ZEUDISCOMOBILE - Les BËTES de SCENES

Didier SUPER - BAM - ONIX


festival RECIDIVE
Marchiennes, le 7 février


RECIDIVE récidive pour la 3ème fois ! Il s'agit d'un petit festival coincé entre Lille et Valenciennes plus précisément dans la sympathique ville de Marchiennes qui compte outre ses monuments historiques, de belles brochettes de métalleux aux tee-shirts aux effigies de SLIPKNOT ou autres trucs death bien gras. Pas de chance, il n'y avait pas de métal à l'affiche de RECIDIVE mais l'entrée n'était que d'un euro pour 5 groupes et pas des moindres pour au moins 3 d'entres eux, Didier SUPER, Les BËTES de SCENE et ZEUDISCOMOBILE de pointures nationales, au moins dans l'underground national J. Les deux autres, les pop rockeux d'ONIX et les keupons à forte représentation féminine, les BAM (dans ta gueule), de taille plus modeste ont assuré leur place dans RECIDIVE avec un succès dépassant sans doute leur espérance malgré un public plutôt acquis à la cause des guitares heavy et des voix de morts vivants.

C'est à ONIX que revient l'honneur d'ouvrir RECIDIVE. ONIX est une formation locale qui ne fait pas dans le métal bourrin (étonnant), mais plutôt dans une pop rock où se mêlent des reprise et des compos plus originales.

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Le groupe est jeune et son inexpérience de la scène se ressent fortement ; on a l'impression qu'il ne se donne pas comme un moteur de mob bridé. L'énergie a du mal a passer et le solo technique final du gratteux à la Hôtel California peine à faire oublier cette retenue.

Avec les keupons/pettes de BAM, la scène commence à vivre. BAM (dans la gueule) s'offre quand même le luxe de m'avoir que deux mois d'existence mais un set d'une demi-heure qui tient la route même si la reprise des DISTILLERS était dispensable à mon avis. BAM est avant tout un noyau énergique formé par les deux chanteurs ou plutôt, une rythmique chanteuse, GYPSY et un chanteur hurleur accompagné d'un guitariste et d'un bassiste plus pop que punk et d'une batteuse, the GYPSY's Sister liaisonnant tous ces électrons.

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Avec BAM, on plonge dans un punk rock fait d'échos des 80's saucés de saturations en tout genre, fouetté par GYPSY ROSE la chanteuse et tronçonné par son comparse hurleur. Bien que sentant la petite enfance, il n'en faudra pas beaucoup à BAM pour aller conquérir les caves de la capitale régionale, une crête pour le gratteux et des cheveux en rose, couleur officielle du groupe, pour le bassiste.

La suite tient de la fête populaire humoristique. Didier SUPER, fils de Monsieur et Madame Super de Douai sur Scarpe, se fait fort de nous emmener dans des ballades keupons humoristiques avec sa fidèle guitare. Pas besoin de lumière, Didier SUPER se refuse de briller sous les projo, de simples néons suffisent largement. On entre dans le jeu facilement en se laissant emporter par le personnage, ses mimiques et ses riffs mais plus d'un, chez les intellectuels sans doute, se sont demandés par la suite, dans quelle galère il s'étaient embarqués tant l'expérience leur paraissait décalée? Remise en question qui ne nuit en rien au show car malgré le refus de Didier SUPER de briller sous les projo de la rampe, Didier SUPER, c'est un PUSTULE l'ARDECHOIS du nord, bref c'est super ! (facile)

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La salle est de nouveau plongée dans la pénombre, Eve la panthère blonde et Arnaud le barbare s'agitent sur scène ; la tension monte, les bas d'Eve tombent, le tee shirt d'Arnaud aussi. Trois roulements, le rideau s'entre'ouvre et l'Eve femme panthère arrive armée de sa basse dans un grondement d'ampli qui se surimpose aux roulement sourds de la batterie. Les BËTES de SCENE attaquent sous le regard surpris des métalleux présents. Franchement à l'aise dans leur jungle sonique, nos deux BËTES de SCENE prennent un plaisir évident à se laisser aller dans un hardcore qui flirte autant avec le punk, MOTORHEAD, les seventies et la pop amphétaminée du Petit Déjeuner. Et s'il n' y avait que le plaisir sonique, et non nos BËTES de SCENE se jouent des lumières pourtant fixes, exploitant comme des félins les moindres variations de rouge ou de vert, provoquent le public à coup de regards langoureux ou de feulements bestiaux accompagnés de vrilles de cymbales, le clouant sur place, regard médusé, espérant dans les regards appuyés de la belle blonde et n'osant pas bouger, se taisant même, fait remarquable de sa part !

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Après l'envol d'un Fred Toucan, les BËTES de SCENE se replient, gagnent leur tanière et laissent un public médusé à ses bières, encore étonné de ce retour au monde sauvage ! Derrière la scène, les BËTES de SCENE se font humaines, deviennent rose et verte et dansent sur les bombes de ZEUDISCOMOBILE qui éclatent au delà du rideau.

Didier SUPER ne nous avait pas tout montré ! Il RECIDIVE avec un binôme rythmique dans des parodies de chansons françaises à faire blanchir les os de Guy Lux de rage, à donner des boutons à Danièle Gilbert malgré sa croix du nord ou à faire tourner à l'aigre les préparations naturello-commerciales du docteur Rika Zaraï.

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En résumé, la définition de ZEUDISCOMOBILE dans le dictionnaire de l'académie pourrait être si le couple sénile Giscard/Druon l'accepte* : "n, m, pl, [zediskomobil], Il était une fois un ouragan qui empêchait d'entendre siffler le train, cachait les cris d'un Lemon Incest sous les coups de butoir de partenaires particuliers qui préfèrent une femme avec une femme mais surtout la danse des canards sur le riff de Smoke en the Water !" Ah quand la musique est bonne ! Comme d'habitude, les ZEUDISCOMOBILE nous ont fait gagné les démons de minuit…." Pendant ce temps, Eve la panthère lavait ses crocs.

* : Toujours coincé à la lettre D à la définition de diamant renifleur.

Frédéric Loridant
Février 2004

Frédéric Loridant ©2004