O.S.N.I.

Roubaix, La Condition Publique

le 29 juillet 2004


I'm only a woman but I can cry murmure Laetitia SHERIFF portée par une guitare diaphane à travers mes enceintes. J'ai gardé 39 images d'O.S.N.I., la voix de Laetitia les animent à cet instant et pourtant on est à mil lieues des déchirements O.S.N.I.aniques de Wendy, Naomi, Seb et Matthew qui lacèrent les images. Mais le mariage fonctionne quand même, repose l'esprit et rend plus lucide face au météore O.S.N.I. qui le temps d'une soirée hautement intellectuelle, a rajeuni, coloré une vaste nef de la Condition Publique. Mirage Lille 2004, je ne sais pas mais les piliers de la salle s'en souviennent sans doute encore.



Tout a commencé par une fausse info, O.S.N.I. à Roubaix le 27 juillet (c'était le 29), un appel sur la mailing liste Lille Rock, rapidement corrigé, il s'avère que c'est un concert privé pour une sauterie d'étudiants européens en architecture ! Bizarre comme impression de se retrouver avec les O.S.N.I. dans un vaste hall porté par des colonnes gothiques cubistes. Au loin, un conférencier débite très certainement des trucs intéressants en anglais, des tables occupent une partie de l'espace, les gens écoutent attentifs, nous on glande sans trop savoir ce qu'on fout dans cette galère européenne. Le conférencier tombe en panne ou a fini, je n'en sais rien je n'ai pas suivi. Les O.S.N.I. gravissent la scène bien que gravir soir un peu fort. La seule little star de la soirée, le Niko en chair et en os prend soin de ses protégés, accorde les grattes, alimente en bibine, bref, il s'affaire. La salle est pleine de vide, les étudiants ont disparu. Laetitia SHERIFF s'envole maintenant sur ...Binds...



Tout d'un coup, une attaque O.S.N.I.que surprend tout le monde ! Une sorte de balance où les amplis sont poussés à l'extrême, où les micros rougissent, où les guitares gémissent et hurlent sous les pincements sadiques de Seb et Mattew. Ça gueule, ça vrille, ça transperce, le concert est commencé. Seb attaque au chant, la pretty Wendy le remplace dans des délires avec sa voix cat women qui ferait jaillir des étincelles d'envie dans les yeux de JeanPolSky. Les étudiants rappliquent, écarquillent les yeux, dévorent le balconnet de Wendy, louchent sur le jeu de jambe de Noami et entraînés par les hurlements de chattes et les griffes des guitares, laissent leur corps parler de lui même. L'ancienne cathédrale de l'industrie a de la peine à absorber le trop plein d'énergie ; elle crie sous les riffs, soupire sous les coups de boutoirs des maîtresses du rythme et tremble devant la voix de pussy cat.

Sur scène, la vitesse de croisière semble atteinte, les corps ont pris le rythme, d'autres rejoignent le magma. C'était trop beau pour être vrai, des attaques venues des gratteux rompent l'apparente harmonie cartésienne et tout repart de plus belle... Jusqu'à Do you want to be my enemy entamé en duo par les power girls ... Plus besoin de basse et de batterie, les voix s'en chargent, Do you want to be my enemy, Do you... Impossible...















Un STOOGES termina leur attaque. Au loin Laetitia m'emplit l'esprit, I can cry, I'm able to cry...

juillet 2004

Frédéric Loridant ©2004