OSNI - SPEEDBALL BABY

La Malterie, Lille,
le 10 décembre 2003


Une queue s'était formée à l'entrée de la Malterie. On aurait presque confondu avec une attente à un guichet d'une administration quelconque mais, une musique à l'opposé de l'easy listening traditionnel, rappelait aux distraits qu'il ne se trouvait pas à la sécu, mais bien à l'entrée d'un grand lieu des nuits lilloises. Une fois le sésame à la main, nous voilà plongé dans la pénombre de cette ex-salle de machines infernales, transformée en salle de concert ; BP l'ingé-son était affairé autour des instruments d'OSNI (Objet Sonore Non Identifié), Gypsy taillait une bavette avec un DOMESTICS, des ASHTONES arpentaient la salle une bière à la main au milieu d'un public bigarré venus de divers horizons. Même le Stephxxl était là attiré sans doute par les new yorkais de SPEEDBALL BABY.

Dans le fond de la salle, sur les tapis qui matérialisent la scène, deux claviers en plus des grattes habituelles. C'est OSNI qui commence. OSNI, sigle simple pour une musique décrite sur leur site internet comme de la pop rock. Aie Aie, encore !!!! Finalement, à croire que le genre plaît, tout le monde en fait !!! Bref, c'est avec une certaine appréhension que j'attendais le démarrage de la soirée bien qu'un DOMESTICS m'ait affirmé que c'était du tout bon. our ne pas changer, la Malterie brilla par son absence de light et encore pour OSNI, des rouges surnageaient ! Résultat, vous aurez les images en noir et blanc bien qu'à l'origine elles soient en couleur ! Mais les ambiances boucheries ou épiceries ouvrant la nuit sont moins blafardes dans la gamme de gris qu'en couleurs délavées. D'ailleurs la couleur du fond de cette page vous donne une petite idée de la richesse lumineuse de la soirée et avec SPEEDBALL BABY, ce fut pire ! Mais le flash est là, tant pis pour les yeux des musicos qui voient tout en étoiles comme les stars, tant pis pour les ambiances intimistes nivelées par les 6500°K délivrés par l'éclair.

Première entorse à l'ambiance pop à laquelle on devait s'attendre si l'on se fie aux infos glanées ici ou là sur OSNI web site, le tee shirt joliment porté par Wendy, est à l'effigie de MOTORHEAD ! Son look punkette aux collants résilles filés contrastait avec celui de Noémie la batteuse, abonnée au trois bandes d'Addidas (c'est toujours mieux que Nike) tandis que les deux jeunes mâles proposés aux guitares et claviers, s'exhibaient dans une tenue dandy chic décadent. Finalement rien de bien original pour une formation pop rock, j'en ai croisé plein des popeux arborant des signes distinctifs forts.

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Et bien, je baignais dans l'erreur, et Wendy portait admirablement bien son tee shirt de MOTORHEAD, aussi bien physiquement que musicalement. M'attendant à de la classic pop comme on en entend partout, je fus plus qu'agréablement surpris par la puissance des morceaux, leur côté féminin presque ingénu dans la voix et la présence scénique des dandys qui n'hésitent pas à se frotter aux tapis. En léger retrait la batteuse avait de la peine à se faufiler entre ses camarades, dommage. Si c'est cela la pop rock, j'en reprendrais bien une dose. C'est plus un mariage entre de la pop décadente avec du rock déjanté aux accents parfois keupons que de la pop rock envahissante et mielleuse. Et pourtant, les mélodies ne sont pas absentes mais se fondent, se marient dans des maelströms soniques bien pensés, parfois noise et difficilement identifiables à un genre, OSNI porte finalement bien son nom et j'aime bien les aliens sonores.

La suite nous ramena à NYC avec les SPEEDBALL BABY qui font dans un rockabilly teinté de blues ou de punk, ou plutôt une sorte de blues punk teinté de rockabilly où l'on retrouve les saines accroches d'un Johnny THUNDERS ou encore des CRAMPS en moins crasse. Uniquement de la bonne énergie qui n'a pas mis longtemps à se transmettre au public, transformant la Malterie en maison folie où bras, jambes, tête et culs s'enchevétraient.

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Pour saisir les SPEEDBALL BABY, pour les figer, ce n'était pas de tout repos, au contraire même, ce fut exténuant. L'absence totale de light, traditionnelle de la photo impossible, le tir au jugé était de mise sans avoir une petite idée du résultat. Et bien, ce que cette musique quispire qu'un mariage dans une salle des fêtes, le chanteur ne tenait pas en place, gigotant dans tous les sens, remuant sans ménagement sa carcasse et se mélangeant à un public en transe qui n'en demandait pas tant, rendaient toute approche ans doute mais donnent un petite idée d'un show des SPEEDBALL BABY. C'est une expérience à vivre et à revivre, c'est une expérience qui laisse des traces, une sorte de retour très vivant au temps de la grande scéne new yorkaise du CBGB, loin des pop-duits formatés qui rapportent et que l'on a ramenés d'ailleurs pour le Lille 2004 officiel. Il faut l'admettre, cette scène rock and roll des caves, courées et autres paysages urbains oubliés des élites, est devenue internationale et intemporelle et marque déjà ce début du IIIème millénaire comme elle ne s'embarrasse pas de fioritures, n' a fait vivre, les images le restituent imparfaitement a gravé de ses accords la fin du XXème s. !

Fred Loridant
D�cembre 2003

Fred Loridant ©2003


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