MAGMA

Le Splendid,

Lille, le 29 janvier 2005


La scène nous ouvrait les bras à l'image de la colonnade du Bernin à Rome. Malgré la pénombre qui règne, la disposition des instruments, 2 claviers aux premiers plans sur les côté suivis des estrades des choristes puis des guitares, conduisaient inévitablement le regard vers le sanctuaire : la Gretsch à petite caisse surmontée de cymbales gravitant en orbite autour. Comme à Rome, en pénétrant dans la salle, on entrait dans une dimension religieuse et les fidèles entassés à grand peine au Splendid n'attendaient que l'arrivée des messagers de la planète Kobaia : MAGMA.

Kobaia ! Ce nom résonne depuis plus de trente ans dans le cosmos musical. MAGMA, conduit par Christian Vander, soutenu par Stella Vander, est toujours en orbite, en suspension tels les dieux de l'Egypte dans leur pyramide-astronef au dessus de Paris. Mais à la différence d'Horus et ses pairs, l'astronef MAGMA n'a pas connu de panne, des éloignements peut-être dus à la découvertes de nouveaux mondes sonores, mais à chaque fois, revient avec plus de baroque, de fougue et d'idées toujours guidé par les Vander.

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Ce samedi, KA fut à l'honneur. Au centre Christian Vander fait chanter sa Gretsch. Puissance et douceur s'emmêlent, son jeu scotche les premiers rangs qui ont l'avantage de voir de près la symbiose s'installer entre la maître et son instrument. La Gretsch chante !!! En retrait, sur les côtés, un peu comme les pèlerins sous la colonnade du Bernin, les musiciens et les choristes n'attendaient qu'un signe pour venir prendre le premier plan donnant au chant une puissance digne des images musicales colorées qui emplissaient le Splendid. Mais les pèlerins, c'étaient nous, pauvres et humbles devant ce maelström sonique nous entraînant dans des transes incontrôlables. Sûr que plus d'un, à l'image de Kohntarkosz dans le tombeau de d'Emehnteht-Rê, grand maître de l'Egypte ancienne, a eu la révélation dans le temple du Splendid. Une invitation au voyage avec Kobaia, la planète mère, clôtura cette cérémonie et c'est sonné que la plupart des pèlerins repartirent avec pleins d'images dans les yeux mais des images accompagnées de sons, de musique venue d'ailleurs même si ses racines se sont nourries de STRAVINSKY, PROKOFIEV, COLTRANE ou Mile DAVIS. Ce 29 janvier cette musique si baroque, si riche, si intemporelle, transformant la fête en Sacre de l'Hiver. Et cela cent deux ans et cinq mois après, le 29 mai 1913, Le Sacre du Printemps où STRAVINSKY semait brutalement le doute dans la pensée musicale.







Janvier 2005

Frédéric Loridant 2005