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SKEW SISKIN - MOTORHEAD


Lille,
le Zénith, le 29 mai 2007

MOTORHEAD ! Voilà un concert qu'il ne fallait pas rater et quelques 5000 personnes sont venues ce 29 mai au Zénith de Lille, beaucoup de jeunes et un paquet de post quarantaine. Bien que je partage l'opinion que le rock and roll se passe dans les lieux obscurs et enfumés, voir une grand' messe, une consécration du rock and roll qui ne sent pas la naphtaline ne pouvait qu'être salutaire surtout quand c'est un grand prêtre, que dis-je, un dieu vivant qui vient célébrer une grand' messe au Zénith de Lille.

Le problème pour le Zénith et surtout son bar vient de la désaffection du public quand sur scène, la folie s'installe. Pour pallier ce manque à gagner, on se demande si SKEW SISKIN n'est pas venu en renfort. Le groupe emmené par Nina a lancé la soirée avec son métal bien fait sur une voix bien placée mais quelque part très convenu et sans surprise. Autant j'avais été surpris en bien au Spirit of 66, autant dans cette vaste salle qu'est le Zénith, SKEW SISKIN m'a moins convaincu avec son hard rock coincé entre LED ZEP et AC/DC. Mais ouvrir pour MOTORHEAD est un pari difficile et SKEW SISKIN l'a en partie relevé (ce n'est pas donné à le tout le monde d'égaler les GIRLSCHOOL). En partie seulement car le bar était plein, on y faisait la queue, on se serait cru à la poste un jour d'alloc et la bière coulait à flot. Comme quoi il y a des gens prévoyants.

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SKEW SISKIN SKEW SISKIN SKEW SISKIN SKEW SISKIN SKEW SISKIN

Trois chansons sans flash ! C'est habituel et très frustrant. Trois morceaux, c'est court et en plus, les photos ne peuvent être prises que de la fosse et vu la hauteur de la scène, les retours imposants et le recul quasi nul, sortir des images un peu fortes tient de l'exploit. Et quand en plus, le lighteux est comateux, que Lemmy et Phil Campbell , ne bougent pas beaucoup et que leur espace est resté durant tout le concert dans une pénombre enfumée, c'est encore plus difficile de sortir des images. Seul Mickey Dee baignait dans un jaune presque éblouissant sous l'énorme kakemono MOTORHEAD tapissant le fond de la scène. Aussi, désolé de m'avoir que des portraits mais bon, la plupart sont de Lemmy et je doute que les autres photographes aient beaucoup mieux. Quant à en prendre après les 3 titres autorisés, cela relevait de l'impossible en dehors de quelques vues d'ensemble et je doute que le résultat eut été meilleur. Finalement, ces contraintes m'ont permis d'assister pleinement à un concert de haute volée qui se résume parfaitement dans la célèbre phrase de Lemmy qui ouvre ses shows : We are Motörhead from England and we play rock and roll. Tout est dit ! Et comme leçon de rock and roll, elle fut magistrale avec une set-list atypique mélangeant morceaux peu connus, compos du dernier album et en final, les hymnes d'Aces of Spade et l'extraordinaire Overkill qui en laissa plus d'un sur place. Mais le power trio nous avait offert une plage acoustique (reposante ?), un pur blues joué à la gratte sèche par les acolytes de Lemmy tandis qu'il s'essayait avec succès à l'harmonica. Du coup, avec une telle célébration au rock and roll, le bar était vide, le seul veinard dans l'histoire était Phil Campbell qui avait aménagé sur son pied de micro un porte verre régulièrement alimenté en Strongbow (thanks Rockpixels). Et l'ayant vu de près, je puis vous assurer que ce n'était pas de la badoit. Le power trio frappe fort. Rien à dire sur Lemmy, il trône toujours, hiératique, sûr de lui et impose à sa basse avec ses gros doigts, un rythme d'enfer. Avec le temps, on aurait pu avoir un doute sur sa voix, que nenni, elle n'a rien perdu et pour ses oreilles, il devait bien entendre vu la taille des 2 retours à ses pieds. Enfin sa coquetterie sur la joue gauche, sans doute le siège de sa vitalité, est toujours aussi monstrueuse que sa musique. Campbell cartonnait au cidre et non au whisky et balançait des solos de tueurs que seuls les métalleux savent faire sans toutefois tomber dans l'excès chiant tandis que Mickey (Dee) s'éclatait en nous explosant avec sa double grosse caisse, jouant autant sur le plan horizontal que sur le plan vertical et chapeau pour le solo. Mais tout à une fin, on pouvait voir lors de la traditionnelle révérence, des sourires de satisfaction des 3 acolytes sous entendant "on leur en a foutu plein la gueule" face à quelques milliers aficionados convaincus que Lemmy a raison quand il dit que MOTORHEAD est le plus grand groupe de rock and roll du monde. Pour faciliter la descente, le retour à la réalité, le choix non innocent du grand Silver Machine d'HAWKWIND, nous ramena à des sources sans lesquelles MOTORHEAD n'aurait peut-être pas vu le jour.

Et pour la set-list, voir celle du concert d'Istres sur http://www.concertandco.com/artiste/motorhead/usine-istres/critique-concert-1-16718-17660.htm ; je ne sais pas si elle est exactement identique à celle de Lille mais elle est très proche en tout cas.

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Frédéric Loridant / Photorock.com 2007