues de Staline montrant son vrai visage. Et au premier rang, face au public, Christi Scythe, pourtant un clone d'Attila, guitare au point, l'enfonçait sans peine à coup de riff destructeurs dans le public et n'hésitait pas aussi à utiliser un instrument venu d'Asie centrale, une arme sonique héritée de ses ancêtres aux yeux en amandes.

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Redoutable, invincible, victorieux, tout ces qualificatifs dont les généraux romains aimaient s'entourer, auréolent maintenant LYCOSIA. Ce groupe Glam-Rock-Deluxe qui flirte aussi bien avec le goth, le rock, le métal tout en y plaçant des mélodies imparables, a connu une période d'ajustage suite au départ de leur guitariste et finalement l'équilibre à quatre est atteint. Leur force ne table pas sur une destruction neuronique à grands coups de basses, double grosse caisse et riffs bien gras, assommant tout sur le passage, mais dans un subtil mélange, une sorte de parfum un soupçon orientalisant qui une fois respiré, s'accroche tatouant les neurones à tout jamais. Et ce doux parfum viril mais assez féminin pour envoûter les mâles trouva dans l'ambiance lumineuse toute latitude pour se diffuser, pour s'immiscer au plus profond du public. C'est assez rare pour être gravé dans les tablettes de l'épopée, les lights furent très largement dignes de la musique passant du ténébreux aux explosions ; seul NosferaVice resta dans la pénombre. Mais ne dit-on pas que les vampires n'aiment pas la lumière...

Accrochez vous, les LYCOSIA sont sortis de leur tanière pour attaquer une tournée française et européenne (selon les rumeurs qui courent) et leur premier concert laisse présager du meilleur. Laissez de côté pieux, crucifix et ail, NosferaVice a succombé aux charmes de l'Est et si vous le croisez au détour d'un couloir sombre, c'est plutôt avec un verre de vodka à la main que canines sorties.

*: Juste une frimeuse ! Ce n'est pas très glorieux de repousser un Attila du haut des remparts qui jamais ne s'attaquait aux villes fortifiées. Comme quoi, finalement, il est assez facile d'obtenir le titre de saint et d'avoir son nom sur le calendrier des postes...

**: COOPER bien sûr. Certains diraient à la MANSON, mais rendons à César ce qui est à César, la MANSON n'est qu'un pâle imitateur, juste un produit capitaliste, qui, il y a quelques années, à ses débuts, se prenait des mottes de terre dans la gueule...


Frédéric Loridant
Janvier 2005

Frédéric Loridant ©2005