The BASTOUNS - The MARONES - SICK LIVERS

La Rumeur,

Lille, le 8 octobre 2004



La rumeur courait déjà depuis plusieurs jours dans les tuyaux du net : les SICK LIVERS préparaient un attentat sonique dans une cave le vendredi 8 octobre à la Rumeur, café concert qui monte, qui monte... Pour mieux appuyer où ça fait mal, ils s'étaient acoquinés avec leurs compères les MARONES avec qui ils sont interchangeables et un ovni inconnu se matérialisant sur la scène lilloise au nom prédestiné : The BASTOUNS. Mais n'oublions pas les guest stars ou plutôt le décor, une expo de peinture de Stephany Hasselsweiller, sympatique brune flirtant entre Matisse à Nice, Gauguin dans les îles et du kitsch seventies flashy et une expo photorock, renforçant la rumeur sur cet événement.




La rumeur s'était bien propagée, avait enflée sous les annonces, la Rumeur était bien remplie . Les fûts crachaient leur précieux liquide jaune mousseux sans relâche pendant que The BASTOUNS balançaient. Et ils assuraient bien les BASTOUNS. Ce power trio a la chance de posséder un batteur suffisamment puissant et inventif pour laisser le champ libre à une Strato devenue kalachnikov et à une basse vulcaine (pas Spock mais le dieu boiteux qui s'envoyait Vénus). Le résultat ? Une attaque sonique, réverb à fond faisant tourner les bières à l'étage qui en a surpris plus d'un. Un penchant pour les SUICIDE, DEAD COMBO et autres METAL URBAIN ou un soupçon de psychédélisme seventies tendance dure, apparaissent en filigrane dans leur compos et ce n'est pas pour déplaire. Dans la série des déchirés du rock and roll inclassables, The BASTOUNS sont à rajouter à la liste ! Belle entrée en la matière pour cette soirée. Belle brèche où s'engouffrèrent joyeusement les suivants...










La suite suite fut plus chaotique et la rumeur l'annonçait comme telle. Les MARONES, cavalerie lourde bien entraînée, s'annoncent avec fracas pour quelques skeuds. MARONES, RAMONES ça sonne pareil et Blitzkrieg lança la charge de ces uhlans du rock and roll. Les briques vibraient, les carrelages s'entrechoquaient, les humains présents étaient saisis par des tressaillements automatiques glissant vers des pogos bruyant, tous chantant en chœur les refrains immortels.








La confusion régnait en maîtresse. La passation de pouvoir entre les MARONES et les SICK LIVERS fut aisée, deux des MARONES ayant aussi le foie malade. Très vite, après les ablutions jaune mousseuses d'usage, un cataclysme se déchaîna dans le petit espace. Public et SICK LIVERS ne faisaient parfois plus qu'un transformant la cave en une vaste scène où tous s'éclatèrent. Le seul moyen d'échapper aux bousculades entraînantes et joyeuses était de se fondre dans les murs ou de s'évacuer vers l'air libre. Panne de micro et problèmes divers n'ont pas facilité la tâche des SICK LIVERS. Ils furent punk dans tous les sens du terme et le public en redemandait encore et encore mais... L'homme a ses limites, la technique encore plus et les voisins ont des oreilles fragiles et le 22 bien enregistré dans les mémoires de leur phone... Mais on y est pour quelque chose aussi...









octobre 2004

Frédéric Loridant ©2004