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MONROE est MORTE
Lille, Le Dracir, le 19 janvier 2007
MONROE est MORTE ! Non ça ne se passait pas le 5 août 1962
au petit matin mais le 19 janvier, quand la ville dort, au Dracir à
Lille à des milliers de kilomètres de la Cité des Anges. Aucune
blonde voluptueuse en vue, rien que des mecs qui à la place du
Chanel n°5 étaient dotés d'instruments destinés à nous asperger de
fragances soniques. Mais difficile de dormir avec quoique
qu'aujourd'hui, je doute que la Monroe, la vraie, sente encore le
n°5 !
L'endroit est bondé, la scène, si on peut parler de scène, est tout
au fond, presque inaccessible et totalement invisible si on n'est
pas au premier rang par ailleurs déjà blindé par le cameraman et
d'autres photographes dont une Eve brune à en oublier Marylin.
Palliant le côté inaccessible de la scène, une vidéo diffusée sur
grand écran permettait aux piliers du zinc et aux autres de suivre
avec un différé de quelques milli-secondes ce qui se passait dans
l'alcôve. MONROE est MORTE ne m'est pas tout à fait inconnu.
Un BLACK BOMB A au chant (un autre au bar), un FOR YOUR
MOMMY à la basse, un gratteux, champion de guitare classique,
un autre que j'ai déjà croisé quelque part et un batteur sorti de
je ne sais où. Un saut sur my space (du néocon Murdoch) m'avait
permis d'écouter leur zique, sorte de néo-pop légèrement rock, bien
faite mais manquant furieusement de peps, bref un truc qui ne
m'aurait pas attiré au Dracir... Mais, bon, après (sept ans de)
réflexion(s), je tente. Troublez moi ce soir les MONROE est
MORTE... Disons le tout de suite, même si MONROE est
MORTE ne sera pas sur ma table de chevet, l'approche my space
n'est absolument pas représentative du concert que j'ai vu. Certes,
on y trouve toujours ce fond néo-pop mais le démon se réveille la
nuit et le rock revient en force balayant le saupoudrage acidulé.
En chair et en os, MONROE est MORTE se lâche et ne fait pas
dans la lingerie fine. Même six pieds sous terre, la Monroe version
2007 réveille les morts. La voix n'a rien à voir avec la
ritournelle pop sucrée et Poun, le propriétaire de l'organe vocal,
devient vite le roi de la piste, la première guitare se veut
agressive, l'autre distille ses solos en surimpression,
s'affranchissant des traditionnelles frimes virtuoses des hard
rockeux, néo-métalleux et consorts tandis que la section rythmique
laboure sans relâche. L'écoute my space doit vite être enterrée. Il
est temps que Marylin sorte de sa caisse pour venir mettre en ligne
du vrai MONROE est MORTE, ce ne serait que justice.
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