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GALAHAD - HIGH WHEEL - MAGENTA

Convention PROG RESISTE, Spirit of 66, Verviers, le 04/10/03

Et encore une fois, j'arrive en retard ! PLACKBAND est déjà retourné cultiver ses plates bandes et GALAHAD attaque ses derniers morceaux. On est loin des keupons des caves ou des arrières salles, on se trouve au SPIRIT of 66 pour le premier jour de la Convention Prog Résiste, la troisième du nom qui fait le plein d'un public quadras à tendance masculine bien que la gente féminine me parut mieux représentée qu'à l'habitude. Le nom des groupes et celui de l'organisation chantent que l'on entre ce soir dans le vaste monde du prog et toutes ses chapelles. Et en parlant de chapelles, on a eu droit au gratin du gratin. Outre les éminents représentants de Prog Résiste, la fanzine belge, on y croise aussi des free-lances d'Harmonie, des piliers de Koid'9 dont le photographe, les membres de Prog Nose etc. La presse alternative était bien représentée pour cet événement, pendant belge et automnal des festivals français de l'été (Prog Sud, Orthez et Crescendo).

L'Europe est également bien figurée avec ce premier soir, les nouvelles lunes avec PLACKBAND (NL), les teutons avec HIGH WHEEL (A) et les grosses b.... avec GALAHAD et MAGENTA (GB). La diversité des genres l'était également. On est passé d'un clone genesisien (GALAHAD)à de la pop prog à chant féminin (MAGENTA) sans oublier les constructions plus personnelles de PLACKBAND et la richesse nouvelle bien puissante d'HIGH WHEEL. Et me voilà donc dans la foule tentant d'accéder à la scène.




GALAHAD

PLACKBAND ne m'a pas manqué et je n'ai pas honte de l'avouer. Par contre GALAHAD sur les quelques morceaux entendus m'a plutôt fait bonne impression et j'aurais regretté de les rater. Bien que l'on sent constamment la ligne genesisienne derrière leur musique, GALAHAD ne nous ressert pas une copie servile, mais apporte une touche personnelle qui dégage leur musique de l'ennui du déjà entendu évitant ainsi les clichés surexploités. Finalement, quelques morceaux suffisent à se prendre au jeu et la scène n'était pas plongé dans un statisme à la suédoise... GALAHAD me rappelle furieusement les autres clones réussis mais éphémères que furent CLIFFHANGER ou CHANDELIER (p�riode Time Code).



Galahad

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Galahad



HIGH WHEEL

HIGH WHEEL a fait très fort et se dégage nettement du lot avec son prog bien puissant teinté de métal. Pas de doute, nos teutons ont encore pris de la bouteille et malgré des accroches aux prog seventies, ils arrivent à se démarquer proposant des constructions nouvelles même si au détour de quelques refrains ou solos, on retrouve avec plaisir des anciennes valeurs agréables aux oreilles. HIGH WHEEL n'est pas à tendance planante, c'est même, au contraire, un produit dopant pouvant plaire aussi bien aux métalleux par la puissance des riffs et la hargne du bassiste qu'aux progeux qui trouvent ici l'occasion de se secouer un peu sans se corrompre dans le monstreux métal, trop grossier à leur oreilles délicates. Ce fut un beau set avec plein de chose à voir et HIGH WHEEL parut même surpris de l'accueil. C'est sans conteste une bouffée d'oxygène dans les éprouvantes séries de clichés bombés de nostalgie genesisienne qui teintent une bonne part du prog actuel.



High Wheel

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High Wheel




MAGENTA

Le final revinnt à MAGENTA , formation anglaise basée sur un couple, la chanteuse et le clavier, ce dernier étant visiblement l'élément clef du groupe. Depuis les noces de Cana, on garde toujours le meilleur pour la fin et ici, dans cette troisième Convention Prog Résiste, ce n'est pas le cas, il faudra qu'il relisent les classiques. La voix et le look de la chanteuse sont très agréables, mais leur musique stagne presque en continue dans une pop, plus pop que prog où l'on sent les tonneaux de miel s'épandre. La touche prog est donnée par des passage pris (au hasard ?) dans la vaste palette prog qui va pour leurs références, de RENAISSANCE à PINK FLOYD en passant par YES. Et pour peut-être colorer le tout à moins qu'il ne s'agisse d'un souvenir d'enfance, un petit (trop petit) clin d'oeil aux WHO (live at Leeds) presque incongru. Bref, sympathique mais pas transcendantal, MAGENTA se laisse regarder, peut-être un peu moins écouter surtout leur final un peu gnangan. C'est à voir au moins une fois ne serait ce que pour le guitariste qui donnait un peu de vie à cette pop-prog-pop. Il s'agissait de leur première apparition sur le continent européen, je pourrais dire j'y étais mais je ne sais pas si je retournerai à la seconde s'il y en a une.



Magenta

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Magenta




Le bilan de cette première soirée est tout bon. Sans être des pointures novatrices et percutantes (sauf peut-être HIGH WHEEL qui est sous de nombreux aspects, défricheur), les groupes étaient d'excellentes factures et ont fait revivre le démon du prog enfoui au plus profond de certains. Prog Résiste a réussi son pari. Désormais, avec les recettes de la soirée, ce n'est plus de la Jupiler que l'on trouvera lors de leur réunion d'assos, mais de la Chimay...

Et félicitations aux lighteux

Frédéric Loridant
octobre 2003
fred@photorock.com