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Lille,
La Chimère, le 02 octobre 2009
Soirée culture ! Visite d’expo suivie de concerts ! Beau programme
en perspective pour des privilégiés (même pas annoncé sur
Lillelanuit.com). Et pourtant il y avait du monde chez Briko-Tattoo
où Chicken avait déposé ses pizzas ninja avariées vu le nombre de
mouches mutantes. Il y avait toujours autant de monde pour la suite
à la Chimère où les PARAPLEGIQUES de CHERBOURG étaient venus
planter leur parapluie sans Catherine. Ils étaient accompagnés des
MASSEY FERGUSSON MEMORIAL chantres louant en musique
l’arrivée des tracteurs sur la terre promise de Plum Creek près de
Walnut Grove mais sans Laura.
Briko Tattoo, 26 rue St Pierre St Paul, Lille (Wazemmes)
Expo visible jusqu’au 14 novembre 2009
Il a l’esprit tortueux le Chicken. Ses
toiles de loin tiennent plus d’une pub pour une pizza dorée et bien
garnie. De plus près, la pizza se transforme en une prison à freaks
désespérés de ne pas pourvoir s’échapper des limites de la toile.
On y croise des pin-up gorgones, des saintes souillées, des
asticots humanoïdes et d’autres bêtes répugnantes sorties d’une
imagination explorant des dimensions infernales. On plonge direct
dans la « La chute des anges rebelles » ou dans les visions de
l’enfer de Hieronymus Bosh. On baigne dans un jugement dernier
moderne, la pizza Tortue Ninja remplaçant le bon vieux barbecue de
l’enfer. Comme dans les temps difficiles des pestes endémiques des
XIV-XVIème s., les personnages torturés et voués à la damnation
éternelle, sont empreints d’une religiosité blasphématoire. Une
dévote agenouillée offre son postérieur à un vit divin devant la
Soubirou, des pin-ups aux multiples yeux gorgonesques vous attirent
dans la toile pour mieux vous pétrifier ; pas de doute, pour
Chicken, derrière la femme se cachent des créatures érotiques. De
même, les hybrides mi-bêtes - mi-hommes se font l’écho des peurs de
la mort de la fin du Moyen-Age, asticots, poisson chat, mouches et
sont prêts à vous digérer vivant. Mirebeau et son « Jardin des
Supplice » est relégué au rayon livres pour enfants... La faux rode
en permanence ; c’est irrémédiable, l’Homme ne peut que s’écraser
dans une pate feuilletée peuplée de créatures infernales sans que
cela fasse les affaires de Pizza Rut ou Pizza Rail. Dans les mondes
de Chicken, on ne baigne plus dans les flammes de l’enfer mais dans
la bouillie d’une pizza avariée, digéré par des créatures
infernales, aspiré par les vamps cuirtées. Un orgasme dans la
douleur avant la putréfaction. Pour les chanceux seulement ? Et les
gigantesques mouches, tout en volume attendent patiemment au
plafond leur heure. Mystique ? Hérétique ? Gothique moderne le
Chicken ? Est-ce lui en tête de poulet écorché au pied d’une pin-up
inaccessible. Suffira t-il que l’une d’entres elles l’envoie au
Paradis pour qu’il nous ponde un Jardin des Délices ? A voir. Un
conseil, observez bien à la loupe votre prochaine pizza avant d’y
mordre à pleine dents.
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Après ces visions infernales attirantes, la Chimère nous attendait
avec les PARAPLEGIQUES de CHERBOURG. Vu la tronche des
musicos, toute relation avec les Parapluies de Cherbourg et sa
Deneuve pimpante est à bannir et encore moins pour la musique. Les
PARAPLEGIQUES de CHERBOURG ne font pas dans la ritournelle
de 1957 destinée à exciter les jeunes hommes et les jeunes filles
d’alors, mais dans de la reprise de mauvais garçons qui ont martelé
les esprits une vingtaine d’années après les aventures de
Geneviève. En fait sous ce nom se cachent les MARONES (pas
si bien cachés que ça d’ailleurs vu que ce nom trônait sur la peau
de la grosse caisse) qui lors de leurs rares sorties enflamment les
petites salles avec leur reprises de RAMONES agrémentées ce
soir d’un PLASTIC BERTRAND et d’autres (Les SOURIS DEGLINGUÉES...). Un grand plaisir que de revivre ces morceaux
devenus mythiques. Une seule fausse note, les morceaux ne
s’enchaînaient pas mais bon balancer des concerts comme le
faisaient les RAMONES peut être difficile pour des
paraplégiques (désolé pour cet humour de mauvais goût...).
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Après ce faux voyage à Cherbourg, nous voilà transporté à Walnut
Grove où l’arrivée du premier tracteur Massey-Ferguson et de
l’électricité a soulagé la famille Ingalls des dures exigences de
la terre. De cette révolution mécanique, il n’en reste pas de
traces iconographiques. On ne peut qu’imaginer une fête comme celle
qui enflamma Brescello quand un tracteur fut offert par le Grand
frère soviétique. C’est dans cette ambiance de fête que MASSEY
FERGUSSON MEMORIAL ont sorti leurs instruments pour se lancer
dans une country punk qui comme dans les aventures de Don Camillo,
divisa au bout de quelques morceaux l’assemblée en 2 : ceux qui
adhéraient à la country dance, experts ou néophytes emmenés par des
MASSEY FERGUSSON MEMORIAL bien au point et les autres, trop
timides pour tenter quelques pas ou n’accrochant pas à la country
quelle soit punk ou traditionnelle. J’en étais. Mais force fut de
constater que le MASSEY FERGUSSON MEMORIAL était réglé au
poil. Ces excellents musiciens accompagné par une chanteuse
entreprenante, pourtant pas aidés par une sono laissée à elle-même
et pas toujours au fait de la musique, ont eu vite fait de
transformer la Chimère en saloon, les rétifs à la country même punk
s’étant réfugiés au bar et je ne suis pas sûr qu’ils fussent les
plus nombreux. En tout cas, ceux qui se sont essayé à la line dance
country en sont sortis ravis, les autres n’avaient que quelques
bières d’avance et je ne suis pas sûr qu’ils auraient pu aligner
deux pas de danse de suite. Rassurez-vous, ceux qui sortaient de la
salle ont très vite rattrapés leur retard.
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