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21 et 22 septembre 2002 (Raismes)

Ice Cake – Voodoo Smile – K.O.B. - S.U.P. – Pain of Salvation – Edguy
Fifty One’s – Stocks – Ange


Pluie de décibels, pluie de lumières, pluie parfois mouillante également, et malgré cette dernière (qui a eu la bonne idée de tomber entre les groupes le deuxième jour) ce 5ème RaismesFest est un succès complet. Pourtant l’affiche était surprenante, le samedi était franchement métal et dérivés, la seconde offrait du Hard, du Rock Sudiste et du Ange.

Tout commence sous le soleil avec ICE CAKE (12 photos – 12 pics) , combo français qui sans être original chauffa sans problème un public tout acquis à ce métal teinté de Korn pour sa violence, alternant rythmiques impaires et breaks dans des compositions fleurant bon Dream Theater, Van den Plas et autres masters du prog métal plus prog que métal. La suite avec VOODOO SMILE (14 photos – 14 pics) fut du même acabit avec une tendance plus hard aux effluves Van Halen (pour le guitariste) qui firent mijoter le public sans l’assommer totalement. Les suivants allaient s’en charger…

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Une tête rasée, un perfecto, un futal noir et des écrases-merdes habillent un petit nerveux rasé qui brutalise son micro dès ses premiers éclats de voix. Cette rage, cette énergie, c’est K.O.B. (17 photos – 17 pics) à l’attaque. L’accompagnant, au fond, un bassiste chevelu et des gratteux habiles de leurs dix doigts. La masse sonore crachée par les murs d’enceintes met tout de suite à l’aise ou achève les fragiles. C’est du hard rock, du bon, du pur et puissant. Pas un hard rock filasse et monolithique destinée aux vierges faisant semblant de s’encanailler, mais des putains de morceaux bien construits, plein d’invention et de variété dans des plans qui se succèdent sans relâche. Le tout accélérant sur un route taillée sans peine par le rouleau compresseur bien rôdé basse batterie. En plus, ces compos sont bien servies. Le coffre du rockeur de chanteur fait merveille. Il s’impose dans la Musique, la séduit parfois, l’outrage souvent. Mais, arrivant en sauveur, le guitariste répond sans peine à ces agressions vocales continuelles en balançant des boeings par paire (les skuds sont passés de mode). Le résultat : explosif, un moment fort du 5ème Raismesfest ! Avec K.O.B. la cuisson est saignante !

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La nuit tombe, la lune est pleine (il n’y avait pas qu’elle) et c’est le solstice d’hiver. L’environnement est propice aux ambiances religieuses et noires et coïncidence ou cerise sur la gâteau, les prêtres noirs de S.U.P. (16 photos – 16 pics) (Spherical Unit Provided), double pédale de grosse caisse en avant, envahissent la scène. Le guttural black prend possession des lieux. Les roulements sourds, les aigus stridents des six cordes et une voix sortie d’outre tombe n’arrêtent plus, écrasent un public déjà mis à mal et déchiré par K.O.B. . A force, on est obliger d’y croire ou de s’enfuir car difficile de résister à prosélytisme sans mesure…

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La nuit est totalement noire, les démons sont toutefois partis grâce à (la) PAIN of SALVATION (16 photos – 16 pics) groupe de la scène suédoise en pleine ascension avec leur (excellent) dernier album (Remedy Lane). L’intro attaque très fort avec des titres de leur dernier album visiblement bien connu du public. Après cet excellent passage, ils plongèrent dans leurs précédents albums, alignant des morceaux à tendance heavy fortement appuyée plutôt que se lancer dans les belles constructions hardies du dernier opus. Certains ont pu être un peu déçus, mais les autres, l’immense majorité, apprécia les versions musclées en acier trempé de nos suédois. Néanmoins, comparé à K.O.B. ou aux ambiances volontairement malsaines de S.U.P. , PAIN of SALVATION m’a paru scéniquement un peu mou, un peu effacé et n’a pas fait le poids (scéniquement j’entends) avec la machine de guerre teutonne, l’armée de Mandrake conduite par EDGUY (20 photos – 20 pics) qui trépignait dans le back-stage.

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Dernier concert d’une tournée monstrueuse qui devrait accoucher d’un double CD live, les gobelins d’ EDGUY avaient visiblement plaisir à se produire devant un public tout acquis à leur cause. Et plutôt que de stagner dans leur crypte en carton pâte avec Mandrake, le chanteur, Tobias, s’activa à enflammer le public tandis que les autres le bourraient à grands coups de riffs ou l’écrasaient sous les grondement sourds de la double grosse caisse et de la 4 cordes. Impossible de ne pas faire le jeux de ces gobelins transgéniques tout droit sortis d’un décor d’Ed Wood. A se demander si EDGUY n’avait pas besoin des cris, des hurlements et des applaudissements d’un public devenu presque hystérique pour boucler le double live. Qui sait ? Ce sera la surprise 2003. Sur le plan musical, on ne peut pas se tromper, c’est du teuton à l’image des Chinchilla, Van den Plas et autres trolls sortis de la forêt Noire ou des marécages du Rhin. La finesse n’est pas souvent de mise pour cette horde, mais sans nul doute, le show est bien rôdé et les gobelins de Mandrake ont montré toute leur efficacité tant sur le plan musical (rien à dire même si on n’aime pas) que sur le plan scénique.

