Photo Rock
METAL AU MEELTING

Casus Belli


Bloodshed
et
Dyslésia

(Lille, le 12 octobre 2001)

Désolation, n'y a t-il donc pas à Lille, une salle digne d'accueillir des petits concerts dans des conditions décentes ?

Désolation, selon une rumeur persistante, la politique culturelle développée par la mairie de Lille voudrait sonner le glas des excès de décibels (limite à 95db) avec des contrôles horaires. Un couvre feu se pointe...

C'est au Meelting, café faisant face à un établissement scolaire boulevard Montebello, ou plutôt dans son arrière salle, qu'a eu lieu un micro festival de métal avec trois groupes : Casus Belli, Bloodshed et Dyslésia, le combo lyonnais qui monte. La salle de la taille d'un garage deux voitures, paraît mieux convenir à des combats de coqs qu'au passage de métalleux. La sono et la lumière était à l'image du décor, un peu déficiente faute bien entendu de moyens (et non pas faute à l'organisation). Par ailleurs le public se faisait rare ce soir, l'info étant contradictoire (sur le net), voire inexistante sauf dans Sortir. Voilà pour les griefs.

Du premier groupe, CASUS BELLI, pas grand chose à dire, c'est du néo-métal ou plutôt,du rap sur des rythmes heavy/trash. On aime ou on n'aime pas. Et je suis des seconds (en dehors de l'essai d'Aerosmith).

Les choses plus sérieuses ont commencé avec BLOODSHED. Sans provoquer un carnage, Bloodshed se positionne entre le hard-métal et le trash sans que la frontière soit nette. A mon goût, ils pourraient être encore plus méchants (scéniquement, c'est excusable vu la scène) et musicalement. Car malgré une progression assourdissante du son (le train siffle toujours trois fois dans mes pavillons), c'est parfois un peu brouillon. Malgré tout, c'est un excellent groupe régional. Pour mieux faire, un seul remède : Sacrifice de MOTORHEAD à fond, au casque et en boucle. De toute manière, il y a un certain mimétisme. Et si ce n'est pas suffisant, on rajoute 1916.

Le dernier groupe, DYSLESIA, la tête d'affiche (même s'il y en a pas eu) escalada la scène et cinq musicos dont deux en cuirs et un à moitié à poil, s'entassèrent tant bien que mal et commencèrent à faire chauffer grave le décibelmètre (rassurez vous à la mairie, il y en a pas encore, il ne faudra pas procéder à l'échange). Dyslésia propose un hard/heavy/trash mélodique inspiré de Stratovarius ou Symphonie X et rappelant par moment le grand Scorpion de Tokyo Tapes. Mais les compos restent assez difficiles à cerner tant le son, à cause de la salle, était confus. Une des guitares était absente et les voix pèchaient, soit trop fortes, soit perdues dans les accords ou les riffs trop puissants. Un bon point, la section rythmique, toujours présente, s'en sortait bien et les guitaristes s'en donnaient à joie, sans parler des mimiques et grimaces du chanteur. Et tout cela pour 20 personnes ! Malgré tout, l'excellent morceau de rappel (chut, il ne faut pas le dire, ils ont dépassé l'heure d'au moins cinq minutes), gomma tous ces handicaps et laissa un bon souvenir mais aussi des sifflements de Tomahawks dans les oreilles.

CASUS BELLI



BLOODSHED







DYSLESIA




tout le monde n'est pas en photo, mais ce soir là, la lumière n'était pas de la partie...

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© Frédéric Loridant 2001