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DELUXE BROTHERS - The FINGER TIPS - MOTORAMA

Lille, La Malterie,

le 29 octobre 2005



Le week-end de la Toussaint s'annoncait et rien de tel qu'une bonne danse macabre pour les fêter, les saints ! Dans le monde du rock and roll il y en a une paire à béatifier, manque juste un pape, pas un tout en blanc intégriste mais un bien noir qui soulève des murmures de réprobations par les biens pensants, pour rattraper ce manque. Et pour respecter la tradition bi millénaire, une bonne vieille messe s'imposait. Celle de ce samedi de la 43ème semaine de l'année 2005 a été célébrée au sanctuaire de la Malterie par un fervent triumvirat composé des diacres DELUXE BROTHERS, des curés FINGER TIPS et des (grandes) prêtresses MOTORAMA. A minuit, la messe était dite et j'étais devenu bigot !

Dans le Valenciennois, à l'époque où les végétalines dansaient leur sabbat à la télé, on avait encore l'habitude le dimanche après la messe, de faire les frites au saindoux de cheval. C'était puissant et bien graisseux. Et bien, les DELUXE BROTHERS, c'est pareil, c'est vieux et gras mais ça galope comme un étalon dopé ! Le groupe fait dans le minimaliste, une gratte pré-Vatican II et une batterie sous élixir de messe cuvée spéciale Père Gaucher ! De la rencontre des deux sort un blues bien gras et bien frappé qui ne manque pas de vous coller à la peau comme cette putain de sueur qui colle les poils de mes aisselles. Bizarre, la température est montée d'un coup ! Des DELUXE BOLLER ne se cacheraient t-ils pas derrière les DELUXE BROTHERS ? Où est-ce un miracle annonçant quelques surprises divines ?

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La suite avec The FINGER TIPS, fit dans un rock plus classique tant sur le plan de la formation que de la zique, dans un rock qui s'en va retrouver ses racines. Cependant le groupe ne m'a pas semblé donner toute sa puissance de conversion. Dommage car les ziquos assurent un max. Sans doute le chanteur se sentait très à l'étroit dans la crypte, au moins dans le sens de la hauteur et les frôlements avec le plafond a du le rendre mal à l'aise. A voir donc dans une cathédrale !

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MOTORAMA ? Sur la petite scène s'agitent 2 filles, look halloween en avance, cheveux noirs, habits noirs et maquillage noir. Ces Befana annonçaient-elles déjà noël ? Sans doute car en enfants sages, nous avons eu droit à un très grand moment de rock and roll, ni vieux, ni punk, juste supersonique. Il y en avait autant pour les yeux que pour les oreilles. La batteuse n'a l'air de rien en dehors d'un look un tantinet goth, robe noire, maquillage prononcé noir aussi. Par contre derrière les fûts, le goth disparaît, la chauve souris s'envole sans doute effrayée par cette jeune femme à la bouche grande ouverte,prête à mordre comme un serpent, aux yeux noir profond injectés de sang et frappant la batterie plus puissamment qu'une sainte mère Denis. A droite, le calme semblait installé. Une sauvageonne bien campée sur ses bottes, robe noire également, chevelure noire révoltée cachant finalement un visage presque angélique, mais surtout armée d'une guitare, donnait le pendant à la drum' furie. A noter qu'un enfant de choeur armé d'une basse est venu le temps d'un chant, appuyer leur sainte parole électriques. Avec une sorcière munie de baguettes plus une autre qui avait troqué son balai pour une gratte à réaction et une rage démultipliée hautement contagieuse, le résultat ne pouvait que relever de la frénésie d'un sabbat noir réussi. Le charme (maléfique ?) opéra presque immédiatement sur le public au premier abord surpris. Très vite des danses rituelles firent trembler le sol de la sainte Malterie. Les MOTORAMA avaient convaincu, leur prosélytisme sonique portait ses fruits et il n'y avait plus que des convertis dans la salle.

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Il n'y a pas si longtemps que cela, un dominicain aurait essayé de nous embarquer vite fait vers le bûcher, mais nous sommes à l'aube du XXIème s., l'inquisition n'existe plus quoique... il y eu en Aragon le tristement célèbre Nicolas Eymerich, on a aujourd'hui en France un Nicolas S qui au moment du sabbat MOTORAMA, chassait d'autres feux, d'autres hérétiques et préparait ses bûchers.

Frédéric Loridant / Photorock © octobre 2005

Mél / Mail : f.loridant@photorock.com

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