DAZIBAO - Le MAXIMUM KOUETTE
La Cave aux poètes

le 22 décembre 2003


Devinette : qui a un mini prix mais en fait le maximum ? Votre endoctrinement vous pousse à dire... Et non, tout faux, ce n'est pas Mir, la boisson préféré de Monsieur Propre, mais le MAXIMUM KOUETTE qui vous en fout plein la vue et les oreilles pour 9euros quand on n'est pas assez débrouillard pour avoir une réduc, moi par exemple. Et en plus, on peut repartir avec leur CD à 10euros ! De l'anti fnac primaire... Bref, après avoir sorti mon bifton et réglé mon écot j'atteinds la grande cave où les vagissements du chanteur de DAZIBAO m'accueillent. Ce n'est pas le groupe des années 80, mais un nouveau tout frais dont l'encre m'a pas encore eu le temps de sécher et qu'un public s'entend à déchiffrer malgré la pénombre. Le DAZIBAO nouveau frappe ; les spectateurs qui ne paraissent pas avoir le besoin d'être conquis, s'emballent tout de suite, buvant les paroles sans retenue, s'enivrant sans honte pour terminer dans des sarabandes endiablées où ménades et satyres auraient presque eu leur place.

Dans l'Encyclopédie Démocratique, DAZIBAO est une sorte de groupe de rock bruyant ! Le notre répond en partie à cette définition. Sûr que MARCEL et son ORCHESTRE a hanté leur jeunesse et habite encore avec eux. Ce groupe écrit une page ska festif régional, certes sans prétention, mais bien fait, avec un chanteur qui s'offre le luxe de se déguiser 30 seconde en soudeur communiste, sorte de monstre de la préhistoire armé d'une faucille et un marteau. Curieux que cette image perdure encore dans une jeunesse qui n'a pas connu les métallos... Tant mieux, les traditions ne se perdent pas.

cliquer sur l'image - click on the pic



Passées les pubs, voilà les premiers accords en couette majeure qui résonnent dans la cave. On se presse sans doute pour voir ce qu'il se passe dessous mais, pas de couette, que des femmes et des hommes tenant fermement leur instrument. Aux cuivres et à la batterie, des mâles occupent le fond de la scène. Aux grattes et au chant, les femmes assurent en grande partie le show. Au centre une explosive chanteuse, la sister à Moon, tantôt agrippée au micro, tantôt déglinguée et qui n'a pas été sans me rappeler la rock and roll attitude de Janis JOPLIN. Visiblement, elle aime ça et l'affirme fort et haut avec le titre de leur dernier opus. Courant d'un bout à l'autre de la scène, fusionnant avec les gratteuses, haranguant le public, communiant avec lui et l'emmenant dans son monde ou l'invitant à s'éclater de l'autre côté du miroir, la couette ne sert pas au repos mais aux ébats ! A gauche, l'espace est occupé par deux gratteuses, une lead (Gen ou Paka) et une basse (Coxs). Collées l'une à l'autre, mélangeant leur manche et leur sueur, elles paraissent très mec dans les attitudes et n'ont strictement rien à envier à la gente masculine (elles ont même de sacrés avantages sur la plupart des gratteux qui traînent sur les scènes). Au centre droit et au centre fond, les mecs. Un bon batteur en connivence perpétuelle avec la bassiste et le trio cuivré, tapissaient le mur du fond de leurs explosions sonores. A l'extrème droite, l'heureuse antithése de l'insipide et fade Marine, une autre gratteuse (Paka ou Gen) cachée sous une casquette qui balançait ses riffs en direction d'un public surexcité. Finalement, en guise de couette, il ne restait que la chaleur tropicale qui en un bref instant envahit la Cave aux poètes. Les corps sont devenus moites, de la buée a envahi mes objectifs rendant floues toutes les formes généreuses des fans qui peu à peu se dénudent, du vrai David Hamilton...

cliquer sur l'image - click on the pic



Tout ce beau monde sur scène fait forcément du bruit. Sans doute pour un(e) fan de Star Ac (et il y en a), ce bruit reste du bruit, mais pour les esthètes (il y en a aussi), il prend la forme de comptines élaborées où se mêlent un tas d'influences venant du folklore mondial (marque déposée BxN) dans une ambiance générale ska reggae rock sous perf keupon (comme m'a dit Coxs, "on ne se refait pas !") et les dérapages soniques sans être généralisés (zut !) sont fréquents (ouf !). Sans être une version parisienne à forte proportion féminine, les MAXIMUM KOUETTE ne sont pas sans rappeler MARCEL et son ORCHESTRE ; les deux groupes se complètent trés bien et leurs CDs peuvent se suivre dans la platine sans heurts, distillant à qui veut l'entendre et aux voisins, leur festif bonheur. Bref, ceux qui étaient là furent pris de frénésie et leurs oreilles eurent de la peine à accepter que le concert s'arrête. Maigre consolation, une couette m'attendait mais elle n'était pas MAXIMUM.

fred Loridant
Décembre 2003

fred Loridant ©2003


|||||||||||||||||||||||||| ||||||||||||||||||||||||||