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SOUL X - NO FLAG - GOJIRA
NASHVILLE PUSSY


Aulnoye-Aymeries, théâtre Léo Ferré, le 11/10/2003

Un théâtre, une vallée et une rivière, la Sambre, une ville qui essaie de se sortir de la glue du chômage et de la désindustrialisation forcée et des dieux barbares, bien vivants armés de guitares et d'un ensemble d'instruments iconoclastes dont les amplis, armes suprûmes, se plaisent à recracher le bruit, voilà pour le décor.

La ville s'appelle Aulnoye-Aymeries, le théâtre porte le nom de Léo Ferré, et le chômage est toujours présent, il est vrai que nous sommes à une centaine de kilomètres de Lille dans une région longtemps oubliée des démons technocrates qui ne savaient qu'y distribuer l'aumône.

Animant ce paysage, des hordes de chevelus ont envahi le temps d'un soir le théâtre pour y célébrer leurs dieux et déesses avides d'électricité, de gros sons, de bière et de formes harmonieuses Sex Drugs and Rock and Roll, voilà le chant qui s'élevait de ces armées qui se groupaient auprès d'une vaste scène inondée de lumière. Tous attendaient le premier sacrifice.



SOUL X

La primeur revînt à une escouade régionale, SOUL X que j'avais déjà croisé sous le nom de BLOODSHED dans l'arrière salle d'un défunt troquet, le Meelting. Armés de haches et de casse-têtes dont ils savent furieusement se servir, SOUL X fait dans un power métal ignorant la délicatesse et la subtilité, assommant un auditoire encore un peu endormi à cause de l'heure matinale (20h00) de la convocation à cette grand messe. Deux-trois morceaux réveillent les plus courageux qui se passant de café pour attaquer directement à la bière, commencent mécaniquement à sautiller sur place au rythme des boulets qui leur arrivent dans la tronche. La cérémonie commence bien fort et les femmes, ces petits bouts tout en rondeur, sont loin d'être les dernières à se jeter dans la mêlée.



Soul X

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Soul X



NO FLAG

Bref intermède, premier repos salutaire pour certains et NO FLAG déploie ses bannières. Travaillant l'airain et les lourds métaux au son d'une voix tendance néo sortie de la gorge d'un guerrier (hun ?), NO FLAG eut vite fait de mobiliser les troupes, de réduire la fosse aux détenteurs de décorations, ces pass magiques, à sa plus simple expression. Finis les instantanés de face à moins d'affronter les tumultueux combats qui font rage. Des pieds, des bras, parfois les corps associés volent vers la scène, écrasant le maximum de fidèles sur leur passage. NO FLAG harangue, enflamme ; des plus fous que d'autres escaladent l'aire sacrée et en sacrifice se jettent dans la foule en délire... On en peux plus, la machine refuse de s'essouffler et se sentant trop seul au pied de l'autel, NO FLAG invite ses fidèles à s'offrir en sacrifice aux dieux du métal. Ce ne sont plus que 5/6 personnes qui battent les planches mais une trentaine qui gesticule dans une ultime danse démoniaque... Les amplis s'arrêtent. Mes mains tremblent encore, gare aux flous.



No Flag

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No Flag




GOGIRA

Place aux créatures des profondeurs, à ces divinités souterraines qui ne sortent que la nuit tombée et se complaisent dans la pénombre. Des mugissement féroces martelés par des battements sourds éclatent soudain. l'armée des ombres est en marchent balayant tout sur son passage. Puissance, puissance et encore puissance, voilà les 3 règles qui conduisent la destinée de GOJIRA et personne ne si trompe ; respectueux des maîtres, les premières danses se font timides comme si les catéchumènes, face à leur dieux ou démons, n'osent pas perdre un son ou une image du miracle qui prend vie devant eux. Puis, la folie aidant, les transes recommencent pour ne plus s'arréter. Certains, plus hardis, s'aventurent au milieu des GOJIRA à leur risques et périls et se servent de l'aire sacrée pour s'envoler vers la foule où ils s'écrasent durement ; devenir dieu n'est pas donné à tout le monde... Et les plus forts n'étaient pas encore arrivés...



Gojira

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Gojira




NASHVILLE PUSSY

L�attente est longue. Dans le sanctuaire, les prêtres s'affairent. Des silhouettes auréolées se dessinent et se donnent enfin à une multitude hurlant NASVILLE NASVILLE... Dieux ou démons, 4 personnages appartenant au deux sexes attaquent, grattes en avant un show qui ne fut que rebondissements, provocations érotiques, quasi sexuelles des déesses sous l'oeil vigilant du grand maître et des gardes tout acquis à la défense de la sérénité de cette célébration. Malgré quelques fidèles trop avides de sensations et dégagés vite fait, tout se déroula sans accroc. Le set fut parfait, chaud, très chaud et nos déesses enflammèrent le corps et sans doute le pénis de plus d'un tandis que les filles se déchaînaient tentant d'imiter les attitudes ô combien chaleureuse des rockeuses se démenant sur scène. Sans atteindre le nirvana du concert d'Amiens ou le sommet de celui de Dour, ce concert fut à l'image des NASHVILLE : torride. On a eu droit aux traditionnelles libations (à la Kro, les temps sont durs), à la guitariste au soutif blindé (pas un fragment de téton ne fut vu et je peux vous dire que je suis bien placé pour voir) et aux seins trés généreux et aux déhanchements de la bassiste qui a une parfaite maîtrise du manche de sa 4 cordes. Les mâles n'en faisait pas moins ; je ne sais pas si les filles sentait monter en elle des bouffées de chaleur coquine, mais pendant que l'un bénissait la foule à la bière sous pression, l'autre s'en enfilait sans arrêt par peur de perdre ce précieux breuvage bénit. Le final fut à la hauteur de l'attente du public avec un solo aérien de la guitariste perchée sur un mur d'enceintes. Un dernier riff et s'en fut fini de cette nouvelle célébration des NASVILLE PUSSY. Apaisée, parfois hagarde, dépucelée, une bonne partie de la foule s'éclata sans heurt pendant que d'autres attendaient de pouvoir toucher leurs dieux. Sont -ils arrivés à leur fin, pour le savoir attendons la légende qui se racontera au coin d'une table, dans un troquet, face à une Kro bien sûr.



Nashville Pussy

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Nashville Pussy




Fabuleuse soirée, organisation sans faille, au moins cela prouve que des coeurs battent même à 100 bornes de la métropole qui une fois n'est pas coutume, s'est laissée distancer très largement.


Frédéric Loridant
octobre 2003
fred@photorock.com