VIOLON PROFOND - UNLOGISTIC

STANLEY KUBI


Lille, Le Labo, le 24 juin 2005


Trois morceaux et on remballe, voilà à quoi s'est résumé le concert de FOURMIS DELTA à la Rumeur ce vendredi, le premier après la fête de la musique. Voilà aussi le résultat de la politique municipale de Lille qui impose des sonomètres limités à 94db dans le cas de la Rumeur. Autant dire qu'une crèche, c'est plus bruyant... Mais bon, c'est juste de l'info ma foi désolante. Je n'y étais pas car au moment même du concert, je me trouvais dans l'attente de la première expérience sonore de la soirée, au c½ur même d'une usine, loin des voisins et de leurs plaintes éventuelles, dans un endroit où le rock n'emmerde personne : en deux mots j'étais au Labo. Les ingrédients pour cette nouvelle manipulation sonique laissaient supposer un fort pouvoir détonnant ; imaginez une pincée de VIOLON PROFOND, un doigt d'UNLOGISTIC et une demi livre de STANLEY KUBI, le tout arrosé de bière en non pas de pinard comme le laissait supposer STANLEY. Les résultats dépassèrent les espérances réveillant même Jupiter qui jaloux de Jupiler, s'est manifesté en lançant ses éclairs et ses nuées d'H2O.

Mais pour réussir une bonne expérience, rien de tel qu'une belle annonce et pour ça les fly du Labo sont [aussi] chiadés [que rares], les laborantins n'étant pas à cours d'idées pour annoncer leurs nouvelles découvertes. Le devil sonique, ça les connaît aussi et c'est sous l'égide du Bouc, bible musicale redécouverte par des anciens fils spirituels de Casadesus et de la place du concert, Jerry Profond et Tony Violon, que débutèrent les expériences sonores. TONY JERRY ou VIOLON PROFOND armés d'un micro, d'un violoncelle et du Livre ont tout quitté, amour, gloire et beauté, pour offrir au monde les secrets du Bouc, à savoir, moi qui suis un peu initié, un voyage sur les autoroutes de l'enfer en compagnie des vraies versions des morceaux qui ont façonné notre mode de pensée même inconsciemment : Smoke on the Water (en réalité, fumée sur l'eau), Still Loving You (pour le subliminal Je t'aime encore), Tnt ou Antisocial qui au Labo sonnent juste. Ce voyage ne fut pas de tout repos, l'excitation même chez Tony et Jerry était palpable. Tentatives de meurtre, roulades aux pieds des filles, incursions sans déclaration dans l'espace réservé au public, fumigènes hallucinogènes et j'en passe, ont ponctué cette approche du deuxième cercle. Après un final haut en remue-ménage et cris divers, le premier cercle est franchi... VIOLON PROFOND nous a offert en sacrifice à UNLOGISTIC.

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Deux chanteurs, deux guitares, pas besoin de plus pour nous balancer du HxC en pleine tronche. Et comme pour nos devil VIOLON, le terrain de jeux d'UNLOGISTIC s'était étendu à l'ensemble du Labo et surtout dans les alentours du bar où une bonne partie du public s'était réfugiée n'ayant pour défense que des capsules de bière mais en nombre. UNLOGISTIC tient bien la route, maîtrise parfaitement les pièges de l'autoroute de l'enfer et leurs titres sont bourrés de tnt et vous pètent à la gueule. La leçon du Bouc est bien comprise et le public suit sans problème UNLOGISTIC dans sa quête du graal ou plutôt du KUBI qui pointe son nez. Fin du deuxième cercle.

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STANLEY KUBI s'est plu dans le rouge. Pas étonnant avec un tel nom. La scène était baignée dans un rouge persistant annoncé d'ailleurs par les équipes de nettoyage sonique précédentes, les VIOLON PROFOND et UNLOGISTIC. Dans le public, pas de changement, on retrouve un des chanteurs d'UNLOGISTIC qui s'attaque directement au public et au bar, haut lieu stratégique toujours sur la défensive avec ses capsules qui semblent inépuisables. Les autres STANLEY KUBI ne sont pas deux mais quatre sur scène. Dans le rouge s'agitent un batteur (et oui, ça existe), un bassiste (qui occupe le premier plan), un gratteux un peu réfractaire au rouge et une mandoline. Musicalement, STANLEY KUBI occupe sans doute à lui seul un chapitre complet du Bouc redécouvert par Tony et Jerry à moins qu'il ne s'agisse du Bouc II. Les incantations traduites en noires, blanches, croches simples, doubles ou triples donnent une sorte de world punk bien barrée portant une voix HxC, bref un truc à faire hurler les puristes de la mandoline qui pourtant dans cette avalanche sonique, arrivait à se faire entendre avec force. Ses notes aigues et les arpèges savants s'ajoutant aux harcèlements du chanteur qui soit dit en passant a la face ornée d'un beau bouc, ont tôt fait de rendre hystérique une partie du public qui venait se frotter à la scène rouge. Peu à peu, grâce à une intendance remarquable l'approvisionnant en jupiler blonde, il s'enhardissait envahissant même la scène. Le rouge ne faisait plus peur, on s'identifié à lui à moins que ce ne soit au Bouc, à m'en pas douter un jumanji littéraire et sonique. Le troisième cercle s'est évaporé...dedans Jupiler rassasiait encore et toujours, dehors, Jupiter s'agitait.

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Frédéric Loridant © juin 2005