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C’est sous un temps variable que commence la seconde journée du festival : averses alternaient soleil, parapluies succédaient aux lunettes de soleil ou l’inverse. C’est 51’s ( FIFTY ONE’ S (17 photos – 17 pics) en prononçant à l’anglaise) qui ouvre le feu. Contrairement au pastis qui invite à la farniente, le hard rock de 51’s donne plutôt envie de bouger. Tant mieux car il faisait plutôt frisquet quand le soleil se voilait la face derrière cette pluie de décibels. Carré, sans surprise, FIFTY ONE’ S fait dans un hard rock de bon aloi, avec ses longs solos de guitare et ses refrains tombant à pic. C’est du bon, du bon, du dubonnet anisé. Cela ne devait pas trop déplaire au public beaucoup moins " métal " que la veille et en grande partie venu pour STOCKS (22 photos – 22 pics) et pour ANGE (15 photos - 15 pics) , mais en grande partie " imbibé " ! FIFTY ONE’ S s’offrit même le luxe en final de reprendre à leur manière Help des Beatles n’ayant pas peur d’apparaître iconoclaste devant ce public dont une bonne partie a vécu l’épopée des 4 garçons dans le vent. C’était aussi bon qu’un vrai 51© parole d’imbibé.

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Ce clin d’œil au passé, au siècle dernier, était parfait pour annoncer l’arrivée de STOCKS , groupe de rock sudiste américain mais purement nordiste. Comme quoi, les ricains envahissent tout ! Heureusement, pas de drapeau, mais un rock bien solide, une basse bien sonnante, une batterie bien frappée et des solos de gratte comme on les aime. Il n’y a pas que le son, on a l’image aussi et pour cela Christophe Marquy sait y faire. Le plus de STOCKS par rapport aux clones étrangers est le chant en français pas trop niais. C’est bien fait, c’est efficace mais c’est pas très nouveau. A que ça du plaire à Johnny dont ils vont faire la premier partie en juillet prochain.

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Le final de ce festival Raismesfest 2002 revînt à ANGE . Encore ! Ont du se dire certains mais un habitué comme moi a franchement été surpris par ce show qui prélude le Zénith parisien d’octobre. On retrouve toujours la formation initiale groupée autour du Sage Christian avec la nouvelle venue, Caroline, qui depuis la sortie du Culinaire lingus, arpente les planches avec le groupe. Autant à Cambrai , son apparition était timide, autant à Raismes, sa présence scénique était très forte. A tel point qu’un journal people n’hésiterait pas à titrer :

" Le captain' passe t-il la barre ? "

A se demander si des changements ne se profilent pas à l’horizon avec cette nouvelle recrue de valeur présentée par Christian comme faisant partie intégrante des Angelots. Une bonne partie du show tourna autour de Culinaire lingus avec des duos mémorables entre le Sage et la diablesse Caroline qui n’hésita pas à troquer sa tenue de Caroline Ingalls© pour des ensembles moulants très ouverts beaucoup plus convaincants. La ripaille et le sexe ont du bon, le public s’en est mis plein les babines, les yeux et les oreilles. Ne manquaient que le toucher et les parfums. Le groupe y a gagné en cohésion, les solos solitaires d’Hassan ou de Tristan ne donnent plus ce sentiment d’individualisme qui suintait parfois. Ils s’intègrent parfaitement dans les compos pour le plus grand plaisir des yeux et des oreilles. La belle brune y est elle pour quelque chose ? Il est vrai qu’un peu de féminité (fortement affirmée par rapport à Cambrai) transforme, modèle et adoucit ces jeunes Angeloups qui pourtant n’ont plus rien à prouver : ce sont des Grands maintenant même si l’ombre du Sage plane en permanence sur le bon déroulement du concert. Plus de trente ans après, ANGE arrive à surprendre. En cette période d’uniformisation musicale, ces phénomènes, ces freaks hexagonaux montrent avec force, que la Musique et le Rock existent encore. Ce soir, plus d’un a mis sa bedaine aux confins des cieux pendant que Vénus s’envoyait en l’air avec ses sœurs, les étoiles…

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Frédéric Loridant

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Frédéric Loridant ©2002