Photo Rock  





Le Grand Mix
Tourcoing, le 15/03/2002

Best view with I.E5 and highter
 

Punk, pour sûr, le préposé aux éclairages était un punk qui aime forcer sur le rouge. Le résultat était plus punk que la musique. 

Il n'y a pas encore de station Oberkampf sur les lignes de métro de la métropole lilloise. Aussi les 4 affreux d'OBERKAMPF ne se sont pas gênés pour graver profondément leur musique et leur nom sur les murs du Grand Mix à Tourcoing à deux pas de la station Colbert, nom il est vrai à consonance plus bourgeoise. A 21h, la très belle salle du Grand Mix était assez faiblement remplie lorsque TOXIC WASTE ouvrit le feu. Costauds les mecs ! Ils assurent même si leur compos me paraissent parfois gentilles pour du punk. Grosso modo, on sent bien les influences de leur ainés Oberkampf bien sûr, mais aussi les Starshooters et les autres cintrés (comme les compilés dans une nuit à l’Olympia bien avant que cette salle ne devienne Universale) avec parfois des refrains tendance Indochine un peu soupe, mais cela passe très bien. Quant aux messages….TOXIC WASTE m’aime visiblement pas Le Pen et Jean-Paulsky ce qui se comprend, mais autant aller au delà évitant ainsi de donner de l’importance à ces réacts qui dans leur genre sont punk aussi mais pas du bon côté. TOXIC WASTE, c’est du tout bon, du punk à la française (c’est à dire audible…) et surtout ils montrent que le no future craché par les ancêtres de 1977/78, n’est pas encore arrivé et que le mot d’ordre tient toujours.

La foule se fait plus dense, la bière coule à flot. Des crêtes sont apparues, bien belles, bien propres. Il y a aussi visiblement des anciens punk, sans crête ceux là. Leur look général en dit long sur leurs besoins et attentes. Leur présence est un bon présage. 

Le préposé aux lights aime toujours autant le rouge et manque singulièrement de pêche. On est toujours loin d’une quelconque explosion lumineuse. C’est durant ces réflexions rouges qu’OBERKAMPF attaque. Tout de suite, on sent qu’ils ont de la bouteille, qu’ils traînent encore leur rangers dans les lieux obscurs bruyants, qu’ils connaissent les planches. C’est très pro et malgré le style Punk Méchant aux influences manifestes de Sex Pistols, c’est audible et fichtrement bien fait.

Dans les
rouges ou la pénombre selon l’humeur du préposé, on distingue un Joe Hell au chapeau au centre de la scène. A sa droite, un guitariste qui rappelle parfois un des frères Young d’AC/DC dans la dégaine, à sa gauche, un bassiste concentré et derrière le batteur qui visiblement prend plaisir à martyriser ses fûts. En qualifiant leur rock de Punk Français, c’est tout dire. Pas de doute, le son des années 80 est là. OBERKAMPF me paraît tout à fait représentatif des expérimentations violentes des rockeurs français (où plutôt parisiens) non tombés dans la facilité Téléphone qui transpire dès leur deuxième album. De tête, je citerai Asphalt Jungle, Métal urbain voire Starshooter. Ca pulse fort et bien ; la rage est là et très vite, tout n’est qu’énergie. On se croirait au Bal des Ardents*, soirée Punk avant l’heure. Le guitariste laisse tomber la chemise et on se retrouve au musée des tatoués. Sur scène, ça gigote dans tous les sens, le bassiste tressaute mécaniquement. Dans la salle, ça pogote sec, la bière vole, les mecs aussi. Musique et non bruit et violence maîtrisée, voilà l’ambiance, le tout étant assaisonné de ketchup lumineux. OBERKAMPF se démarque quand même de ses grands frères français, OBERKAMPF et Joe Hell ont réussi à dompter le punk british pour le rendre écoutable et surtout revendicateur. A quand le maire de T…….g avec des cheveux verts ?

OBERKAMPF a réussi sans problème son retour ; on est loin du come back puant le fric de Bernie Bonvoisin et Trust même si musicalement, ils étaient au top. Comme dans les années quatre-vingt, le groupe de Joe Hell crie sa sincérité, veut rester indépendant, mais le punk existe t-il encore ? (ne parlons pas d’avenir avec les No Future comme cela s’est lu dans le canard local, la Voix du Nord) Pour l’éclairage, c’est sûr. Pour OBERKAMPF, c’est sûr aussi, Pour TOXIC WASTE, également. Pour le public de la salle, je n’en sais rien. rien de vraiment destroy, des crânes rasé tendance skin (plutôt
RED – fort heureusement), mais aussi des curieux, anciens jeunes bien établis maintenant, qui pogotaient dans le garage de leurs parents le samedi après-midi avant d’aller faire leurs devoirs. Ceux la, on ne les voit pas dans les concerts punks de la métropole et Dieu sait combien il y en a… ne surtout pas le dire à l’éclairagiste, le rouge, y-en a marre ! Mais quelle soirée ! Bravo le Grand Mix !!!



* : Au cours d’un bal masqué à la cour de Charles VI le 28 janvier 1393, plusieurs jeunes seigneurs, déguisés en sauvages, furent brûlés vifs accidentellement. Ils en pogotèrent de douleur.

 


TOXIC WASTE





OBERKAMPF






FrédéricLoridant ©2002