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IAN MONK et THE OUTSIDERS, CERCUEIL et SISTER IODINE

Lille, La Malterie,

le 6 novembre 2005



Dehors flottait une odeur de brûlé, on n'est pas loin du périf lillois et des quartiers populaires que la mairie de Lille voudrait bien évacuer pour y mettre des bobos sages, mais bon pour l'instant, par mimétisme stupide, des bagnoles brûlent. Dans la Malterie, le calme régnait. Il est vrai que la soirée proposée par Mohamed Ali n'était pas tournée vers le punk rock ou le rock tout court mais vers des mondes sonores plus expérimentaux tout aussi intéressants que perturbants. IAN MONK & THE OUTSIDERS, CERCUEIL et SISTER IODINE s'étaient donnés le mot ou plutôt le La pour nous faire partager leurs réflexions, leurs délires et leurs angoisses et les résultats de leurs cogitations ont remué nos méninges.

L'ouverture est poétique. IAN MONK & THE OUTSIDERS n'est pas proprement une formation musicale, la musique n'étant qu'un support important à des textes déclamés par Ian Monk. Textes un peu noirs, désabusés et se terminant par la mort d'ailleurs, belle annonce pour CERCUEIL, visitant la vie de tous les jours mais pas du bon côté, celle qui anime Plouk Town. Animant ces déclamations à l'antique tournant autour la station de métro Fives ou Marbrerie, ses immeubles plein de vie et de mort, son Champion, la musique douce et violente à la fois, parfois déchirée sans pour autant agresser les oreilles, habillait tous ces mondes d'une enveloppe quasi charnelle dans laquelle les textes évoluaient. L'idée n'est pas neuve, on imagine tout à fait de tels spectacles dans les théâtres et les odéons des antiques Athènes ou Rome, mais à l'heure du multimédia à haut débit, il est bon de savoir se poser un moment et de juste écouter.

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Et ce n'est pas CERCUEIL qui va nous faire lever ! Ce duo lillois explore avec sérénité les expériences très cold wave du début des années 80 en mélangeant habilement claviers, guitares et voix et quelle voix. Envoûtante, ouvrant des portes vers l'infini, timbre d'une beauté bleutée froide, CERCUEIL ne fait absolument pas dans le noir, je pencherai plus, au moins pour ce qui sont bine dans leur tête, vers des impressions de calme et de plaisir intérieur. CERCUEIL pourrait avec toute les précautions d'usage, être le fruit d'une rencontre entre DEAD CAN DANCE et MASSIVE ATTACK des débuts (pour faire dans des stars qui n'ont finalement qu'exploiter des filons plus anciens et moins médiatisés), le côté marketing en moins. On sent plein de trucs qui viennent d'ailleurs mais grande force de CERCUEIL, on ne sait à quoi les rattacher. Dommage qu'un light show très très limité n'ait pas donné plus d'ampleur à leur sons venus des eighies.

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Il est tard et finalement écouter presque pieusement de la musique use presque autant qu'un concert de keupons. Quelques notes plus tard, un début à 2 guitares rejointes par un batteur et voilà les SISTER IODINE, des maîtres du rock poussé à ses extrêmes retranchements, qui allaient prendre un malin plaisir à nous achever. Difficile de cataloguer SISTER IODINE. Rock expérimental ? Et pas de labo aux normes P4 pour nous protéger ! C'est donc de plein fouet que l'on s'est pris des riffs furieux et des thèmes poussés à l'extrême, au point limite zéro, là où la Terre s'arrête, là où les maelströms cosmiques commencent leurs sarabandes. Peu d'entre nous ont été tentés d'opposer une résistance, préférant - plaisir sado-maso ? - être emmené au gré des accélérations furieuses des SISTER IODINE. Le voyage fut éprouvant mais très enrichissant. Il a surtout prouvé que le rock dit d'avant garde des trois aliens soniques savait utiliser habilement assez d'éléments rassurants pour éviter de faire perdre toute orientation musicale au public l'obligeant à s'enfuir. Mais gardons-nous tout de même à conseiller la musique de SISTER IODINE au réveil.


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Frédéric Loridant / Photorock © novembre 2005

Mél / Mail : f.loridant@photorock.com

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