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Lille, Le Splendid
le 06 mars 2003.

Sortis de leurs forêts scandinaves, les trolls poilus et chevelus d'OPETH ont dressé campement pour une soirée au Splendid. Musicalement, OPETH, catalogué dans le Doom/Death métal propose des compos très riches en harmonie, en break de toutes sortes et en rebondissements décoiffants et déstabilisants. Somme toute, une musique qui caractérise les groupes de prog des seventies mais qui se rapproche également des constructions hardies du compositeur du XIXème s. GRIEG avec son extraordinaire « Dans l’antre de la Montagne ». La comparaison s'arrête là car le traitement affligé aux morceaux est purement métal, voire métal gothic avec des passages lancinants frappant sans relâche les crânes chevelus des métalleux présents dans la fosse aux supplices. Mais quels supplices ! Se prendre pendant 10/15mm sans interruption, le temps d'un morceau, les roulements lourds d'une basse batterie ou les griffes d'une rythmique abrasive traversée par des solos d'enfer sur lesquels la voix de Mike Akerfeldt se veut plus trash que mélodieuse, est une expérience assez singulière, quasi mystique voire religieuse.

Nul doute que le but d'Opeth venu des noires forêts du nord glacial, est d'envahir notre douce et riante France dans le but de la convertir à leur nouvelle religion. Sur le plan scénique, le fracas de leur propagande se résume à un martèlement ininterrompu de gros sons derrière lesquels nos quatre trolls, sûrs d'eux et conscients de leur écrasante supériorité, grimacent et secouent la crinière pour intimider les rares récalcitrants. Un barrage de lumières éclate en permanence derrière eux, les laissant dans la pénombre et rendant fous leur soldatesque qui veut en voir plus. Elle brandit sans cesse vers ses nouveaux prêtres, ses nouveaux dieux, des doigts et des poings, quand ce ne sont pas les cheveux qui se dressent en offrande. L'ambiance lumineuse frise les ténèbres et on devine parfois en demi teinte les forges rougeoyantes où sont fondus les cordes des grattes et les glaives des combattants.

Ce concert a pu être un cauchemar sans fin pour certains, une cérémonie initiatique pour d'autres ou une confirmation pour les plus fidèles. OPETH, malgré son statisme et son dépouillement scénique (sûr que les teutons auraient mis des statues….) a sans peine transformé un beau théâtre de quartier populaire, en un magnifique sanctuaire païen où bon nombre ont embrassé leur nouvelle croyance. Et ayant vaincu,  Mike Akerfeldt  ne put s'empêcher comme dans ses autres conquêtes d'ailleurs, de clamer à ses armées des ombres :

"You know what ? I m' happy".... (disait Droppy)

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Frédéric Loridant
mars 2003
fred@photorock.com
Frédéric Loridant ©2003