Laetitia SHERIFF

Tourcoing, le Grand Mix
le 29 mai 2004


Il est 19h15, c'est mardi et je glande allongé sur un vaste lit dans une petite chambre d'hôtel en zieutant d'un air distrait la TV. Me prend l'envie tout à coup d'aller évacuer un perrier quand j'entends, au moment fatidique, "Laetitia SHERIFF se produit en première partie d'Ann PIERLE ce soir à La Vapeur à Dijon". S'en suit une interviewe presque bucolique (au moins pour le cadre) d'Ann PIERLE réalisée par FR3 Bourgogne. Laetitia SHERIFF, La Vapeur, Dijon ! Un coup de fil m'apprend que l'endroit n'est pas en centre ville mais à ses confins et que le bus semble s'imposer. Un coup d'œil rapide sur le plan ne fait croire que c'est la porte d'à côté, au n°42 de l'avenue de Stalingrad. Au final, 3/4 d'heure de marche soutenue m'ont permis de me pointer au bout de l'avenue et d'attendre patiemment la première partie.

Pas d'appareil photo pour figer en 2D l'air étonné de Laetitia SHERIFF me voyant dans la foule, se demandant visiblement ce qu'un lillois foutait au pays de la moutarde ! Ce fut 3/4 d'heure intenses, profonds, superbes. Et comme la semaine s'annonçait à l'image du temps, j'ai pu revivre ce moment singulier le samedi suivant au Grand Mix à Tourcoing avec des yeux couleur d'enfant, des oreilles vierges et une boîte à image impatiente à pixelliser ces instants d'un plaisir rare.

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Samedi 29 mai, le Grand Mix est bien plein pour retrouver l'ex lilloise devenue rennaise. SANTA CRUZ ouvre la soirée. Je n'accroche pas d'emblée à leur musique très ricaine à base de gratte sèche et de voix rocailleuses, c'est pas mon truc mais c'est bien fait.. A cela s'ajoute un light show déprimant obligeant le groupe à jouer dans la pénombre d'une alcôve... Parfait pour une ambiance intimiste de théâtre d'auteur, mais le rock en veut plus !!!

Laetitia SHERIFFarrive seule en scène et la magie s'instaure bien que l'ambiance soit bien moins intimiste qu'à Dijon, elle doit se partager et faire partager sa musique à trop de monde. Rançon à payer à une grande scène ! Mais malgré cette contrainte, le courant est passé tout suite et l'énergie coula en continu durant tout le concert même dans les morceaux les plus difficiles, les plus intimistes aussi. Épaulée par un beau light show et par d' excellents musiciens, on a tôt fait d'oublier la foule pour suivre le guitariste créateur d'atmosphères d'où se dégagent un sentiment d'infini, et le batteur dont les rythmes tout en finesse les animent. Jouant avec ces ambiances, la basse, tenue par Laetitia SHERIFF, envoie ses lignes de notes s'emparer des tripes des spectateurs, les faisant vibrer. La communion est réussie, la symbiose est totale ! I walk, I walk and suddenly, I stop Elle a marché ce soir Laetitia SHERIFF, nous emmenant dans ses mondes tout emprunt de douceur, de plaisir ou violence. Elle l'a joué dans la première partie du concert ce morceau. Mais, le Suddenly I stop plane, le temps passe she stops ! Arrghh, ses musiciens s'enfuient, Laetitia aussi.









La voilà de retour, seule. Elle tâtonne son manche, se lance dans deux trois notes, rit, s'excuse, se cache derrière son micro toute gênée de ne pas retrouver ses marques. Le concert repart, ses acolytes reviennent, deux, trois, quatre morceaux je ne sais plus, le courant passait toujours. Mais tout à une fin... Les batteries rechargées, on a eu de la peine à quitter la salle, tout le monde a l'air ravi et repu. Ce n'est pas coutume.

* emprunt à Christian Descamps qui a du l'emprunter à quelqu'un d'autre qui lui même…

Frédéric Loridant
mai 2004

Frédéric Loridant ©2004