Photorock



Bavay, le 9 septembre 2003

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ROGER RAPEAU - DUDIN - DUBIANS

CARVING - LOS GUERILLEROS


Des rue barrées, un chapiteau, une scène et une sono, voilà ce qui trônait ce vendredi soir 19 septembre au carrefour de Paris à Bavay. Tout souriait à cette deuxième manifestation du Pat Rock, une aide efficace de la Municipalité et des Compagnons du Beaujolais, un plateau très intéressant, un coin buvette/sandwichs accessible et des forces de l'ordre (il en faut bien) discrètes et efficaces, fait digne d'être signalé. De plus le temps était au beau fixe et le public, venant essentiellement de la région proche (bien que des lillois ont été vus), s'était donné rendez vous en masse (1200 personnes) pour cette série de concerts dont le tarif d'entrée avait été fixé à 1€.

Restaient donc les groupes qui devaient face à cette manifestation sans faille sur le plan pratique être à la hauteur. Ils étaient cinq à l'affiche : ROGER RAPEAU, DUDINDUBIANS , CARVING et LOS GUERILLOS. Tous sans être des stars internationales, ils ont une grande habitude des concerts et ce 19 septembre restera dans les annales de l'histoire du rock régional comme une réussite sans pareil réunissant jeunes et moins jeunes dans un festival qui alliait sans peine fête populaire et rock and roll plus proche du space ou du punk que de Jenifer ou d'Hervé Villard (qui a fait aussi salle comble à Bavay un 14 juillet !)



ROGER RAPEAU

A cause de ma profession et de mes intervention sur le patrimoine bavaisien, on m'a souvent demandé si j'avais trouvé le Veau d'Or, légende tenace associée aux vestiges gallo-romains qui empiètent sur la ville. Et bien toujours pas ! Mais en ce début du troisième millénaire, j'ai découvert à Bavay un lapin et pas m'importe lequel, ROGER RAPEAU. A défaut d'imiter les playmettes de Playboy, ROGER se complait à faire de la ziqmu avec cuivres et tralala, chanteuse et tralalère dans une ambiance festive ska rock tendance MARCEL. Par contre, notre pauvre lapin a essuyé non pas des tirs de chasseurs, mais les réglages des lights et des différentes nuances possibles entre le rouge et le rouge, pas top pour Photorock qui essayait son nouveau joujou sensible comme par hasard aux saturations rouges ! Jouant avec ces flaques de sang continuelles, les premiers pogos déchirés et la reprise des refrains en chœur a vite fait prendre la mayonnaise tendance ketchup, restait à trouver des frites, pour la viande pas de souci, il y avait du lapin. Comme quoi, une première partie de qualité, ça paie.



Roger Rapeau

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Roger Rapeau


DUDIN

La scène s'éclaircit. Ce n'est plus ROGER RAPEAU et sa nombreuse portée qui fourmille dessus mais les trois DUDIN qui donnent l'impression d'être un peu perdus sur ces planches. Erreur, c'était juste pour avoir un peu plus de place qu'ils son trois car les DUDIN sautent dans tous les sens, cours, gesticulent, décollent et ont un immense besoin d'espace pour s'exprimer sous peine de se rencontrer en plein vol. Je ne les connaissais pas, j'avais juste entendu que les DUDIN dépotaient sur scène, emmenés par un rock bien français mais pas tendance pop mielleuse, ni engagé anti machin, ni nouvelle chanson française, du rock, rien du rock. Ne tenant pas à faire leurs bonds et leur rock dans leur coin, les DUDIN n'ont pas pu s'empêcher de contaminer le reste du chapiteau plus vite que la SRAS et le public prenait plaisir à sauter encore plus haut au rythme des riffs endiablés sans agressivité ce qui assez rares dans ces pogos non contrôlés.



