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ZERO WATT - OvO

Lille, La Malterie, le 21 septembre


Le mercredi, c'est logiquement la sortie ciné. Et bien pour ne pas faillir à ce rendez vous hebdomadaire, les promeneurs attardés qui sont entrés à la Malterie ont eu droit à leur séquence ciné avec ......... Mais les images soniquement animées défilant sur l'écran n'étaient qu'un appel destiné à faire sortir de leur tanière les dangereux ZERO WATT pour les attirer sur le tapis de la scène. Ce subterfuge dépassa toutes les espérances car comme le dit le vieil adage, un ZERO WATT peut en cacher un autre, ils laissèrent place non pas à un uovo, mais à un OvO tout court et tout aussi aventureux qu'eux.

"18 days around Arrington de Dyoniso Quartet" de Andréa Caccia ouvrait la soirée. Comme son nom l'indique, on a eu droit durant une petite heure à vivre 18 jours avec ce quartet de musique contemporaine qui réunit des fêlés du genre. Dix-huit jours c'est un peu long quand même surtout que la musique, quelque peu compliquée quand même, était finalement peu présente, réduite à quelques extraits laissant un peu sur sa faim. Outre la musique, le contenu même du documentaire était parfois peu abordable car sous-titré en italien ou en anglais, tout dépendait la langue parlée. Il fallait s'accrocher et jongler entre la lecture, l'écoute, l'image ou les trois. Tout cela sous-entend que je n'ai pas tout compris...

En un tour de main, l'écran laisse place à de gros amplis et des HP aux boomers taille XXL. Les ZERO WATT envahissent leur cage... Comme Attila, la légende les précède et à ma connaissance, rares sont ceux qui les ont vu en live, je pense même que sur Lille, leur seule sortie sans laisse se déroula dans les douves de la citadelle de Lille. Mais revenons à nos Attilas soniques, à cet infernal rouleau-compresseur [...qui...] ne devrait pas laisser la moindre Jupiler refleurir derrière lui (dixit le programme) Armés chacun d'une basse, ils ont pris un sadique plaisir de nous bombarder riffs plus détonnant les uns que les autres accouchant brutalement d'une sorte de subtil hardcore de barbares assoiffés n'ayant pas peur de manger des steaks hachés. Et pas de (sainte) Geneviève pour nous protéger... Après un rappel animal, ils disparurent ne laissant qu'un oeuf, une bombe sonore qui ne demandait qu'à éclore.

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L'oeuf rapidement réduit à l'état de bris laissa place à OvO, double créature flirtant avec des mondes bruitistes qui font dire à certains que ce n'est pas de la musique. On les présente comme une entreprise libre, bruitiste et théâtrale, bref comme un truc hors norme qui n'accédera à la FM que lorsque que ZERO WATT sera N°1 au top 50 avec son steak haché. Sur le tapis de la Malterie, OvO se matérialise en une sorte de moine masqué frappant dans un premier temps une batterie et une guitariste-chanteuse, masquée elle aussi, un tantinet vamp avec sa robe fendue et ses dessous rouges et noirs. Musicalement, je m'attendais à un truc équivalent à un Katrina ou un Rita force 5+, j'avais sans doute raison mais les expériences cinématosoniques et ZERO WATT avait bien aplani et défriché le terrain facilitant l'absorption à doses massives de sons venus d'ailleurs, de Milan en l'occurrence. Le concert se déroula en deux phases et ce choix s'est avéré excellent. La première fut la plus rock, la plus accessible et continuait la préparation des oreilles et des neurones aux expériences sonores entreprises dans la seconde. Leur "rock", j'ose employer ce terme faute de mieux, à deux instruments, batterie et guitare, a un côté hypnotique, déstructuré, empreint des expériences passées ou actuelles ; ça va des débordements hallucinés d'unPINK FLOYD* hardcore industriel période pré-Meddle, des chemins parallèles à ceux empruntés par un KAS PRODUCT à des compos où la voix devient tribale sur des rythmes fous en passant par des phases bruitistes stridentes sous la forme d'un concerto pour violon et pédales torturés de phiphenomena. Bien qu'hypnotique, répétitif, le duo en devient baroque et acceptable plus facilement par des oreilles non vraiment formées. C'est alors que la chanteuse-guitariste s'empara d'un archet et se servit de sa longue chevelure pour sortir des sons carrément venus d'ailleurs, peut-être une matérialisation audible des sensations ressenties par les neurones de cette femme-violon ou un voyage dans le monde industriel. Et la suite oscilla comme un métronome sous acide entre musique et bruitisme mêlant violon, voix et basse non pas jouée avec les doigts mais avec des baguettes, sans oublier des percussions diverses trouvées dans l'ossature même de la salle. Pour autant personne n'a fuit, le silence se faisait même à certains moments délicats. Au contraire, leurs expérimentations savantes, l'éclosion d'une musique inhabituelle dont la voix parfois donne le rythme, s'avale, se gobe sans problème pour peu que l'on ait envie de sortir des sentiers battus. N'en croyant d'ailleurs pas mes oreilles, l'écoute de leur CD le lendemain matin au petit déjeuné m'a conforté dans mon jugement. Seul mon dernier, Ulysse, six ans, n'avait pas l'air trop d'accord : "Papa, ta musique, elle est nulle". Déjà l'esprit de contradiction... Mais il est vrai qu'au petit déjeuner les BETES de SCENES sont plus faciles d'approche, mais c'est une autre chasse.

Juste un nom connu pour se raccrocher à quelque chose ; phénomène sonique sensible dans Ombra nel Ombra. Et en se laissant aller, on ressent aussi des ambiances à la KING CRIMSON (La Peste)... Mais pour rassurer les connaisseurs puriste qui doivent sans doute hurler avec ces rapprochements - suffit d'écouter -, rien du OVO de Peter GABRIEL en dehors du nom

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Septembre 2005

Frédéric Loridant / Photorock © 2005

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