Photo Rock
Chinchilla
Tad Morose
Demon

au
Spirit of 66
le 19/02/2002

Des sons stridents traversant même la vitrine du Spirit où trône une pin-up des années 40/50 (celles du XXème s.) m'accueillent et surtout me font savoir que je suis en retard ; pourtant il n'est que 20h20.

Une fois les 15 € payés, les jetons pour les boissons dans la poche et quelques salutations, je jette un coup d'oeil sur la scène en glissant une pelloch dans mon 24x36. Ouppss, un grand escogriffe se secoue accroché par un bassiste musclé et tatoué et par un guitariste aussi petit que le chanteur est grand. C'est bien CHINCHILLA qui est à la source de l'accueil sonique. Je les avait vus il y a deux ans en première partie de Headline et Van DenPlas à Lille et n'y connaissant rien à cette flopée de groupes qui flirtent et copule avec le métal, j'étais resté très prudent.....Ce soir, pas de problème, CHINCHILLA se défonce et dégage une farouche énergie puisant sa source dans les trois albums à l'actif de ces métalleux teutons. Sur scène, ils assurent toujours autant. Les claviers pilotés par Marc Steck par donnent parfois une teinte légèrement prog mais très vite les déferlentes arrivent et écrasent tout. Le guitariste, Udo Gerstenmeyer, le chef dixit Thomas Laasch le chanteur, un adorateur de la Gibson,  nous conduit par ses solos dans les méandres de son esprit tortueux. Le chanteur ne sachant plus où mettre ses grandes jambes, tentait de se tenir en équilibre sur les retours haranguant le public un peu clairsemé. Pas de problème pour la voix, elle tient tête aux attaques de la Gibson et au mimiques de son Conductor. Les trois autres sont moins exubérants. Il est vrai que le bassiste (portant par ailleurs après le concert un tee-shirt de Thin Lizzy - sans commentaire) et le batteur, sont nouveaux et prennent peut-être encore la température (vous pouvez toujours essayer de planter un thermomètre dans le c.. d'un chinchilla). Le batteur, tout à fait dans le ton, se charge d'appuyer là où ça fait mal, poussant les autres plus loin encore dans la musique. Pas de doute, c'est du bon métal sans fioriture ni refrain mielleux et à l'opposé, sans voix trasheuse/gerbeuse. Après une journée de boulot, deux heures de route, le hors-d'oeuvre est de qualité.

Set-List : Intro Madness CD / Fight / Nighttrain of Death / Queen of the Rain / King for a Day / Demons we Call / Living on my Own-Madness / The Hightest Price / Father Forgive me / War Machine / I stole your Love.






Succédant rapidement après quelques traficotages sur scène, voilà TAD MOROSE, des suédois chevelus à souhait. Ce groupe nordique avec deux guitares (C.'K'. Andersson et daniel Olson), une basse blonde (Anden Moods), un chanteur (Urban Breed) et une batterie (Peter Morén), n'a pas ramené le froid avec lui. On reste dans le même registre que CHINCHILLA en un peu plus heavy mais avec parfois un sentiment de déjà entendu lassant mes pavillons. Ils sont jeunes et l'équilibre subtil des compositions n'est pas atteint, c'est pour bientôt. Par contre, sur la petite scène du Spirit, ils déménagent bien et surtout s'amusent. Je passe sur les chevelures et les manches emmêlés des gratteux ou les dégaines clownesques du chanteur....de l'habituel même si cela était très bien fait. Par contre, ayant probablement la bougeote ou des vers où vous savez, le chanteur et le guitariste s'amusaient en jouant, à se promener dans la salle, irrésistiblement attirés par le bar au fond. Sans doute, la Jupiler est meilleure que la Carlsberg. Quand à moi, j'ai préféré CHINCHILLA, peut-être moins heavy, mais plus lourd, plus marquant et plus aguerri.






Le temps passe, la pause s'impose. Des spectateurs venus uniquement pour DEMON tentent de poser un cul entre deux retours. Des technicos s'affairent, les bières coulent à flot. Fumée, light multicolores et apparaît un Matrix Man, tout de noir vêtu, portant un long manteau en cuir, une casquette et des lunettes de soleil. D'emblée, mon cerveau fait une filiation avec le chanteur de Saga voire celui de Queen. Mon voisin me prévient : le premier morceau, The Pleague est très prog..... Derrière Matrix Man/Dave Hill, un énorme batteur au look "j'ai une Harley-Davinson et tu n'y touches pas même avec les yeux" (John Cotterill), se coince entre ses toms et le mur. Un tout jeune clavier (comparé aux autres) ouvre le bal. Une intro prog détournée vers d'autres cieux par une batterie frappée lourdement et on est parti pour 1H30 de bon vieux hard-rock des années 80 oscillant entre des riffs seventies et des sons plus métal. L'ensemble est servi par un chanteur de qualité mais tombant parfois dans des tonalités caractéristiques du hardrock FM (sur scène, ça passe, sur CD, j'ai un peu peur). Les deux guitaristes, Steeve Brooks et Ray Walmsley, enchaînent solos sur solos pour le plus grand plaisir des oreilles. Le clavier (Ducan Hamsell), tout nouveau, est parfois un peu perdu, mais ses nappes de synthé qui envahissent la scène comme la fumée, pèsent lourd dans la cohésion des morceaux. Quand au chanteur, il passe son temps à faire des mimiques et des grimaces quand il ne va pas embêter ses petits copains qui s'appliquent. Tout est bien léché et l'ensemble donne un très bon hard eighties pour ceux qui aiment ce genre. Cet aspect néanmoins un peu fossile, parfois répétitif, est heureusement atténué avec des morceaux récents comme Spaced out Monkey qui flirte avec le néo métal. Les puristes hurlent,  mais ils ne sont pas si mauvais donnant même de délicieuses sensations et surtout rompent avec une certaine monotonie naissante. Il est déjà 0h30, le public peine à sortir de l'enfer de DEMON, TAD MOROSE et CHINCHILLA pour affronter une autre tempête, celle de la nature outragée. Noirceur d'une nuit sans lune, pluie et grand vent nous attendaient pour essayer de nous refroidir. Raté, le lendemain, tout était encore intact dans la tête.

Set-List : The plague / Writings on the Wall / Wonderland / Never Saw it coming / Dreamtime / Madman / Into the nightmare / Streetwise Cowboy / Let me out of Here / Blackheath / Don't Break the circle / One Helluva Night
Rappels : 1 - Spaced out Monkey / Night of the Demon. 2 - Remembrance Day (Life on the Wire est inscrit sur la set-lis mais ne fut pas joué)


Ah j'oubliais : bravo pour le light show, le gars de Francis est vraiment au top.





Frédéric Loridant / PhotoRock © 2002
Tous droits réservés