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SCHOOLBUS
et
EXILED

à la pizzeria Le Soleil / Le Visiteur
Lille, le 28 juillet 2003

Lille est calme, juillet appelle le rosé et les pizzerias, mais pas à aller s'enfermer dans des salles enfumées, aux températures tropicales et sombres où règnent les six cordes. Et pourtant, ma quête de pizzas et un manque de décibels évident m'ont tout conduit à la pizzeria Le Soleil qui cache derrière sa pièce unique, Le Visiteur, arrière salle aux murs bruts, aux trois spots et une scène au fond. La marguerita a du bon, une bande de jeunes aux futales surbaissés se pressait à la porte des Visiteurs m'obligeant à y jeter un coup d'œil entre deux mastications.

Des amplis ornaient la scène, une batterie et des grattes complétaient le tableau. A droite, Wize , cachet baveux dans une main, l'autre étant prête à recevoir les 3 € (soit 2/5 de pizza ou une bière et demi) nécessaires à visiter Le Visiteur. Donnant mon obole, j'eus enfin accès à l'alcôve quand tout à coup, le tableau du fond s'anime. Les grattes prennent vie, les cymbales frémissent et un quatuor à cordes (pour trois d'entre eux) attaquent très fort en massacrant des riffs qui finalement sonnent très bien. C'est SCHOOLBUS , groupe hantant la liste Lille-Rock et que je n'avais encore jamais croisé. Le groupe tape dans l' emopowerpop, nom savant pour désigner rock parfois soutenu, voire quasi punk rock flirtant avec les ballades pop avec un chant s'adaptant à l'ambiance, les refrains faisant dans le sucré sur fond de riffs ravageurs. On baigne dans la fusion des genres, source parfois de confusion : trois accords keupons ô combien délicieux viennent se faire laminer par une voix suave avant de basculer dans l'inverse ! Ces juxtapositions sont parfois hardies. Mais jamais, SCHOOLBUS n'a dérapé dans un rock brouillon peu audible voire insupportable. A l'inverse en musclant une pop dont la tendance actuelle est de faire dans le miel collant et baveux, avec des emprunts au punk rock, SCHOOLBUS finit par nous faire aimer le miel, reste à les voir se déchaîner avec du gros son hors d'une arrière salle.

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Schoolbus Schoolbus Schoolbus schoolbus

Schoolbus Schoolbus Schoolbus Schoolbus Schoolbus


SCHOOLBUS n'avait pas encore plaqué ses derniers accords que EXILED s'activait à monter son matos. Tout de noir vêtus, au tee-shirt à l'effigie de CANNIBAL CORPSE et autres divinités du métal brutal, ils sont quatre à envahir la scène et en deux riffs et trois coups de grosses caisses sur fond d'hurlements de tyrannosaure en rut, EXILED nous balance sauvagement des skuds soniques. Pas de doute, ils se passent en boucle dans leur baladeurs les CD de leurs mentors plutôt que de suivre leurs cours. EXILED ne fait absolument pas dans la dentelle, il l'a déchire. C'est brutal, lourd avec une voix plus proche du râle d'un ork des cavernes que de celle de Francis Lalanne et des cheveux volants dans tous les sens. Parfois, au milieu du bruit surgissait du néant des riffs visiblement inspirés par BLACK SABBATH, preuve que leurs bases sont bonnes. Les amateurs du genre apprécieront sans nul doute, les autres s'enfuiront. J'ai tenu jusqu'à la fin, pas toujours attentif car en mauvais élève, je bavardais au fond de la salle, là où il n'y avait que 100 db. Un troisième groupe achevait cette soirée pizzas, mais EXILED avait eu raison de mes bouchons de cérumen et de mon capital décibels ; mes pavillons propres encore pleines de notes n'ont pas résisté à l'appel du large.

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Exiled Exiled Exiled

Exiled Exiled Exiled Exiled Exiled

Frédéric Loridant
Juillet 2003

Frédéric Loridant ©2003