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SEPULTURA

au

Splendid

Lille, le 17 juin 2003

Plus et moins, noir et blanc, Ying et Yang, 0 et 1, Rebelles et Empire, oui et non, les gentils et les méchants de FUGAIN, Janus, France d’en haut, France d’en bas… Le monde, l'univers tourne autour de deux notions souvent abusivement résumées au bien et au mal, à la lumière et au noir ou au paradis et à l'enfer (hein Jean-Paulsky !). Le concert de SEPULTURA entra parfaitement dans ce précepte : on y a trouvé la force ou plutôt son expression à travers le limiteur à 105db qui a osé se mettre en route et son côté obscur avec des brutes épaisses vomissant du trash métal, ce mardi 17 juin 2003 au Splendid. Tout droit sortis de la forêt amazonienne après avoir éventré STING et libéré l'indien, les guerriers formant SEPULTURA partaient pour la troisième fois à la conquête de Lille (la première étant le mémorable concert de la tournée ROOTS en 1996), mais avaient-ils encore quelque chose à conquérir ?

Le Splendid était plein. L'ambiance, brésiliens obligent, était équatoriale, les métalleux suaient à mil gouttes sous leurs cheveux longs et d'aucuns se voyaient sûrement un shampoing à la main, attendant la pluie salvatrice en reluquant de belles minettes nues prêtes aux massages ! Eh non, ce furent uniquement les oreilles qui furent massées et plutôt vigoureusement ! C'est sûr, ce n'est pas du MOZART. La petite musique de nuit se transforme derechef en "ambiance de ligne de front, Verdun 1916, Somme 1917 voire Dresde 1945" les morts stupides en moins. Les lights tournaient un peu en rond et faisaient également dans le tropical vert avec des éclats de jaunes ou de rouges qui à l'image des skuds, éclataient ici ou là, réchauffant encore l'atmosphère !

Désormais, le danger vient de l'ouest. Mais que font les biens pensants, les anciens combattants, les gentils ? Savent-ils que SEPULTURA annonce la décadence de leur monde pourri ? Nos monstrueux sud-américains et leur son énorme, balaient tout sur leur passage et sont exaltés par un public tout acquis à leur cause. Et pourtant, cet auditoire d'esthètes en prenait des missiles dans la tronche. On voyait bras, troncs et jambes voler vers le scène où officiaient ces géants qui attendaient, toutes grattes dehors, ces offrandes collantes de sueur. Implacables, ils l'ont été. Respectueux envers leurs pères aussi. Ce n'est pas pour rien que SEPULTURA a ouvert un morceau sur les arpèges de Dazed not Confused de LED ZEP ! Ce n'est également pas un hasard que des riffs de BLACK SABBATH, période OZZY, ont traversé le ciel du Splendid. Le show est rodé, on en prend plein les yeux et les oreilles ; ça brille, clignote et siffle, mais on est heureux et on en redemande. Un bémol cependant dans ce florilège musical lors du seul rappel : un Bloody Roots trop court et massacré par le limiteur 105db. Les gentils auraient-ils gagné ! Nenni, les SEPULTURA en sont sortis plus grands encore !

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Frédéric Loridant
juin 2003

Frédéric Loridant ©2003