Photo Rock
Cyberya - Axxis - Kamelot

 au
Le Temple du Rock
le 06 février 2002


Des yeux, je cherche le batteur et rien.
Et pourtant trône au fond la scène une grosse batterie, estampillée, il est vrai, AXXIS. Juste devant, des claviers et un ordinateur. Au bout des doigts pianotant les touches, une longue chevelure balaie dès les premiers accords, les volutes de fumée crachées par la machine. L'ordi-batterie gronde. Son amante, la basse, trépigne. De leur étreinte sortent des râles et des  roulements de satisfaction servant de piste d'envol aux guitares qui sont lasses d'attendre. Et couvrant tout le monde, une voix cybernétique se frayant un chemin à travers une chevelure rebelle, rend humain ou presque ce métal produit par ce combo teuton. Ce n'est certes pas très original mais CYBERYA se place dans la bonne moyenne des groupes influencés par Metallica et autres chevelus hargneux. Bon présage pour la suite, cette soirée commence sur les chapeaux de roues, mais déjà trop de
rouge.







Sans pudeur mais d'une blancheur immaculée, la batterie se dévoile, j'en profite pour lui tirer le portrait. Les light baissent, une mèche s'allume et... la batterie perd brutalement sa virginité ... tout explose. D'entrée de jeu, les musicos se posent comme des hargneux. Sans être trop heavy et ni trash, AXXIS délivre un son puissant, jouant vite, fort et bien, même si un manque de maturité est parfois décelable dans leur jeu ou les compos. A l'image de la musique, le light show était fort acceptable (on sentait quand même les assauts du rouge) et donnait une bonne assise visuelle permettant aux musiciens de se démener sans limite. AXXIS promet beaucoup et je gage que l'en entendra bientôt parler de ces chevaliers sans peur du Métal dans le vaste monde des hard-rockeux civilisés.






Restons dans le monde épique et rendons nous à Kamelot, la capitale du roi Arthur. Ah si ces quelques chevaliers de la table ronde avaient été juste un petit peu épaulés par un light show digne de ce nom. Et non, l'obscur préposé à l'éclairage (qui accompagne le groupe dans sa tournée) s'est obstiné à noyer ces preux combattants dans un rouge qui aurait même fait peur au Maître des Enfers. Cette ambiance tomate n'a pas vraiment servi la musique de KAMELOT. Dans mes souvenirs rubescents, KAMELOT donne plutôt dans un prog métal un peu heavy à la Threshold, Ark et consorts, que dans du heavy métal. La différence réside principalement dans l'absence de passage "progressif" dans les morceaux, les chevaliers de KAMELOT ne s'arrêtant que pour des slows frisant parfois le ridicule "Ne pleure pas, je reviendrais" s'égosillait en français, le chanteur sur un fond musical digne de la grande variété francophone comme on ne sait plus la faire aujourd'hui. Les petits jeunes d'AXXIS par bien des côtés m'ont davantage séduit malgré le professionalisme musical de KAMELOT. Car nos chevaliers de l'épopée arthurienne sonnent juste et fort, peut-être même un peu trop. D'aucuns ont du avoir des oreilles sifflantes après ce set. D'ailleurs, la sono a disjoncté deux fois...

Malgré le rouge, le métal au Spirit passe très bien et la soirée fut à la hauteur de mes espérances. Le gros son était là, décapant mes oreilles et les jeux de scène excitaient mes pupilles et les lentilles de mon zoom. Et en définitive, les coups de soleil permanents.... cachaient fort heureusement de jolies "métalleuses / Vampirella". Toujours et encore le plaisir des yeux.







Frédéric Loridant / PhotoRock © 2002
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