STINKY LOU & The GOON MAT

Le Feu Follet

Lille, le 23 décembre 2004


Plonger la veille d'un 24 décembre dans un blues rock tendance roots est un bon entraînement pour faire face à la bouffe du lendemain. Pas violents mais pas clean, les STINKY LOU & the GOON MAT, power blues trio, ont la patates des STONES de 1964, de BB KING, John Lee HOOKER, le son brut des groupes des caves enfumées où se dandinent de belles pépés blondes à gros seins qui ne demandent qu'à se faire offrir à boire, ne manquait qu'un pianiste fumant un gros cigare.

Et en fait de cave, c'est au Feu Follet à Lille que les STINKY LOU & the GOON MAT, au plein centre de Lille face à l'opéra qui se vidait de ses contrebassistes, violonistes and co qui sans doute avaient une répet, avaient posé leurs instruments. Certes, ils ne traînent pas grand chose avec eux, ils font dans la tendance minimaliste : un harmonica, une gratte, une grosse caisse coiffée d'une charleston et une bassine électrique à une corde, plus quelques vieux amplis. Ils avaient le privilège de l'âge et la couche de poussière recouvrant les lampes leur donnait un son vintage pour ne pas dire crasse volontaire que l'on aurait de la peine à trouver aux puces. Il n'y a pas que le son des amplis qui était "vintage", la gratte semblait sans âge, une planche avec un manche et des cordes et quelques bobinages servant de micros. On comprend mieux la bassine électrique, cette lessiveuse où des générations de gosses dans les années 60 ont du prendre leur bain entre deux attaques de mère Denis. Et bien, un manche de balai, une corde et un micro dans l'ustensile retourné et voilà une contrebassine tout aussi vintage que le reste. Tout colle parfaitement avec la musique des STINKY LOU & the GOON MAT. Les rythmes emballent sur une guitare crachotante avec en sur couche un harmonica qui vient vous triturer les tripes. C'est poisseux à souhait, on devient vite moite, le Mississipi ne semble pas loin, il manque juste des noirs attablés devant une mauvaise bière battant la mesure avec leur pied tout en fredonnant sur le chant grésillant. Une atmosphère digne d'un polar ricain ambiance 78 tours se matérialise dès que la musique est crachée par les amplis. Pourtant le Mississipi est loin, on a juste la Deûle à Lille, les noirs n'étaient pas là, les blondes décaties du bar non plus et il faisait 7/8° dehors ce qui n'a pas empêché le tee shirt (en coton bien sûr) de coller à la peau...

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Décembre 2004

Frédéric Loridant ©2004