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Irmin SCHMIDT et KUMO

Jacques DEREGNAUCOURT

au
Le Grand Mix

Tourcoing, Le Grand Mix le 26 octobre 2002
English report at the end

Après les aventures finlandaises du Grand Mix ( 22 Pistepirkoo ), ce voyagiste musical nous invitait avec Irmin SCHMIDT (membre fondateur du mythique CAN) & KUMO (alias Jono Podomore) et de Jacques DEREGNAUCOURT en première partie, à des chants mécaniques où générateurs de sons et autres machines se mesuraient et communiaient avec des instruments classiques, piano à queue, violon et flûte.

Jacques DEREGNAUCOURT, seul sur scène avec sa machine à sons, son violon, une flûte et sa voix, invita un public « averti » à participer à 4-5 compositions très personnelles tenant plus de l’expérimentation musicale qu’à des compositions structurées normatives. Parfois difficile à suivre, il s’en dégage néanmoins une certaine poésie, très libre certes dans sa grammaire, mais ponctuée d’alexandrins très forts donnant quelques points d’appui à des spectateurs parfois déroutés devant ce foisonnement d’idées électro-acoustiques. Bruits de fond divers, sorte de larsens, gargouillis d’un générateur de sons qui a de la peine à digérer, tout un ensemble de sonorités qu’un lambda classerait volontiers dans la pollution sonique, qui forme grâce aux instruments classiques et à la voix, un univers sonore construit, un alphabet musical nouveau ayant son propre ALPHA et son indispensable OMEGA. A l’auditeur de déchiffrer.

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Jacques Deregnaucourt

Irmin SCHMIDT est un nom célèbre dans l’histoire du rock, élève de Karlheinz STOCKHAUSEN et pianiste virtuose, il s’ingénia à tester avec CAN entre autres toutes sortes de claviers et se tourna très naturellement vers les machines à faire du bruit, les orgone generator à la HAWKWIND comme instruments de musique à part entière.

Le concert de ce samedi 26 octobre a été une très habile confrontation entre KUMO, ingénieur du son et spécialiste des boutons soniques au look Tony LEVIN et Irmin SCHMIDT au piano à queue et aux claviers. Le résultat fut époustouflant. Un piano parfois jazzy, parfois rock, souvent rageur, un piano où les touches blanches et noires sont poussées et triturées à fond avec les doigts et même les bras pour en tirer le meilleur, se surimpose, vole, surpasse, et humanise une musique électronique très actuelle. On entend du DEBUSSY et du SATIE sur des rythmes electro/dub voire parfois techno avec un BPM soutenu. Malgré ce curieux mélange, tout coule de source, rien n’est hasard et chaque note ou son de l’un correspond à un rythme ou une pulsation chez l’autre avec toujours en bruit de fond, des sonorités métalliques et mécaniques,  réminiscences probables du monde industriel du Rhin. Ce n’est pas une musique à décrire, elle se vit tout simplement en emmenant le spectateur/auditeur vers des rivages inconnus pour peu qu’il se laisse aller à la rêverie ; Welcome my soon - Welcome to the machine * semblaient répéter inlassablement des constructions venues d’ailleurs…

Alors qu’au même moment les malheureux de Pop Star tentaient d’écraser leurs camarades pour gagner une célébrité éphémère, l’ambiance quasi religieuse (voir les images) d’un Grand Mix envahit par des engins soniques nous invitait à comprendre que ces machines, le temps d’une soirée, grâce à ces Masters of Confusion ** à l’imagination sans limite, avaient gagné une âme !

Frédéric Loridant
Octobre 2002

* : emprunt aux Pink Floyd - Wish You Were Here, 1976.
** : nom du projet d’Irmin SCHMIDT et de KUMO




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fred@photorock.com
Frédéric Loridant ©2002

English Report by Sonja Willems

After the Finnish adventures at the Grand Mix (22 Pistepirkko) this musical tour operator invites us with Irmin Schmidt (founding member of the mythical CAN) and KUMO (alias Jono Podomore) and Jacques Deregnaucourt during the first half, to enjoy mechanical hymns, sound generators and other machines, matching themselves with classical instruments like the grand piano, the violin and the flute.

Jacques DEREGNAUCOURT, solely him and his sound machine, violin, flute and voice on stage, invited an experienced public to participate in 4-5 very personal compositions, containing more musical experience than most of the normative and structured compositions. Sometimes difficult to follow, he nevertheless created a certain poetry, indeed very unrestricted in its grammar but punctuated by strong alexandrines, giving the sometimes lost spectators some kind of support in the middle of this swarming of electro-acoustic ideas. Noises from different origins, like a sort of larsen sound, splattering of a sound generator difficult to digest, an ensemble of sounds which could voluntarily be called sonic pollution, but which thanks to the classical instruments and the voice, built up a sort of sound universe, a new musical alphabet with it own ALPHA and OMEGA. It's up to the audience to decipher.

Irmin Schmidt, a celebrated name in the history of rock, pupil of Karlheinz Stockhausen and piano virtuoso, does the uttermost to test all sorts of keyboards, together with for instance CAN, and makes very naturally use of noise machines, like the orgone generator similar to those used by HAWKWIND, turning them into full instruments.

The concert on Saturday 26 October, was a very skilful confrontation of KUMO, sound engineer and sound button specialist like Tony LEVIN, and Irmin SCHMIDT at the grand piano and keyboards. This resulted in an extraordinary event. A sometimes jazzy, sometimes rock piano, but always outraged, a piano where the white an black keys where all pushed and grinded to the limit by fingers and even arms to bring out the best of it, loaded, crashed, exceeded and humanized a very current electronic music. DEBUSSY and SATIE could be heard on electro/dub rhythms or sometimes even techno rhythms with a BPM support. In spite of this curious blend everything seems to come so automatically although nothing is just accidentally and each sound or note corresponds with a rhythm or pulse, with always the same noise at the basis of it all, a metallic and mechanical sound, a recollection maybe of the Rhine industries. It's not a music easily described but it lives by simply taking the spectator/audience to unknown shores if you dare to let yourself be taken by the dream ; Welcome my soon-Welcome to the machine* seem to tirelessly repeat constructions coming from somewhere else !

While at the same moment the unfortunates from Pop Star try to crash their comrades in order to gain short-lived fame, the almost sacred ambiance (see images) at the Grand Mix, invaded by sound machines, invites us to understand that these tools, thanks to these Masters of Confusion, have won our hearts that evening!

*borrowed from Pink Floyd- Wish you were here, 1976.
** name of Irmin Schmidt's and KUMO's project

fred@photorock.com
Frédéric Loridant ©2002