Photorock

ZEU DISCOMOBILE

AMIANTE

TOXIC WASTE

à
La Cave aux Poètes
le 14 mai 2003

La variété, la bonne, la vraie, celle de Céline Dion, Dorothée et autres stars qui ont fait la joie de nos jeunes années, a été célébrée en grande pompe ce mercredi dans la Cave aux Poètes par les DISCOMOBILE à grands coups de guitares saturées, de basse bien lourde et de batterie qui décoiffe. Tous ou presque ont été loués avec une grâce brouillonne et en fanfare malgré une guitare qui selon son serviteur ne donnait pas sa pleine puissance ! Plus fort que Raffarin et ses affligeantes raffarinades, nous avons eu droit à un véritable cours d'éducation civique punk avec de vraies questions comme un catholique pratiquant peut-il être tolérant tout en chantant heidi heido heida ? Mais le bouquet final, l'explosion totale, le feu d'artifice qui embrasa (mais pas comme GREAT WHITE), le doux ciel de la Cave aux Poètes, a été sans conteste la magnifique reprise d'un groupe culte qui trône au firmament : vous avez facilement reconnu IL ETAIT UNE FOIS. Oui j'ai encore rêvé d'elle et les draps s'en souviennent de ces grands coups de riffs bien gras (ça c'est pas très propre quand même, mais osons l'humour grivois). Le sanctuaire de la Cave aux Poètes s'en rappelle aussi, des images sont là pour témoigner.

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La suite dépassa toutes nos espérances. Les AMIANTE combos lillois aux deux chanteurs, prirent la place des grands prêtres de la Variété Française. Sûr d'eux, toisant un public qui se remettait à peine des skuds des ZEU DISCOMOBILE, ils attaquèrent très fort avec des compos bourrées d'énergie. Enfin, un groupe de punk qui dépasse allègrement les 3mm/3 accords et qui s'ose à de véritables compositions travaillées, une fois n'est pas coutume, sur la durée. En quelques minutes, les stars et ses grands prêtres sont balayés. Certains pensent à des Huns ravageant tout sur leur passage à force de riffs décapants et de grands cris ou hurlements destructeurs, d'autres se prennent à cette musique endiablée, à ces gesticulations dignes d'un bal des ardents et à toute cette rage qui s'exprime au travers d'énormes murs du son, mais du son contrôlé ! Et c'est cette maîtrise des attaques soniques qui fait toute la force d'AMIANTE. On sent les idées, la batterie déverse ses roulements sur lesquels les autres s'envolent, même le bassiste, planqué ou coincé au fond s'arrachait à ces rythmes pour voler de ses propres ailes. La guitare s'affiche pleinement keupon et les solos saturés répondent sans problème aux délires des deux chanteurs qui trouvent encore la force d'avoir de véritables conversations, hurlées il est vrai, mais pleines de rebondissements en tout genre. Et cerise sur le gâteau, ces barbares novateurs, ces sauvages venus de nulle part mais soniquement très présents, ces travailleurs forcenés des harmonies hyper speed, s'offrent le suprême luxe d'intégrer un sax qui délire au gré des humeurs de son maître, amplifiant les ambiances torturées sorties tout droit des cerveaux de ses congénères. Du Grand Art. Ce n'est plus du punk, on est bien au-delà, ses frontières sont largement enfoncées, éclatent de toutes parts sous les coups qui frappent juste. Il est grand temps que les AMIANTE sortent au grand jour, quittent leur masque à gaz et regardent la lumière. Du monde les attendent.

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Après ce tsunami force 10, après l'AMIANTE ravageuse, on resta dans le post nucléaire avec les TOXIC WASTE, groupe de punk rock qui ne fait que bonifier au fil des concerts. Je les avais trouvés un peu timorés à Tourcoing, mais ils ouvraient la route à la grosse machine OBERKAMPF, ce soir, ils ont aspiré le peu d'énergie qui me restait avec des titres super bien rôdés et des refrains en français qui clouent sur place ! En plus ils ont la rock attitude dans le sang. Les successions de riffs et de solos sont solidement épaulés par le duo d'enfer basse/batterie qui toujours présent, s'amuse à parfois à prendre tout le monde à contre pied  et re-balance dans les enceintes une solide dose d'énergie à peine contenu. Quelques décibels de plus et c'est la cave qui implosait. TOXIC WASTE porte bien son nom, une fois contaminé, c'est pour la vie.

Pas de doute, ce mercredi, jour des enfants, on a fait dans la Poésie et pas m'importe laquelle, celle des poètes maudits, mais à la différence de Beaudelaire and co, ZEU DISCOMOBILE, AMIANTE et TOXIC WASTE, le couvercle, ils l'ont fait sauter !

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Frédéric Loridant
mai 2003

Frédéric Loridant ©2003