The RASMUS

TOKYO SEX DESTRUCTION - NO ONE IS INNOCENT


Festival de BOURGES
22 0uest - 23 avril 2004


"Papa, The RASMUS passent à Bourges ! Tu pourras aller les voir et me ramener un CD, des photos ; c'est vachement bien et on l'entend tout le temps à la radio". Aie !!! Je ne connais pas mais j'avais les pires craintes. Voilà que le frère insiste, puis le cousin... Et en bon père, étant sur place à Bourges ce 23 avril 2004 avec un sésame magique, me voilà coincé dans la fosse avec plein d'autres photographes, la télé, face à des milliers d'ados hurlant et trépignant en attendant The RASMUS. Il fait étouffant, des corps inanimés sont évacués, pas de chance. La scène plonge dans le noir. Une clameur dépassant sans problème les 105db surgit. The RASMUS aussi. On les croirait sur un plateau de pop star. Un mignon s'égosille pendant que les gratteux s'appliquent tandis que le batteur est furieusement excité, gesticulant dans tous les sens. Chaque déhanchement provoque des malaises, une ambiance hystérique pareille à un play back des 2be3. Je ne sais plus ce qu'il est plus intéressant à photographier, sans doute les délires de la foule en chaleur, mais...

Trois chanson plus tard, nous devons évacuer la fosse. Ouf, je n'avais pas grand chose à faire face à ce groupe sorti sans doute du cerveau d'un producteur flairant l'argent facile. Du sous SUPERBUS, de la Star Ac finlandaise ! Mais l'ado-chanteur au bonnet (les autres font plutôt tapisserie) fait faillir les adolescentes, excite les adolescents. Dans un an on n'en reparle sans doute plus. The RASMUS m'apparaît comme un pur produit de la vision à court terme, celle d'un profit immédiat pour l'industrie du disque. Et dire qu'elle se plaint ! Au fait, je suis reparti sans CD mais je ne résiste pas au plaisir de diffuser ces images qui feront peut-être vibrer des fans.

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L'intermède The RASMUS fut épuisant mais le 22 (est-ouest) m'ouvrait ses portes. Le bar à 22h00 est encore accessible, endroit idéal pour y reprendre des forces au milieu d'une marée grandissante de post-ados venu visiblement en découdre avec NO ONE IS INNOCENT. Tu l'as dit, Man, personne est innocent sauf moi bien entendu avec des oreilles vierges, non encore atteintes par les Exocets de Kmar et ses acolytes. Mais avant, place à TOKYO SEX DESTRUCTION qui comme sont nom ne l'indique pas, est un combo rock-punk espagnol.

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L'Espagne, son huile de Bétique, ses castagnettes et ses danseuses de flamenco, la voilà devant moi au 22 Ouest. Mais en guise de danseuse, c'est plutôt à des taurillons que l'on a affaire. La chanteur a un look pop fashion Beatles, le batteur semble totalement hagard et les gratteux se cachent dans les ambiances rouges. Leur musique déménage bien, sent l'huile pimentée et le chanteur occupe la place de choix tant pour les yeux que pour les oreilles car libre de tout instrument, il a amplement l'occasion de s'égosiller et de s'éclater joyeusement ! Comme antipati ou comme amphét après les lénitifs The RASMUS, TOKYO SEX DESTRUCTION est parfait et se déguste comme une paella riche en fruits de mer.

Au 22 Est, les GHINZU, groupe belge à perruques afro attaquent. Pas convaincu, je fais un come back au 22 Ouest en attendant NO ONE IS INNOCENT ; je ne suis pas le seul, on se presse contre la scène. La tension monte. NO ONE IS INNOCENT déboule enfin sur scène. J'y reconnais sans problème Kmar, une boule de nerf au crâne rasé qui saute et chante ou fait les deux à la fois. La formation est nouvelle, seul Kmar est labelisé d'origine. La basse et la batterie reste un peu en retrait, au contraire, Shanka 777, le Shanka qui officie dans LYCOSIA, a la guitare se défonce autant que Kmar et c'est un plaisir auditif et visuel que de suivre leurs aventures scéniques acrobatiques et surtout complices. Beau mariage, le duo se complète admirablement dotant plus que les rois du rythme leur tissent un tapis épais propices à leurs multiples culbutes et cabrioles. Je ne suis pas fan de ce genre musical, ne connaissant d'ailleurs que quelques rares morceaux de NO ONE IS INNOCENT, mais ce soir, j'ai été bluffé, collé à la scène et pas seulement par les pogoteurs furieux qui s'éclatait derrière mon pauvre dos.

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NO ONE IS INNOCENT sur scène, c'est grand, c'est autre chose qu'un PLEYMO et c'est scéniquement, théâtralement plus fort d'après mes souvenirs, que les excellents WUNJO. Mais il se fait tard, confondant la batterie avec une piscine, Kmar sonna la fin du concert en plongeant littéralement dans la batterie, rendant du coup le batteur furieux, désolé de voir son bel instrument explosé en milles cymbales. Mauvaise humeur qui ne dura que l'instant de la surprise; il aida son chanteur leader groogy à se relever ; finalement, cette sortie supprimait l'obligatoire rappel après ce grand concert. La bière fraîche était à portée de main.

La suite ? Et bien, il n'y en a pas eu. Ayant eu le malheur de sortir un instant pour évacuer ma sueur, impossible de revenir même du côté des VIP. Le cerbère à l'entrée n'acceptait que les cartes rouges, je n'avais qu'une verte et une grise ! Zut, moi qui avait rencart au bar avec Shanka...

Frédéric Loridant
avril 2004

Frédéric Loridant ©2004