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ELEKTROCUTION - ROBOCOP KRAUS


Lille,
La Malterie, le 14 février 2009

On se pressait aux portes de La Malterie. Sur la porte, s'affichait un complet et devant, la mine dépitée, un paquet de monde... Je suis passé juste avant la fermeture des portes, du tout juste car bien entendu je n'avais pas réservé vu que logiquement j'aurais du me trouver à Tourcoing pour les GOJIRA. Mais, un mail d'une fille aux goûts sûrs, disait "Ce week end, si tu ne sacrifies pas aux traditions, je te conseille vivement, fermement, et absolument le concert de ROBOCOP KRAUS [...] et selon toute probabilité ça devrait être...merveilleux". Tant pis pour GOJIRA, je réponds à l'appel, non à celui des sirènes de la saint Valentin, mais à celui des ROBOCOP KRAUS dont j'ignorais totalement l'existence d'autant plus que c'étaient les ELEKTROCUTION qui ouvraient la soirée des amoureux.

Tournée assortie d'un nouveau skud, les ELEKTROCUTION n'avaient pas mis les pieds dans la métropole lilloise depuis - sauf erreur de ma part – leur concert à la Cave aux Poètes qui remonte au 16 octobre 2005 (le bassiste avait des cheveux !). Hormis Dunkerque et Dour, depuis, que dalle. Le groupe a toujours sa pêche nourrie au rock garage bien balancé avec ses grattes incisives et sa section rythmique bien sonnante. La dessus, vient se greffer un chanteur qui ne tient pas en place. Néanmoins, les ELEKTROCUTION me semblaient un peu à l'étroit sur la petite scène de la Malterie pour nous électrocuter vraiment et nous faire dresser les cheveux (ce qui au passage était impossible pour moi ou le Juju, vu qu'on en n'a pas) mais à leur décharge, le public qui s'était entassé en couple, saint Valentin oblige, attendait surtout les teutons.

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ELEKTROCUTION ELEKTROCUTION ELEKTROCUTION ELEKTROCUTION

Les voilà enfin ces ROBOCOP KRAUS qui arrivent à faire tomber en extase les jeunes filles. Je me cale accroupi entre les retours environné de passionnés et je regarde en candide ce groupe de pas tous tout jeune, ce chanteur semblant d'être venu d'un autre âge dans son veston vert et avec sa petite moustache très années 30. Il ne semble pas qu'il y ait une cohésion point de vue du look. On passe du presque bucheron à la batterie au jeune au cheveux longs au korg et aux claviers. Tiens un korg.... Leur zique me surprend d'emblée. Dans quoi je suis tombé. De la pop teutonne ? Un truc hyptnotique à la CAN ou KRAKWERK, du BOWIE berlinois (bien que les ROBOCOP KRAUS viennent de Nuremberg), du néo-prog à la MARILLION période Fish, un son bien 80's avec des restes d'U2, du XTC. Tout ces bruits se bousculent dans ma tête, s'agitent autant que le fan qui gesticulait derrière moi. Ils ont une incroyable palette sonore, mélangent du Ingres avec du Picasso, brossant largement à coup de claviers ou de grattes des paysages fantastiques et ça marche. On entre dans la danse, il suffit d'un morceau (Gibraltar en l'occurrence pour moi) pour répondre à l'appel... Et l'appel est efficace, il suffisait de voir partir en courant un accoudé du bar aux premières mesures de Fake Boys oubliant sa bière, pour sauter en cadence avec les autres. J'avais rejoint le fond et je regardais la fin du concert d'un air presque soucieux, de nombreux plans réveillent en moi des souvenirs et des plaisirs et je n'arrive pas à les préciser plus. Pour y réfléchir, je suis reparti avec des LP sous le bras. A ce jour, je n'ai pas encore réussi dans ces constructions apparemment si simples mais ô combien complexes, à isoler Ingres, Picasso, Matisse ou Gauguin même. Mais j'y travaille et je ne manquerai pas de rajouter quelques lignes à ces impressions si je trouve. En tout cas, je comprend mieux maintenant le mail d'une fille aux goûts sûrs.

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Frédéric Loridant / Photorock.com 2009