Retour à Photorock
Retour / Back

RAMSES

au festival
Festival Rock la Pop Web Site
le 21/11/2002

Explosion finale de la première soirée du Festival Rock la Pop 2002, RAMSES est arrivé sur les planches avec une heure de retard à cause d’une rampe de lights défaillante. L’attente fut longue, mais très vite dès les premières secondes du concert toute l’importance de la lumière sauta au yeux. La scène était plongée dans une noirceur inquiétante, traversée continuellement de faisceaux colorés qui venaient se perdre dans une fumée dense d’où surgissaient des personnages fantomatiques.

RAMSES est ce nom éternel associé aux splendeurs de l’Egypte antique, aux lumières de cette vallée bénie des dieux. Et pourtant, ce n’est pas ce RAMSES triomphant qui arpentait les planches ce soir, mais celui qui repose dans son tombeau creusé à même la montagne, là où la pâle lueur des lampes à huile fait apparaître dans le noir absolu des flashs colorés surgissant des fresques murales, de ce Livre des Morts décorant le chevet de RAMSES.

Plus de trente siècles après, qu'en reste t-il ?

Peut-être cette bande, cette association, ce groupe de musiciens hors pair et hors norme qui se plaisent et contribuent à entretenir le mystère, à empêcher toute intrusion dans leur monde soigneusement protégé par une obscurité opaque. Sont ils des âmes perdues faisant face au grand tribunal des dieux présidé par Osiris ? Ou plutôt, ne sont ils pas comme Pink de The Wall, devant un mur au pied duquel se trouve le tribunal de leur esprit ? Difficile de trouver son chemin dans cette pénombre entretenue volontairement. Les voies de RAMSES sont impénétrables.

Le chanteur accroché à son pied de micro comme un Lou Reed jeune, accentue encore ces impressions bizarres. La musique, la voix rappellent un peu un Bashung torturé ou un Thiéfaine dévoré par son Alligator 427. Elle fait appel à des serviteurs zélés et inventifs qui n’hésitent pas à faire entrer dans ce monde des instruments colorés - trompette, accordéon, banjo - qui accentuent encore cette atmosphère indéfinissable qui me colle à la peau.

Impossible de rester insensible face à ce torrent d’énergie puisée du côté obscur de la musique. On déteste ou on prend son pied. J’ai pris mon pied ! Et ces quelques images arrachées aux ténèbres ne sont qu’un infime reflet de ce qui vous attend si comme un Carter, vous osez pénétrer dans la demeure éternelle d’un Toutankhamon ou mieux d’un RAMSES.

cliquer sur l'image - click on the pic









Frédéric Loridant
Novembre 2002
fred@photorock.com
Frédéric Loridant ©2002