Ozric Tentacles
au
VKclub
Bruxelles, le 27 avril 2002



Chers auditeurs, l'info vient de tomber ! La perturbation spacio-temporelle localisée dernièrement par nos astrologues égyptiens, se trouve à Bruxelles au VKclub en plein quartier méditerranéen et j'y suis... Une foule se presse à l'entrée du VK, des personnes paraissent attendre, désœuvrées. Je m'approche d'un chevelu tirant ostensiblement sur un mégot et l'aborde en lui demandant ce qu'il se passe, le pourquoi de cette foule. « OZRIC TENTACLES arrive » répond-t-il et « on attend que des places soient remises en vente car notre nanard de copain a oublié de nous en bloquer.... Quel gland.... » Bousculade devant une fenêtre qui s'ouvre. Les ultimes tickets s'arrachent, les derniers entrent.

A l'intérieur, le bar est bondé. Jupiler et les autres blondes s'occupent des assoiffés, j'en profite pour me faufiler dans le Lieu, dans l'antre noir où se pressent 7 à 800 personnes (?). Difficile de bouger, la masse est compacte. Un brouhaha dans lequel l'allemand, l'anglais, le flamand, le néerlandais et le français surnagent, remplissent les espaces restant pendant que planent au dessus les douces fumigations vertes de Marie-Jeanne. Tous attendent...

Le noir se fait de plus en plus dense, la foule commence à vibrer, des ombres s'agitent sur scène et en un éclair le vaisseau est parti. Nous voilà plongé dans un univers de fractales multicolores instables, vibrant aux rythmes hypnotiques délirants d'une musique venue d'ailleurs. Les aliens d'OZRIC TENTACLES, tant annoncés, tant attendus sont enfin arrivés. Ce n'est qu'un déferlement de vagues musicalo-lumineuses prenant le contrôle du corps et de l'esprit des pélerins ébahis et hébétés dont je fais maintenant partie. Tout n'est que transe, les moins bien préparés à cet apport brutal d'énergie sont évacués tant bien que mal vers l'arrière, le SAV de Darty faisant son possible pour les réintégrer dans ce run cosmique. Pas de répit, la foule semble de plus en plus compacte, elle est mouvante. La musique l'emmène dans de folles sarabandes. On gigote, on tremble, on hallucine. Les halos lumineux qui prennent vie sur scène s'immiscent par la vue au plus profond de votre esprit et enivrent les derniers neurones sains qui vous restent.

Allo la Terre, je ne vous reçois plus ! Tout s’emballe. Est-on attaqué ? Chers auditeurs, je ne contrôle plus rien. Les vu-mètres de mon nagra sont bloqués dans le rouge, ma boîte à image complètement défoncée voit vert, rouge, son temps de pose s’allonge, sa netteté se fait rare… Attention, tout s’accélère, je ne sais plus si j’ai encore une liaison… Le Temps n’est plus, Je lévite. Je suis au-dessus de la foule, Tout est noir, tout est rouge, tout est vert. Et, des flashs ininterrompus explosent derrière la scène. Ca n’arrête plus de monter, l’infini n’est plus loin, tout s’accélère. On arrive à l’Ultime Frontière…. je la sens ! Je vois l’Au Delà, c’est……………………………………………………………………………….

........la chute dans un trou noir. La rue me ramène à la voiture. Ma boîte à images est toujours là, le nagra s’est fondu dans ma mémoire. Finie la musique, disparus les aliens, évanouies les fractales. L’odeur des kebabs a triomphé de Marie-Jeanne, mais, j’en suis sûr, chers auditeurs, peu de choses me séparait de l’Ultime Frontière.









Frédéric Loridant ©2002