Photorock
Les MARONES
WHITE HASSLE et THE NATIONAL


Le Grand Mix, Tourcoing le 06 novembre 2003

New York City, vous connaissez ? Vous savez cette ville de l'au-delà de l'Atlantique, point de fixation de tous les espoirs de millions d'immigrants, piste de bowling de Ben Laden, mais aussi haut lieu de la culture rock avant la lobotomie ultra-libérale. Et bien c'est dans ce milieu que le Grand Mix se baladait ce 6 novembre. Au programme et dans l'ordre, des lillois, les MARONES qui font dans (devinez) et des vrais New Yorkais, WHITE HASSLE et THE NATIONAL, dignes représentants de l'avant-garde du rock de la Big Apple. Avant-garde ? C'est ce qu'on dit ! En tous cas, il y a sans doute des intérêts en jeu, WHITE HASSLE se retrouvant dans les encarts de pub des revues autorisées ! Qui dit avant-garde dit aussi arrière garde ; ce sont les MARONES qui ouvrent la soirée...



MARONES

Les MARONES, vous avez saisi la subtilité, font dans les RAMONES et ces lillois n'ont absolument pas à rougir de leur prestation ; ce furent d'ailleurs, à mon goût, les plus intéressants de la soirée car même s'ils font dans du RAMONES pur beurre, c'est bien fait, plein de hargne et d'énergie. Visiblement, le jus des galettes de Dee Dee, Joey, Johnny et Tommy, coule dans leur veine. Il ne manquait que les perfecto et les binocles noires, la défonce et Deborah Harry en groupie, mais l'essentiel était là. Arnaud, Olive et les autres ont trés certainement massacré les oreilles de certains, les plus branchés "inrock", ceux qui ont oublié gavé par Amélie Poulain, Nova ou Inrock mag, que les RAMONES/MARONES sont encore dressés comme l'Empire State Building. Et pour finir, annonçant le Zénith de vendredi, ils ont terminé sur du BOWIE, gonflant à coup de vitamines "CHINA GIRL pour FIVE YEARS". Avec la chinoise, en fermant les yeux, on aurait même pu se croire à un concert de l'iguane, grande époque.



Les Marones

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Les Marones



WHITE HASSLE

Changement de matos, changement de plateau. Les quatre rockeurs braillards et authentiques, laissent place à WHITE HASSLE qui sont plutôt bon chic presque bon genre, à la limite du gendre idéal dans le vent pour belle mêre bobo. Il est là le renouveau d'après les rock critiks. Dans le public, des curieux venus voir cette nouvelle garde, ces GI's du rock and roll attendaient. Et pourtant, les WHITE HASSLE, bien que virtuoses, ne m'ont pas convaincu. En guise de renouveau, j'ai plutôt eu l'impression que l'on avait affaire à une arrière garde recyclant du vieux rock américain en le mélangeant à une country électrisée ; je n'irai pas à évoquer Neil YOUNG mais.... J'ai même l'impression que WHITE HASSLE font dans le monument historique. Nostalgie, recherche des racines de la fausse grande Amérique - où se cache Laura Ingalls ? - , à force, leur musique finit par piétiner et ce n'est pas les trois/quatre morceaux qui sonnent un peu différemment qui sauvent la mise et cette impression d'un désagréable déjà entendu. La Big Apple nous a habitués à plus original, plus rebelle, moins consensuel et moins conformiste ; l'air du temps sans doute. La suite s'annonçait du même acabit mais...



White Hassle

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White Hassle




THE NATIONAL

Une table, des potes dont un affreux DISCOMOBILE et une Gypsy Rose Tatoo en forme ont agréablement comblé une courte attente avant l'arrivée de THE NATIONAL ! Oups, les annonces pour ce groupe qui donne dans le froid à tendance folk, m'annonçaient rien de transcendantal. De plus, THE NATIONAL ne vient pas de NYC mais d'un obscur état américain sans doute conservateur. Eh bien, j'ai été surpris en bien ! C'est balancé, le chanteur occupe bien sa place n'hésitant pas à se défoncer et l'ensemble se défend bien et évite ce côté country ricain casse couilles. Et pourtant, il y avait un violon comme dans La petite Maison dans la Prairie. Musicalement, c'est agréable mais pas révolutionnaire. La guitare sonne U2 et donne le genre à leur musique, une bonne new wave à l'anglaise redécouverte par Big Apple. On est quand même bien loin des agitateurs RAMONES, du CBGB, de Johnny THUNDERS voire même de BLONDIE ou Patti SMITH.



The National

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The National




Le rebelle, l'innovant NYC me paraît tout à coup plus fade. A-t-il perdu sa virilité depuis que les WTC ne bandent plus ? Passage à vide ? Excés d'OGM ? D'hormones ? Ce n'est probablement pas pour rien que les ricains ont développé le viagra.

Frédéric Loridant
Novembre 2003
fred@photorock.com