Photorock

GUERILLA POUBELLE
+ guest

MOUTHWASH
et ZEUDISCOMOBILE


Lille à la Pizzeria SOLEIL !, le 27/09/03

Des keupons en couleur, personne ne l'eût cru ! Et pourtant, c'est ce qui s'est passé ce 27 septembre à Lille dans l'arrière salle d'une pizzeria au nom éloquent « Pizzeria SOLEIL ». L'initiative de l'occupation temporaire de ce lieu revînt à WIZE and his Funcore School, sorte d'entité collective métamorphe à la Deep Space Nine tournée vers le fun et le core ou vers le en core plus de fun. Pour s'amuser, pas de DJ comme dans les boums, mais des groupes véritables, même des anglisches, fait de chair et de bière, armés de groupies, sans oublier les grattes et autres machines à bruits divers. Et pour s'assurer de la pérennité au moins virtuelle de la teuf, WIZE avait coincé Photorock avec des images des BETTERAVES récoltées comme les endives dans une cave à moins que ce ne soient les champignons de Paris. Pourtant, pas de BETTERAVES ! D'une part, je n'aime pas ces trucs rouges visqueux dans ma gamelle et d'autre part, ça fait quelques temps que celles qui nous intéressent, ont été données aux vaches. Pour les remplacer, pas de carottes (Roger RAPEAU les a bouffées), mais GUERILLA POUBELLE avec son décorateur attitré JOKOKO en personne. Afin de les soutenir et donner une dimension européenne à l'événement, les ZEU DISCOMOBILE de Douai et leur camerawoman et MOUTHWASH, des sujets d'Elisabeth et de Blair, pas de chance pour eux, étaient également là sans doute avec l'arrière pensée de pouvoir bouffer une pizza Soleil à l'œil. Enfin, n'oublions pas la presse clandestine, underground ou officielle qui prêche la bonne parole dans les fanzines (Pico Zine, bientôt un spécial keupons chez Presto etc). Mais trêves de blablas, place à la petite centaine d'esthètes surdopée aux riffs et aux pizzas qui furent vite pris de transes quelquefois non contrôlées.

Cliquer sur l'image pour accéder à la galerie

La foule en délire CNN Le pirate Une groupie Les keupons en action


L'arrivée des groupes fut tardive : les GUERILLA POUBELLE ont cassé leur poubelle à Dunkerque où ils se produisaient la veille avec les MOUTHWASH et les ZEU DISCOMOBILE avaient perdu leur chanteur probablement à cause d'une crevaison de BMX à moins qu'il ne fusse tombé dans les bras d'une gente dame. Ce sont les GUERILLA POUBELLE qui attaquent les premiers pendant que JOKOKO et un pote à lui, tout deux insensibles aux vagissements de TILL, complétaient les bras, les jambes et les autres pièces manquantes des corps exposés sur les murs.



GUERILLA POUBELLE + JOKOKO and co

Les GUERILLA POUBELLE sont l'émanation même des BETTERAVES. A se demander si ce ne sont pas les BETTERAVES qui jetées dans une poubelle, ne se sont pas révoltées. Des vrais Che Guevara des salles obscures, ces trois lascars. Teinté de ska, d'un bruit de fond de TELEPHONE sur des harmonies mélodieuses punk rock, leur musique ne se veut absolument pas sérieuse et c'est toute sa force. Les morceaux, courts, passent comme une pizza au four et pas besoin de chauffage pour faire oublier que l'on est en septembre. Avec un batteur assurant toutes les bêtises de ses compères (et coureur invétéré de jupons d'après ces mêmes compères - pas de chance, il n'y avait pas de jupons), un bassiste qui aime prendre son envol et un gratteux chanteur aux babils généreux, les GUERILLA POUBELLE ont permis le démarrage sur les chapeaux de roues de cette soirée. TELEPHONE ne fut d'ailleurs pas oublié avec un rappel du strike réussi à NYC un certain 11 septembre, mais pas de Corinne, juste un torse plat comme une planche à pizza.



Guerilla Poubelle

Cliquer sur l'image pour accéder à la galerie

Guerilla Poubelle



MOUTHWASH

Place aux étrangers avec MOUTHWASH du Commonwealth qui font dans le même style ska keupons mais en anglais avec un singer aux tendances néo (métal) dans l'allure. On n'a pas pigé grand-chose des textes, mais ça pogotait ferme dans la fosse surtout après l'invasion pacifisque d'iroquois non pas sorti d'un roman de James Fenimore COOPER (je sais, il fait dans les Mohicans, mais c'est presque pareil), mais de Douai ; on n'était pas censé le savoir. Et pendant tout ce rafut, JOKOKO graphitait toujours alors que d'autres cherchaient toujours l'Olivier, chanteur des ZEU DISCOMOBILE. MOUTHWASH est apparu plus sérieux ne sachant peut-être pas comment mener et dompter les furieux qui s'agitaient devant et qui ne comprenaient rien à ce qu'ils disaient Mais peu importe, la salle grondait, se déchaînait tentant de repousser ses murs. Peine perdue, le placo n'est pas extensible et ce sont les blessés, les fatigués, les curieux ou la tapisserie qui en fit les frais.



MOUTHWASH

Cliquer sur l'image pour accéder à la galerie

MOUTHWASH




ZEU DISCOMOBILE

Enfin, le chanteur de ZEU DISCOMOBILE fait son apparition. Impossible de le rater, il a une tête à conduire la ZEU DISCOMOBILE, cette sorte de machine à tubes à 3 têtes qui ne fait que dans la variété revue et corrigée selon les saintes lois du punk rock. La situation est rapidement devenue intenable, on bondissait dans tous les coins sur des chansons d'amour où l'on a rêvé d'elle avant que lui sortir que je t'aime. La télé engrangeait les images gavant la mémoire de son numérique avant que les batteries flanchent tandis que Photorock assurait toujours tant bien que mal au milieu d'un public devenu fou furieux. Et pourtant les sujets des ZEU DISCOMOBILE étaient graves : le SIDA, cette maladie d'amour qui court ou notre regrettée DOROTHEE, bannie honteusement des ondes mais qui retrouve son honneur perdu et peut-être sa virginité grâce à un medley effréné la faisant revivre un instant. Le final gagné à l'arraché fut l'apothéose de Simon, le beau batteur athlétique au coeur déjà pris, qui doit abandonner bientôt la ZEU DISCOMOBILE. Acclamé par le public, adulé par ses fans, il osa se lancer dans des solos de gratte à la hardeux tandis que les deux autres se partageaient la batterie et la basse. Ce fut tellement beau qu'il a fini couvert de roses pour le plus grand bonheur du vendeur ne s'attendant pas à ça. Un bémol ! Une nouvelle fois, le gratteux a cassé une corde et a du piquer la guitare des GUERILLA POUBELLE ; qu'on se le tienne pour dit, amenez des cordes avec vous si vous voulez voir un concert complet !



ZEU DISCOMOBILE

Cliquer sur l'image pour accéder à la galerie

ZEU DISCOMOBILE




Conclusion de cette Funcore Pizza Night : c'est dans les petites pizzas que l'on fait la meilleure soupe (de betteraves bien entendu). Pour la petite histoire, nos amis anglais furent les seuls à repartir avec une fille ! Les autres se payèrent WIZE...

Enfin, ceux qui sont venus doivent encore baigner dans une béatitude extatique en soignant leurs bleus pour certains et pourront clamer un fier « j'y étais », les autres n'auront que leur yeux pour pleurer.

Frédéric Loridant
septembre 2003
info@photorock.com