Dudin

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Dudin



DUBIANS

Après ces déchaînements électriques, place aux envolées électriques (aussi) et fumeuses d'un fameux groupe d'électro-dub : les DUBIANS. Avant même que la musique commence à monter dans les airs, on était fixé sur l'ambiance. Un projo rayonnant éblouissant et des nappes de fumée continues envahissaient le chapiteau. Sur scène des ombres mouvantes se détachaient et ondulaient sur une musique on ne peut plus space. DUBIANS, c'est du la OZRIC TENTACLES, le côté heavy en moins et les ambiances musicales, visuelles (et olfactives) se dégageant du set, étaient propices à se laisser tomber dans une béatitude apaisante et régénérante. Un chant féminin, des danses presque lascives, une chaleur volcanique, des effets électroniques à la HAWKWIND, des percus world sans oublier les guitares, les scratches, il y a du monde sur scène pour envoûter l'auditoire qui planait à dix milles. Parfois, un morceau plus réggaiesant donnait une décharge nous transformant en pantin désarticulé et la venue du chanteur de CARVING enrichi encore par son talent cette musique surgie de l'immensité de l'espace.



Dubians

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Dubians



CARVING

Le rapide passage du chanteur fou de CARVING a donné un très léger avant goût de ce qui allait se passer après. Leur arrivé sur scène déchaîna la foule et les pogo bras tendus, commencèrent à l'instant même où les silhouettes des musiciens se détachaient péniblement dans la fumée colorée en jaune qui avait envahit la chapiteau. Quelle claque, outre un chanteur charismatique emmenant son public où il le voulait, les autre musiciens ne sont pas en reste, surtout le batteur qui en vrai maître, permet aux autres de s'éclater sans compter. Et pourtant cet élément essentiel était caché tout au fond, à peine à portée de mon télé qui traversait difficilement la fumée et le rouge. Les CARVING bien que relevant du même esprit indépendant, libre et underground que les DUBIANS, font à l'opposé. On est dans le punk, le post STOOGES et le chanteur rappelle parfois l'iguane. Il monopolise l'attention par toute ses frasques scéniques et ses interpellations continuelles. Ce fut un grand set, plus fort que celui d'Aulnoye où le public était un peu plus frileux. De plus, les musicos prenaient un plaisir malin à nous balancer des riffs en pleine poire, seuls les sauts des guitaristes se faisaient trop rare à cause de la (relative) exiguïté de la scène. Cela n'a pas du être facile de rester scotcher sur les planche pour ces énervés qui cherchaient la moindre occase à se libérer et piquer (par camaraderie bien sûr) la vedette au chanteur fou. C'est avec des groupes de cette trempe que le Rock and Roll ne perd pas son âme originelle.



Carving

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Carving


LOS GUERILLEROS

La nuit était déjà bien avancée et nous n'étions plus le 19 mais le 20 septembre quand les LOS GUERILLEROS, ces MINETOS DESPERADOS* mâles du ragga punk rock totale défonce, viennent jouer les Pancho Villa au Pat Rock. Iconoclastes, ils le sont. Faisant fie des normes établies, n'hésitant pas à mélanger sans distinction le rock, le reggae, le funk, le punk et se dotant d'un chanteur surexcité vivant sa musique, les LOS GUERILLEROS surprennent, dérangent et interpellent. On ne peut pas rester insensible à ces compos non qualifiables, hors normes ISO 9002, qui emmerdent les rock critiks souvent incapables de les traduire par des mots. La chaleur des couleurs, les fumerolles et les jaunes super nova qui saturent le capteur de mon canon, ne traduisent qu'imparfaitement l'ambiance mais donnent la température du concert. Dans le grand nord, la révolution rock est en marche. LOS GUERILLEROS en est un étendard.

* : De l'excellent dessinateur de BD  keupon Cromwell. et du scénariste Ruffner chez Glénat



Los Guerilleros

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Los Guerilleros




Il était passé 3h00 quand Pat Rock daigna laisser la place aux fêtes du patrimoine. Les vieilles pierres reprennent le dessus. Elles ont plein de choses à raconter. Qui sait ? Le Pat Rock n'est peut-être que la continuation d'un festival datant de l'apogée du forum romain de Bavay/Bagacum ! Je ne désespère pas d'en retrouver des traces.


Frédéric Loridant
septembre 2003
fred@photorock.com